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Château de Rayssac à Albi
 
 

 Rayssac appartint durant de longs siècles à l’ordre de Malte. Dès 1278, il est fait mention à Albi de maisons appartenant à "L'hôpital de Rayssac". En fait, les Hospitaliers étaient installés à Rayssac depuis 1230. En 1293, le premier commandeur connu, Geoffroy, traitait avec l’évêque d’Albi Bernard de Castanet au sujet d’un problème de dîme. À partir du XIVe siècle, l’on suit très bien la commanderie au sujet de nombreux litiges l’opposant au chapitre de Sainte-Cécile d’Albi au sujet d’un partage de dîmes. L'époque à laquelle Rayssac dépendait de l’ordre de Malte n’est en fait qu’une longue suite de procès avec les voisins ou l’autorité ecclésiastique. Une fois, en 1394, l’une des nombreuses querelles avec l’évêque d’Albi se solda même par la mort d’un hospitalier. En 1376, le château fut pillé et occupé par des routiers, et cette occupation ne cessa qu'avec le versement d’une indemnité. Durant les guerres de Religion, Rayssac fut vaillamment défendu par l’hospitalier Jean Blanc de Valhausy et, surtout, en 1586, par le commandeur Claude de Thésan. Aux alentours de 1600, le patrimoine de Rayssac s’enrichit, si besoin était, par l’acquisition du domaine de Château-Bas, à Guitalens. L’on sait que les commandeurs visitaient très régulièrement les commanderies dépendant de leur juridiction: ceux qui vinrent à Rayssac nous ont laissé de précieux comptes-rendus de leurs tournées d’inspection, et ces documents nous donnent par chance des renseignements très précis sur l’état des lieux, dont on suit l’évolution au gré des différentes visites. Mais ces documents se doublent également de l'inventaire des établissements civils et religieux effectué régulièrement par l’évêque d’Albi, qui possédait également dans cette ville le pouvoir temporel et donc civil.
Attisant par sa richesse la cupidité des révolutionnaires, la commanderie fut vendue comme bien national en 1793 pour la somme de 197000 francs au citoyen Blanc, fermier de la région, qui la revendit aussitôt au citoyen Medalle. C’est à cette époque-là que Rayssac fut divisé en deux fermes et que le bâtiment commença à être dégradé. Non seulement les tours furent amputées et le donjon abattu, mais les larges fossés furent comblés ou transformés en mares. Le martyre de Rayssac n’est toujours pas fini, mais de la splendeur de ce bel édifice demeure tout de même un bel ensemble de 30 mètres x 45 mètres où l’on remarque encore bien des éléments attestant de l’histoire du château, tels que les anciens fossés, les beaux meneaux de la façade ou les superbes tours encore percée de leurs meurtrières. Construction en pierre dont les bases datent du XIIIe siècle, Rayssac était donc anciennement une riche commanderie de l’ordre de Malte. Les éléments principaux sont des XVe et XVIe siècles, la partie principale ayant été édifiée plus précisément en 1508. Le corps de logis principal qui était défendu à l’extérieur par une tour ronde et une tour carrée avait sa porte d’entrée donnant sur une large cour autour de laquelle étaient réparties des dépendances comprenant également une chapelle. L’ensemble du logis est encore debout mais la tour carrée a, quant à elle, malheureusement disparu. Sur le portail donnant accès dans la cour, on lisait encore il y a quelques décennies la date de 1716 au-dessus de ce qui fut jadis un écusson armorié: c’est à cette époque qu'avait été refait le pont-levis. Ce qui est tout à fait typique dans le corps de logis principal est que l’entrée se trouvait dans une tour accolée au milieu de la façade, tour qui servait également de cage à l’escalier à vis.
Construit à la même époque suivant des principes dictés alors par l'insécurité des temps, Rayssac présente dans son architecture une disposition analogue à celle des châteaux de Poulan et de Saint-Martial. Le tout formait un vaste enclos entouré d’un fossé qu’on franchissait sur un pont aboutissant à un grand portail. D'ailleurs, fossé et pont subsistent encore sur le côté sud. Au fond de la cour, un portail donnait accès à la chapelle dont il ne reste que deux arcs au milieu d’une nef. Dans la chapelle gothique demeurent des restes de peintures à fresque que l’on découvre également dans la grande salle d'honneur. Ces peintures aujourd’hui très abîmées ont fait l’objet d’une description dans la seconde moitié du XIXe siècle. Au plafond, les peintures représentaient alors la croix de Malte flanquée de tous les noms des commandeurs successifs. À côté de ces écussons, on lisait ce qui devait être la devise de l’un d’entre eux: "Antre à la mort" (jusqu’à la mort). Sur une plinthe, le long du mur, on pouvait également lire une longue inscription en caractères gothiques au graphisme compliqué et difficilement déchiffrable: "chevalier de l’ordre de San-Johan, commandor (sic) de la commanderie de Rayssac". Il y a une trentaine d’années, ce qui demeurait encore de lisible fut également relevé. Dans la salle du premier étage, au débouché du grand escalier à vis de la tour, on lisait alors des textes en lettres gothiques entre les poutres et l’extrémité des solives: "LXXXXII fut (feta) la presant réparation (port frera) Tristan de l’ordec... comandur, de la présent mayson...". Ceci daterait de la restauration effectuée en 1492 mais le nom du commandeur dont le prénom est cité nous est inconnu. Dans la salle adjacente se trouvaient d’autres inscriptions et, dans les salles suivantes altérées par des cloisons parasites, l’on notait de nombreuses peintures couvrant plafonds et murs et représentant des animaux, des blasons, des fleurs ou des devises. On lisait également sur la voûte de l’une de ces salles le nom de l’un des plus connus des commandeurs de Rayssac: Claude de Thésan. (1)

château de Rayssac, chemin du
château de Rayssac, 81000 Albi, propriété privée, ne se visite pas, visible du chemin.

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