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Labruguière figure au titre des possessions de la
puissante vicomté de Lautrec au cours des années 1060-1070, dans le cadre
d'un accord de non agression, une "convenientia", entre le seigneur Isarn de
Lautrec et l'évêque Frotaire. La première mention du seigneur de
Labruguière, "Petrus de Brugeira", en 1125, permet alors d'envisager la
présence d'un château. A partir de cette date, il est possible de suivre
l'activité des seigneurs de Labruguière. En 1173, un seigneur du même nom
est témoin dans un acte de paréage, au côté de Raymond, abbé de Saint-Pons
et de Petri Ermengaudi de Lautriaco. L'emplacement du château médiéval peut
être précisé grâce au plan de 1750 sur lequel il est dissocié un "ancien
château" du "château Dulac" du XVIIe siècle. Il aurait occupé la partie sud
de la plateforme allant jusqu'à l'emplacement de l'actuelle mairie. A l'est,
l'église est venue s'appuyer contre le château. Au XIXe siècle, A. Combes
précisait, en parlant de la façade occidentale de l'église, que "la façade
extérieure du couchant est formée de deux jambages soutenant le donjon
seigneurial". Du donjon ou du logis seigneurial, détruit en grande partie,
est encore perceptible le mur oriental en pierre de taille de grès dans
lequel est percée une porte en arc brisé à l'encadrement chanfreiné. Il
ouvre sur un porche à deux travées voûtées d'arêtes. La tradition lui prête
la fonction de prison. Au début du XVIIe siècle, la famille de Cardaillac
entre en possession du château. Louis de Cardaillac a été le seigneur le
plus marquant de sa lignée. Il entreprit la reconstruction du vieux château
de Gaïx, au sud de Castres, et pour ce faire fit appel à M. Bordes,
architecte du roi Louis XIII. Les auteurs attribuent au seigneur la
construction du château de Labruguière au nord de la plateforme en 1641. Les
prélèvements des bois de la charpente à fermes et à pannes effectués en
décembre 2008 pour une analyse de dendrochronologie viennent corroborer la
datation proposée de 1641. La charpente, composée de trois zones séparées
par deux murs de refend supportant les conduits de cheminée, porte des
marques d'assemblage sur les pièces de la charpente révélant trois tranches
du chantier. La date d'abattage des bois de la zone sud peut être située à
l'automne 1639 ou à l'hiver 1640, la zone deux propose une date plus large
mais recoupant ces informations. Les bois pouvaient donc être disponibles
dès l'hiver 1640 pour être mis en ouvre rapidement. Au XIXe siècle, de
nouveaux bâtiments sont élevés à l'ouest, dans l'alignement de la tour
d'escalier, avec dans un premier temps, une construction aménagée d'une
petite tribune dans l'élévation postérieure.
L'emprise du château est encore identifiable sur la plateforme située au
nord du bourg castral, promontoire rocheux dominant le Montimont. Du château
médiéval qui occupait la partie méridionale, une élévation du mur oriental
en détermine les limites, percée non loin de l'église par une porte à arc
plein cintre. Il reste l'élévation du mur pignon du logis, situé contre
l'élévation occidentale de l'église, couronné par un conduit de cheminée
circulaire qui a été transformé par la suite, peut-être au XVIIe siècle, en
guette. Des vestiges de mur sont encore visibles dans l'élévation
postérieure de la mairie avec un soubassement composé d'assises de galets et
de petit appareil de pierre et l'emplacement de deux fenêtres à l'étage du
mur oriental permettent d'évaluer la hauteur du bâtiment. Ces différents
éléments sont les vestiges de l'ancien château mentionné sur le plan de
Labruguière dressé pour le seigneur Dulac en 1750. Au nord, le château des
Cardaillac, construit au XVIIe siècle, se compose d'un corps de logis
rectangulaire dont la distribution est assurée par une tour d'escalier en
vis rectangulaire hors-ouvre. L'édifice est rythmé par la succession de
grandes fenêtres à croisée et demi-croisée, un corps en avancée surmonté
d'un pignon formant fronton ouvrait sur la cour. A l'angle nord-est, une
petite tourelle en encorbellement aux consoles sculptées de motifs floraux
et de volutes apporte une note de fantaisie à cet ensemble somme toute
austère.
Éléments protégés MH : la tour d'angle circulaire : inscription par arrêté
du 13 juillet 1927. (1)
château des Cardaillac 81290 Labruguière, bibliothèque municipale et
restaurant.
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