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La maison-forte des
Cassanhols appartenait à la famille du même nom au XVIIe siècle. Les
Cassanhols étaient alors une famille noble de tout premier plan à Lisle
d'Albi ; ils ont été plusieurs fois premiers consuls de Lisle. Le compoix
établi entre 1613 et 1615, fait état des propriétés d'Estienne Cassanhol,
fils de Guillaume, au lieu dit als Cassanhols, sur la paroisse de
Saint-Salvy ; il y est alors mentionné un "tinairal appelé dalard", c'est à
dire une cave à vin et une "maison appelée fort" qui pourrait bien
correspondre au bâtiment que l'on voit encore aujourd'hui. Le corps de logis
peut être daté par le style pour l'essentiel de la fin du XVIe siècle ou du
tout début du XVIIe siècle. La grande salle du premier étage située au
dessus de la cave pouvait être le lieu privilégié des réceptions de la
prestigieuse famille Cassanhols. Un réaménagement est intervenu au cours du
XVIIIe siècle, en particulier dans la partie ouest de la maison où la
distribution a été reprise et des fenêtres repercées en façade. Les
dépendances ont été largement reconstruites au cours du XIXe siècle ; elles
conservent cependant un mur construit par couches successives de terre
massive et une façade en pan de bois qui pourraient dater également de la
fin du XVIe siècle ou du XVIIe siècle. La maison forte est implantée dans
la plaine agricole et viticole, à quelques dizaines de mètres du chemin
Toulze, axe de communication qui permettait de rallier Toulouse. Le corps de
logis de plan rectangulaire à trois niveaux comprend une cave vinicole
semi-enterrée dans la partie orientale et se termine en façade par une
galerie haute. Il mesure environ 25 mètres de long sur 11,50 mètres de
large. La construction est essentiellement en brique et les encadrements des
ouvertures sont en brique et en grès. La porte principale du logis est
couverte par une plate-bande ornée d'un simple chanfrein et surmontée d'un
larmier mouluré et les piédroits sont taillés en quart de rond. Alors qu'il
ne subsiste plus qu'une seule croisée en pierre en façade, deux autres, qui
éclairaient la grande salle au-dessus de la cave, se repèrent encore à
l'étage ; elles ont été murées mais sont conservées dans la maçonnerie.
Cette grande salle était donc ouverte sur trois côtés. Elle est couverte par
un plafond à grosses poutres et solives et conserve un décor peint sur les
poutres qui représente des assortiments de fruits présentés dans des tissus
accrochés à des anneaux ou sortant de la bouche de masques. Le volume
important de la salle, les trois croisées originelles et la qualité des
décors peints témoignent de la volonté des constructeurs d'aménager une
salle de réception imposante. Il faudrait encore y ajouter une grande
cheminée sur le mur ouest, aujourd'hui disparue mais dont le chevêtre est
toujours présent au niveau inférieur, dans la cave.
Le grand escalier intérieur rampe sur rampe est en bois. Au premier étage,
il est marqué par des arcs plein cintre en brique dont les piédroits se
terminent en quart de rond amortis par un congé à bec renversé.
La cave vinicole est ouverte en façade par une porte large dont la partie
supérieure semble avoir été retaillée dans la brique et par des petites
baies rectangulaires à ébrasement interne et dont les encadrements sont
simplement abattus par un chanfrein. Le quai de déchargement du raisin à
droite de la porte est un repercement relativement récent qui correspond à
l'installation du pressoir à vis conservé à l'entrée de la cave. A
l'intérieur, la poutre centrale est déchargée par deux poteaux dont l'un au
moins repose sur une base en pierre. Des cuves en ciment occupent toute la
partie est de la cave. A l'angle nord-est, le corps principal est accolé par
un petit bâtiment également construit en brique. Aujourd'hui arasé, ce petit
bâtiment devait s'élever plus haut et former une tour d'angle, ce dont
témoigne la présence d'une porte murée à l'angle du corps de logis qui
permettait l'accès à la tour. Au rez-de-chaussée, sont conservées des fentes
de tir ou canonnières de petites dimensions avec ébrasement interne. A
l'étage, une croisée du même type que celles qui éclairaient la grande salle
est en partie tronquée et murée. Le portail d'entrée est précédé de deux
marres ou viviers qui étaient déjà représentés sur le plan cadastral de
1830. Ces bassins ont pu constituer un élément de défense de la maison forte
des Cassanhols. La cour est délimitée par des corps de bâtiments situés de
part et d'autre du corps de logis. Un bassin central a été aménagé devant le
logis; il était alimenté en eau par une source qui existe toujours à
l'arrière du logis. (1)
maison forte des Cassanhols, Départementale 18, 81310 Lisle-sur-Tarn,
domaine des Cassagnols, exploitation viticole.
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