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Le château primitif aurait été construit au
XIIe siècle: un acte conservé de 1176 précise en effet que "Pierre de
Braconnac fut un des garants du remboursement de la dot de l’épouse de
Sicard, vicomte de Lautrec". Braconnac semble avoir traversé la croisade des
Albigeois sans grand dommage, tout comme d’ailleurs la guerre de Cent Ans.
L’on sait ensuite qu’en 1470, la seigneurie appartenait à Fortanier d’Aure,
gouverneur de la vicomté de Lautrec pour Jean de Foix, qui l’autorisa à
fortifier Braconnac. En 1513, le château appartenait au seigneur de Lamothe,
Adhémar d’Aure. Braconnac fut par contre mis à mal au moment des guerres de
Religion: le sieur de Bénac, fils du seigneur de Braconnac, rejoignit les
rangs des protestants et fut nommé gouverneur de Lautrec, distant de cinq
kilomètres, lorsque cette ville capitula. Braconnac fut repris par les
catholiques en 1570 et les diocésains de Castres se voient alors confier le
château. C’est seulement cinquante ans plus tard, en 1620, que le duc de
Montmorency confia au seigneur de La Mothe-d’Aure le soin de conserver le
château. En 1635, Jeanne d’Aure épousa Guérin de Foucaud, appartenant à une
branches cadettes des Foucaud que nous rencontrons à Gaillac au château d’Huteau,
sous le nom de Foucaud d’Alzon. Par la suite, leurs descendants se
consacrèrent au métier des armes et à partir de Pierre de Foucaud d’Aure
(1680-1770), la charge de sénéchal de la ville et du comté de Castres
appartint à la famille jusqu’à la Révolution.
Si le dernier sénéchal de Castres traversa la tourmente sans problème, il
n’en fut pas de même de son fils qui devant les prémices de la Révolution
avait renoncé à embrasser la carrière ecclésiastique: après avoir connu de
graves problèmes financiers, l’on dit qu’il mourut assassiné à l’âge de 32
ans sur la route qui le ramenait de Castres à Braconnac. Son fils Eugène
(1800-1887) entreprit la deuxième restauration du château et une lettre de
sa femme Félicie précise en 1838 qu’elle se fait une joie de voir bientôt
les travaux achevés pour pouvoir enfin s’installer. Leurs descendants
conservèrent le château jusqu’en 1942. À cette époque, le château devint une
colonie de vacances, pour devenir de nos jours une maison pour handicapés.
Un document conservé dans les archives de la famille de Foucaud d’Aure et
concernant la dot de Jeanne d’Aure permet de se faire une idée de ce
qu'était alors la maison forte de Braconnac dont demeure une gravure
d’époque: "Les biens de Braconnac consistent premièrement en une maison fort
louable et une métairie à cavales (arcades) et de tout ce qu’il faut où il y
a deux seterées de terre noble et cent de rural partie de laquelle consiste
en prés, bois, vignes, jardins contenant la moitié de la terre". Néanmoins,
le château fut entièrement reconstruit dans le courant du Grand Siècle dans
un style tout à fait classique, la façade très sobre étant flanquée de deux
tours rondes. Il existe encore par chance un inventaire du XVIIIe siècle
nous permettant de savoir quelle belle demeure était alors Braconnac, avec
sa riche bibliothèque et ses beaux meubles régionaux. Comme nous l’avons
évoqué plus haut, c’est Eugène de Foucaud d’Aure qui entreprit la seconde
restauration du châteaux alentours de 1835. À ce moment-là, le corps de
logis fut vraisemblablement modifié, mais l’on transforma surtout les tours,
substituant aux toits plats couverts de tuiles des toitures pointues en
ardoise.
Braconnac est encore un splendide château auquel on accède par un portail
composé de deux élégants piliers, formés par des colonnes ioniques
accouplées et surmontés de vases Médicis. De gracieuses ferronneries
complètent cet ensemble encore empreint de toute la grâce du style Louis XVI.
Le château présente une élégante et sévère façade de six travées et
l’élévation comporte un rez-de-chaussée, un premier étage et un second étage
constitué de petites fenêtres rectangulaires. Cette façade néo-classique
semble s'inspirer des travaux d’architectes tels que Ledoux, avec sa subtile
division: une travée centrale simplement soulignée par des bossages en table
montant jusqu’à la corniche, flanquée de chaque côté par une paire de
travées, tandis que l’on trouve à chaque extrémité une seule travée
soulignée par des chaînages. Dans ce traitement de façade très sobre, seule
la porte et les fenêtres du premier étage ont reçu un décor de petites
consoles et d’entablements plats. Comme pour théâtraliser cette belle façade
et la rendre encore plus gracieuse, deux murs bas en retour aboutissent à
deux petits pavillons néo-classiques flanqués de frontons triangulaires. La
façade opposée donnant sur le parc présente pour ses cinq travées centrales
la même ordonnance que la façade principale mais, de part et d’autre, les
travées d'extrémité ont été remplacées par de belles tours rondes engagées,
dépassant d’un étage le corps central et se terminant par de superbes
toitures d’ardoise pointues. Elles ont reçu un motif fantaisiste de faux
mâchicoulis. Ces tours, avec leurs fenêtres traitaient dans le style
néo-gothique, font un curieux contraste avec le corps central simplement
animé de bossages, et donnent un air plus fruste à ce beau château. (1)
château de Braconnac 81440 Jonquières, tel. 05 63 82 10 70, service
d'accompagnement à la vie sociale.
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