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La seigneurie de Châtillon fut constituée par une
acquisition de servis et droits seigneuriaux faite par Pierre de Meaux,
bourgeois de Mâcon, d’Antoine de Rougemont, seigneur de Pierreclos. Le sieur
de Meaux en reprenait de fief le 28 mars 1569. Le dénombrement qu’il en
donne, le 27 mai suivant, porte qu’elle consiste en une maison, quelques
pièces de terre et prés, succinctement détaillés, et quelques cens portant
lods. Le fief passait ensuite à noble Antoine de Meaux, son fils, élu en l’Election.
Puis, en 1581, ce dernier le léguait à son frère, Jacques de Meaux, à son
neveu Pierre Demeauxet à Claudine de Meaux, femme de Vincent Gratier.
Châtillon est alors mentionné comme ayant tous droits de justice, avec
servis portant lods et ventes et autres droits seigneuriaux. Mais en 1582,
le chapitre de Saint-Vincent de Mâcon "tenant la régalle par le décès de
messire Baptiste Alémani, évêque de Mâcon, faisait opposition à l’exécution
de sentences rendues par le juge de Châtillon. Les chanoines alléguaient que
Jacques de Meaux, le seigneur dudit Châtillon, n’avait droit de justice que
dans le pourpris de sa maison et dans ses appartenances, jusqu’au lieu dit
Vers la grande fontaine de Viré; que l’évêque de Mâcon est le seul seigneur
justicier en la terre de Vérizet et que les prédécesseurs évêques avaient
associé le Roy en partie des émoluments de la dicte seigneurie, pour, par sa
Majesté, être soubstenu contre les incursions des gens de guerre". En 1585,
le nouvel évêque de Mâcon, Luc Alemani, correspondait avec son prévôt de
Vérizet, Philibert Pelez, au sujet de ce différent sur droits de justice.
Zacharie Pelez, prévôt après son père, poursuivait encore cette procédure au
nom du prélat. Jacques de Meaux, seigneur de Châtillon, de Marbé, par sa
femme, Christine Bernard, co-seigneur de Saint-Léger, en 1601, fermier du
péage de Mâcon, en 1599, ne vit point terminer ce différend sur la
juridiction, ce n’est qu’en 1618 qu’un arrêt de la Cour suprême donnait gain
de cause à sa veuve et condamnait l’évêque et le prévôt aux dépens. Le 11
janvier 1647, au nom de Hugues de Meaux, son petit-fils, mineur, il y eut
reprise de fief pour Châtillon, par Aimé de Meaux, archidiacre de l’église
de Mâcon, tuteur de l’héritier.
Hugues Demeaux, seigneur de Châtillon, président au présidial de Mâcon,
épousa Antoinette Mathoux, dont il eut un fils, Étienne, qui suit, et une
fille, Marie, mariée à Philibert Chesnard, seigneur de Salornay à Hurigny.
C’est au nom de ses deux enfants qu'Antoinette Mathoud, devenue veuve,
reprenait de fief, le 30 décembre 1677, de Châtillon et de la moitié de La
Douze. Étienne de Meaux, conseiller du Roi, président au Bailliage, seigneur
de Châtillon et partie de La Douze, reprit de fief pour ces deux terres le
23 janvier 1704; il eut aussi Marbé par droit de substitution. Claude
Bernard dans ses mémoires généalogiques nous dit qu’il avait beaucoup
d’esprit et de belles lettres et qu’il mourut d’apoplexie au village de
Sologny en 1719. Par contrat du 23 janvier 1694, il avait épousé Suzanne
Bernard, fille de Jean Bernard, co-seigneur de Loché, et de Philiberte Morel;
ils ne laissèrent qu’un fils qui suit. Jean-Étienne de Meaux, chevalier,
seigneur de Châtillon, Marbé, premier président au présidial de Mâcon, puis
premier président à mortier au parlement de Dombes, avait fait, vers 1720,
ses études de philosophie à Paris, au collège des Jésuites. Mort à Sologny,
le 21 février 1763, il a été enterré dans l’église du village. Epoux de
Marie-Thomasse Lecherre, il en laissait deux filles: Marie-Thérèse de Meaux,
l’aînée, mariée le 25 février 1754 à Mathieu Aymard de Montval, qui suit; et
Marie-Élisabeth, sa sœur, qui épousa, en 1762, Jacques-Marie Chossat,
chevalier, seigneur de Montbare, Saint-Cyr et Verneuil. Mathieu Aymard de
Montval, écuyer, seigneur dudit lieu et de Marbé et Châtillon, par sa femme,
était fils de Jacques-Antoine Aymard, seigneur de Francheleins et de Montval,
et de Françoise de La Vernette. Capitaine, puis lieutenant-colonel au
régiment de cavalerie-Crussol le sieur de Montval se retira du service,
après vingt-trois ans de vie militaire; il avait reçu sept blessures à la
bataille de Crevelt.
Admis en 1763 dans la Chambre de la Noblesse, aux États du Mâconnais, il
habita avec sa famille son château de Châtillon ou celui de Marbé. C’est
dans ce dernier qu’il est mort subitement, le 11 août 1775, à l’âge de
cinquante-quatre ans. Marie-Thérèse de Meaux, son épouse, l’avait précédé
dans la tombe de trois jours. Thérèse de Meaux avait testé le 24 décembre
1769, au château de Châtillon, nommant son mari héritier universel, celui-ci
étant décédé abintestat, les biens restèrent indivis entre leurs enfants,
encore tous mineurs, dont M. Aymard de Francheleins, leur oncle, fut nommé
tuteur. Des huit enfants issus de leur union, trois moururent bien jeunes:
Jacques-Antoine, Marie-Philiberte et Élisabeth-Claudine; quatre survécurent
dont Marie-Thérèse-Claudine; Marie Jeanne; Antoine-Jean-Baptiste;
Jacques-Antoine-Marie. L’un de ces fils, Antoine-Jean-Baptiste, né en 1766,
devenu aliéné vers 1786, et une fille Marie Jeanne, alliée à François
Chevalier, seigneur de Franclieu, possédaient Châtillon en 1795. Après la
Révolution, la veuve du seigneur de Franclieu, seule survivante et rentrée
en possession de l’héritage de sa famille, vendit, le 20 février 1834, tous
ces biens à Claude Garnier d’Azé, pour 110.000 francs...
Sur le château et constructions adjacentes, nous n’avons rencontré qu'une
visite du 26 novembre 1640, où on lit " les ponts-levis se sont trouvez
levans et bessans en bon estât. Les lances d’iceux couvertes de fert blanc,
et celle du petit pont un peu pourry au bout de la quelle il y a deux
petites chesnes avec un fer en arcade servant à lever le petit pont, et aux
lances du grand, deux autres chesnes et une petite en la bascule. Les deux
portes ferment à verroil, et la petite à la clef. Le pont dormant étant fort
bon et presque tout neuf. Une chambre sur le pont. Les tours dudict chasteau
estant bien couvertes avec leurs panonceaux. Le colombier s’est trouvé bien
couvert. A côté du corps de logis, étaient le bâtiment du treuil, l’étable,
le moulin, et les bâtiments du domaine nouvellement réparés". (1)
château de Châtillon 71260 Viré, propriété privée, ne se visite pas, visible
de l'extérieur.
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