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L'on trouve déjà
mention en 1182 dans le Tarn des deux branches ayant atteint le XXe siècle:
les Villeneuve d’Hauterive et les Villeneuve-Arifat, toutes deux seraient
issues de Vailchaire, seigneur de Villeneuve-les-Béziers en 911, lequel
était le petit-fils de Francon, vidame de Narbonne en 852. C’est son
descendant direct, Amblard III, qui en 1034 prit le nom de la seigneurie de
Villeneuve. Les Villeneuve s’illustrèrent durant les croisades, l’un d’eux
fut compagnon de Saint Louis et mourut devant Tunis. Pons II, quant à lui,
devint le premier capitoul de Toulouse en 1172. Quant au château et aux
terres d’Hauterive, ils proviendraient de Philippe de Montfort, comte de
Castres qui, pour récompenser les fidèles à sa famille, les avait donnés à
la maison d’Hautpoul. Après son mariage avec la fille de Sébastien d’Hautpoul,
Louis de Caires, seigneur d’Entraygues, devint seigneur et baron d'Hauterive.
Louis de Caires se rallia au cours des guerres de Religion au duc de
Joyeuse, chef de la ligue, le seconda lors de la prise de Carcassonne et
assista le 10 octobre 1592 au combat de Villemur où le duc se noya. Il reçut
le frère de ce dernier, Henri de Joyeuse, en 1597 à Hauterive. Après les d’Hautpoul,
Hauterive passa aux Clermont puis à la marquise de Valady, laquelle vendit
Hauterive aux Villeneuve. La baronnie d’Hauterive entra dans la famille de
Villeneuve avec Jean-Joseph-Marie de Villeneuve, né en 1734. En 1788, il
présida l’assemblée de la noblesse à Saint-Pons. Longtemps emprisonné sous
la Révolution, il mourut à Hauterive en 1800. La famille connut également
des personnalités importantes à la génération suivante:
Jean-Baptiste-Marie-Louis qui fit le voyage de Constantinople avec notre
ambassadeur Choiseul, puis se fit remarquer dans les campagnes du Levant,
des Antilles et de Norvège. Enfin retiré à Hauterive, il rendit par ses
savants ouvrages nombre de services à l’agriculture et à l’industrie.
Au XIXe siècle, Hauterive garde également le souvenir de Léontine et
d'Émilie de Villeneuve. L’une doit sa célébrité à Chateaubriand: Victime de
la fièvre romantique comme beaucoup de jeunes filles de sa génération,
Léontine écrivit en 1827 à Chateaubriand une lettre enflammée dans laquelle
elle lui déclarait son admiration. Deux ans plus tard, l’écrivain et la
jeune fille se rencontrèrent à Cauterets et Chateaubriand a laissé dans ses
Mémoires d’Ouitre-tombe la relation à coup sur passablement romancée de
cette entrevue. Il la revit dix ans plus tard à Toulouse alors qu’elle était
devenue madame de Castelbajac. C’est sous le couvert du pseudonyme d’ Adèle
qu’elle avait manifesté à Francois-René son admiration, et cette
correspondance ne finit qu’à la mort de l'écrivain. C’est seulement en 1923
que l’on découvrit l’identité du surnom, à la date que Léontine avait elle
même fixé pour la publication de ses Mémoires. Émilie, pour sa part, renonça
au monde en 1836 et réunit un petit groupe de religieuses qui, en
s’agrandissant, donna l’ordre des "Petites Sœurs Bleues" se consacrant dans
un premier temps aux "pécheresses" et aux enfants abandonnés. L’ordre est
aujourd’hui présent dans le monde entier et Émilie de Villeneuve a été
béatifiée. Au XXe siècle, cette illustre maison compta de grands soldats et
des résistants exemplaires. Il ne reste du château médiéval de vraiment
notable qu’une tour, magnifique vestige de l’ancien système défensif
montrant bien avec ses larges archères horizontales qu’Hauterive était un
édifice militaire. Le XVIe siècle ouvrit dans cette construction austère de
belles fenêtres à meneaux aux encadrements sculptés, la solidité toute
médiévale du château est encore clairement décelable sur la façade nord.
Néanmoins, malgré ces intéressants vestiges, la demeure actuelle remonte
dans ses grandes lignes au XVIIe siècle. Le logis principal est précédé
d’une vaste cour d’honneur et donne sur l’Agout, tandis que le château est
encore enclos de profondes douves. Le porche d’entrée, superbe morceau à
colonnes doriques est surmonté d’un bel ouvrage en ferronnerie portant les
armes de Villeneuve. (1)
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, avec la tour
ronde isolée au sud-ouest, la tour nord-ouest et la salle basse de l'aile
Est, les douves, les ponts d'accès, les portails et le parc du château :
inscription par arrêté du 18 juin 2010.
château d'Hauterive,
rue du Château, 81100 Castres, Earl de Villeneuve, visible de la rue.
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