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Pour les périodes les plus anciennes,
il est vraisemblable qu'il faille associer l'histoire de la Grifferie à
celle de la motte de Bouzeau située 500 mètres en aval. Au Moyen Âge, le
domaine de la Grifferie dépendait de l'hébergement de Passau. Les seigneurs
de Passau sont Geoffroy de la Grézille en 1343 puis Parceval de Couloyne
époux de Jeanne de la Grézille en 1391. En 1457, Geoffroy du Bouchet écuyer
seigneur de Passau, rend hommage pour la Grifferie. Jean de Bouchet, fils du
précédent, vend tous ses biens à sa sœur Guyonne du Bouchet en 1484. En
1486, Guyonne revend à Jacques de la Chevrière son beau-frère. Dans la
première moitié du XVIe siècle, noble homme Louis de la Chevrié est sieur de
la Grifferie près du Lude. En 1567, Pierre de la Chevrière est sieur de la
Grifferie et archer de la compagnie de M. de Chavigny. En 1577, René
Rousseau est sieur de la Grifferie. En 1632, Jean Couëtte écuyer sieur de la
Grifferie et Jacques Couëtte sieur de la Roche de Vaas, écuyer vendent à
Françoise Espinay veuve de défunt Guy Jacques vivant seigneur sieur de la
Heurelière demeurant ville du Lude, la terre fief seigneurie de la Grifferie
devant Noël Moriceau et Jacques Boudé, notaires: "Ce jeudi 30e jour de
décembre l'an 1632, après midi en la cour du Roi notre sire à Baugé et par
devant nous Noël Moriceau notaire juré en icelle, résidant au Lude, et
encore en la cour royale de Château-du-Loir, par devant nous Jacques Boudet
notaire d'icelle demeurant à Vaas, furent présentes les personnes établies
et dûment soumises, Jean Couette, écuyer, sieur de la Grifferie et Jacques
Couette aussi écuyer sieur de la Roche de Vaas et damoiselle Charlotte de
Salmet (ou Salvert) son épouse, de lui présentement suffisamment autorisée
devant nous procureur par l'effet des présentes, demeurant: scavoir, le dit
sieur de la Grifferie au lieu seigneurial de la Roche paroisse de Vaas, le
dit sieur de la Roche et son épouse au lieu seigneurial de la Mézangère
paroisse de Mézeray d'une part, et damoiselle Françoise Espinay veuve de
deffunct Guy Jacques vivant sgr sieur de la Hurelière demeurant ville du
Lude d'autre part, lesquels ont accordé le contrat de vandition qui ensuit,
c'est que les dits sieurs Couette et la dame de Salvert ont vendu, céddé, à
la dite demoiselle Epinay.
C'est assavoir la terre fief seigneurye de la Grifferye composée de maison
seigneuriale, court, chapelle, fuye, jardins, terres labourables et non
labourables, vignes, prairyes, bois de hault fustaye, taillis, des
mestayries de Cousteau et l'Hommeau, la petite Grifferye et la Gaubruère,
dommaine de la maison seigneuriale, fiefs, cens, rentes, hommes, sujets et
tous droits appartenants à la d. terre patronnage de chapelle, tout ce qui
est dépend d'icelle terre sans aucune chose en retenir et comme André
Mandroux à présent fermier de la dite terre et en jouit par bail du 12e jour
de mai 1631 passé par nous Moriceau notaire, les dites choses vendues,
tenues à foy et hommage de la seigneurie de Passau hors la seigneurie de la
Gaubruère qui est tenue de la seigneurie de Brouassin. La vendition cession
et transport fait pour moyennant le prix et somme de 16000 livres tournois,
sur laquelle somme la dite damoiselle acheteresse a promis et demeure tenue
de payer, en acquit et descharge des dits vendeurs, à Mathurin du Rougé
écuyer sieur de Courtimont, la somme de 3200 livres de principal et 366
livres 13 sols et 4 deniers pour les arrérages de rente due au dit Rougé, à
messire Charles Dupont, sieur d'Aubevoies, conseiller du roi en ses conseils
d'Etat la somme de 4000 livres de principal et 350 livres 16 sols 8 deniers
pour dix sept mois de la rente due au seigneur d'Aubevoies et encore, aux
dits sieur de Laroche et damoiselle Salvert (Salmet) 4000 livres etc. En
1668, la Grifferie appartient à François Jacques de la Hurelière qui donne
la Grifferie à son neveu Henri Jacques de la Hurelière.
En 1711, Henri Madelon de Jacques est chevalier seigneur de la Borde et de
la Grifferie. En 1722, sa fille Marie-Anne Madeleine de Jacques de la Borde
épouse Charles Vincent Barin marquis de la Galissonnière. En 1763, bail du
domaine de la Grifferie par le marquis de la Galissonnière à Louis Guyet
laboureur et Marie Guyard demeurant à Oizé, comprenant "le domaine dudit
château de la Grifferie et celui de la métairie du Couteau, le bois de la
garenne, la vigne noble pratiquée au dessous du grand jardin de maître
compris au dit bail à ferme les bâtiments, grange, écuries, étables dudit
château de la Grifferie sous la retenue expresse de grand corps de bâtiment
et pavillons dudit Château tant par aut que par bas, l'aile entière dudit
château du costé d'orient, la partie de celle du costé d'occident à prendre
depuis le corps dudit château jusques au vestibule qui passe d'entre les
deux ailes dans l'un des vergers, l'écurie étant dans la basse-cour et à
costé dudit pressoir; le grenier étant au-dessus d'elle, l'endroit appellé
la sellerie et une chambre à cheminée étant au bout des étables. Ne pourront
semer dans les 4 grands carrés du jardin aucun bleds, chanvres, ni lins mais
seulement toutes espèces de légumes desquelles le dit verger le seigneur
étant à son château pourra user.
Et rendront au dit temps de la Toussaint et de leur sortie, le dit jardin
planté et ensemencé de tous légumes de la saison; se réservant mondit
seigneur de faire planter dans les quatre grands carrés des arbres
fruitiers, quoy faisant les preneurs seront tenus de les tailler ou faire
tailler et de les entretenir de paux et gaulures et en auront les fruits se
réserveront néanmoins mondit seigneur le droit d'en faire prendre les plus
beaux et meilleurs et en telle quantité que bon leur semblera, sans qu'ils
puissent s'en plaindre, demeurent chargés les dit preneurs de faire faire
dans l'un des côtés du dit jardin une pépinière en nombre suffisant de
pommiers poiriers, noyers, ou châtaigniers qu'ils auront soin de bêcher et
cultiver annuellement et planteront chacun an sur le dit domaine 12 sujets
de même espèces d'arbres qu'ils conserveront à leur possible du dommage des
bestiaux en les armant de gaules et épines". En 1774, La Grifferie est un
château construiit à la moderne composé de cinq fiefs: La Courante, le
Breil, la Grue, Frémillonnière, et la Bourse-Grisière. En 1775, les Barin de
la Galissonnière vendent la Grifferie à Jean-Baptiste-Marie Pihéry de Sivré,
écuyer, trésorier des finances à Tours. Il meurt en 1817 et la Grifferie
passe à sa nièce Marie Augustine Pihéry de Sivré veuve de François-Joseph
marquis de Foucault. Les Foucault se succèdent au XIXe siècle. En 1883,
Gustave de Foucault vend la Grifferie à Adrien Trophime Percheron de Monchy
puis le domaine passe à son fils Charles Alexandre Percheron de Monchy époux
d'Hélène Auvray.
Le château de la Grifferie se trouve sur la rive droite du Loir entre le
port de Roche-Bandée et la motte féodale de Bouzeau tout à côté des vestiges
d'une villa gallo-romaine. Les dispositions actuelles du château datent pour
l'essentiel du XVIIe siècle même si les propriétaires rapportent qu'il
existerait, au centre de la cour, une cave (ou salle) voûtée d'ogives,
vestiges d'un logis médiéval. Le parti de composition de l'ensemble château
et dépendances connu depuis au moins les années 1673, présente une telle
symétrie qu'il est difficile de ne pas envisager une seule campagne de
construction ou reconstruction. Le logis simple placé entre cour et jardin
est flanqué de deux pavillons. L'escalier primitif aurait été placé au
centre. Au nord, deux ailes en retour bordent la cour séparée de la basse
cour par un mur ou une grille. La basse cour ou avant-cour se déploie en
fer-à-cheval. Des bâtiments aujourd'hui disparus fermaient le côté nord dans
lequel s'ouvrait un portail flanqué de portes piétonnes. Une allée avec
contre-allées reliait la porte à la route. Au sud, la façade du logis
correspondait à un petit jardin bordé de murs cantonné de deux tours rondes
(aujourd'hui disparues) reliées par une balustrade. Ces tours abritaient un
pigeonnier et une chapelle. À la chapelle était accolée une orangerie
(elle-aussi disparue). L'ensemble donnait sur une vaste terrasse
compartimentée de carreaux de jardins qui surplombait une autre terrasse
plantée en vigne. Cette dernière terrasse était longée par le chemin du Port
de Roche-Bandée au moulin Courant. À la fin du XVIIIe siècle, le château
adopte le style néo-classique et les jardins placés entre le logis et le
Loir sont remaniés. Les pavillons du logis sont élargis, le comble est
transformé en étage-attique et une balustrade couronne l'ensemble.
Le logis se compose alors de trois parties réunies par un portique sur
chaque face. Il peut maintenant communiquer avec ses ailes en retour,
l'escalier central est démoli et remplacé par deux escaliers latéraux et le
centre de l'édifice est devenu un vaste et haut salon de réception. En 1776,
la chapelle est transférée dans le pavillon de la cour, et la vieille
chapelle est démolie pour dégager la vue sur le Loir. C'est à cette époque
que le vieux portail d'entrée flanqué de ces deux portes piétonnes est
démoli et remplacé par une grille. Le petit jardin bordé de murs avec sa
balustrade, le pigeonnier, les petits pavillons de la chapelle et de
l'orangerie sont démolis. Le logis donne directement sur la grande terrasse
qui se prolonge par les deux petites terrasses dites des Ormeaux et des
Amandiers. Au bas de la pente, des douves empoissonnées limitent un jardin
bas (potager ?). Une nouvelle orangerie est construite à l'ouest du château
dans le nouveau potager. En 1811, cet ensemble est bordé par le champ de
muscat à l'ouest et le champ des figuiers à l'est. La forme des terrasses
est encore géométrique. Entre 1811 et 1846, les murs des terrasses sont
démolis et le nouveau jardin s'étend vers l'est, jusqu'au chemin qui va à
l'abreuvoir. Vers 1840, un parc paysager est dessiné par l'architecte
paysagiste Lebotteux au Mans. Toutes les formes régulières sont abolies. À
partir de 1883, l'architecte Paul Déchard redonne au logis son aspect du
XVIIe siècle en enlevant la balustrade et en faisant réapparaître les toits
en croupe et pavillons. Après la Seconde Guerre mondiale, le balcon de la
façade sur cour est enlevé lors d'un ravalement. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et des communs
; les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon, le petit salon, la
salle à manger et la bibliothèque : inscription par arrêté du 24 juin 1976.
château de la Grifferie 72800 Luché-Pringé, propriété privée, visite des
extérieurs uniquement.
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