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Arifat tiendrait son toponyme d’un nom gaulois
signifiant "montagne des fées". On ne peut en fait qu'être sensible au
pittoresque de sa situation, à proximité de belles cascades naturelles: les
célèbres "Bouillous" situés en à-pic de sa façade postérieure. Ces bouillons
impressionnants sont causés par la chute à l’intérieur d’une faille ouverte
dans un banc de quartz du ruisseau d’Arifat, tombant d’une dénivellation de
plus de soixante dix mètres. Fondé au XIIIe siècle par la famille de
Soubiran qui en resta propriétaire jusqu’en 1763, Arifat fut détruit puis
partiellement reconstruit au XVIe siècle. En effet, le 14 avril 1574, les
catholiques incendièrent le château plutôt que de le voir tomber aux mains
des protestants. C’est Pierre de Soubiran qui le fit reconstruire à peu de
temps de là, en 1577. En 1627, après ses expéditions en Rouergue, le duc de
Rohan fit camper ses troupes autour du château, avant de marcher sur
Castres. À partir de 1768, Arifat fut aux mains de la famille de Villeneuve,
et l’on sait notamment qu’en 1787, le château était habité par
Marie-Thérèse-Françoise de Lanoy, marquise d’Arifat et veuve d’Antoine de
Villeneuve d’Arifat, chevalier de Saint-Louis. C’est seulement en 1925 que
les Villeneuve d’Hauterive vendirent le château, où ils ne mettaient
d’ailleurs plus les pieds depuis longtemps.
En 1926, une école mixte y fut établie pour y recevoir les enfants de la
commune, et elle fonctionna jusqu’en 1961. Désormais, dans un triste état de
déshérence, Arifat semble voué à un avenir bien sombre. Au fond d’une grande
cour formant esplanade, l’on découvre une façade nue et austère. Les
deuxième et troisième étages présentent une disposition similaire avec des
fenêtres à meneaux. Le château d'Arifat se présente sous la forme d’un
quadrilatère comportant au milieu une tour. Les tours munies de meurtrières
ainsi que les murs de plus de deux mètres d’épaisseur évoquent bien le passé
belliqueux du château. Outre l’escalier de pierre, l’on admirait encore au
début du XXe siècle à Arifat une belle cheminée au manteau soutenu par deux
caryatides et portant la date de 1587. Dans le vestibule, l’on découvre une
porte comportant un décor de pilastres et de frise. Deux inscriptions
alternant avec des cartouches sculptés disent: "À Dieu te fie" et "À bien
fere labure". On lit au-dessous la date de 1595. À l'arrière de ce corps de
bâtiment, deux ailes en retour, à deux étages, prolongeaient la construction
et se terminaient par une tour d’angle dont on peut encore apercevoir
quelques vestiges depuis le contrebas de la falaise. (1)
château d'Arifat, D11, 81360 Arifat, tél. 05 63 75 14 40, association pour
la sauvegarde et la promotion du site d’Arifat, édifice situé près des
Cascades d'Arifat.
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