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En 1260, la famille
de Vindrac avait reçu ce fief du comte de Toulouse et, en 1281, l’on trouve
comme propriétaire Raymond de Vindrac, dont le prénom était un légitime
hommage à la générosité du comte de Toulouse. Raymond de Vindrac était lié
par contrat avec la bastide de Cordes, Roquereine représentant pour la cité
une importante défense avancée pour la vallée du Cérou. Dés 1345, l’on
trouve trace d’une maison forte. Malheureusement, les guerres de Religion
sonnèrent pour Roquereine le glas de la paix civile: alors que Saint-Antonin
était depuis 1569 aux mains des Huguenots, Cordes appartenait à la faction
catholique et, en 1573, cette dernière réclama le démantèlement de la place,
à moins que Roquereine n’envoie spontanément une troupe de renfort.
Finalement, la place devint protestante lorsqu'elle passa entre les mains de
noble dame Jacquette de Lamotte-Lambert et, en 1588, les catholiques
s’emparèrent de Roquereine qu’ils pillèrent. Le château tient son deuxième
nom plus récent de "La Prune" du nom du capitaine de la ville de Cordes en
poste en ce lieu peu de temps après les guerres de Religion. Louis de La
Prune appartenait à une famille établie à Cordes depuis 1360 et composée de
valeureux soldats. À la fin du XVIe siècle, Arnaud de La Prune, seigneur de
La Barthe, gouverneur de Cordes en 1570, était maréchal de camp d’Henry de
Montmorency, gouverneur du Languedoc. Louis de La Prune était gentilhomme
ordinaire du roi, gouverneur de Cordes. Celui-ci s’illustra lors du siège de
Saint-Antonin par Louis XIII en 1622 et il fut anobli par le roi. En 1620,
il acheta Roquereine pour 9000 livres, le tiers de la somme lui étant donné
par sa ville natale, les Cordais redoutant que la place ne retombe aux mains
des Huguenots.
Roquereine fut en 1706 le cadre d’un bien sinistre fait divers: tout près du
château, par arrêt du parlement confirmant une sentence des consuls de
Cordes, un patricien du lieu fut roué... en effigie seulement, pour le
pillage du château et l’assassinat de trois domestiques. La famille de La
Prune resta propriétaire de Roquereine jusqu’au milieu du XIXe siècle, comme
d’ailleurs du château de La Barthe, à Labarthe-Bleys, qu’elle avait acquis à
peu près à la même époque que Roquereine, le château étant vendu à l’abbé
Gustave Séré de Rivières, curé de Cordes et ami de Maurice et d’Eugénie de
Guérin, afin d’y installer un monastère cistercien. Le projet ne connut pas
de suite et Roquereine fut revendu en 1861 pour passer dans diverses
familles dont les Faramond de Lafajole et les Puységur. Enfin, en 1958,
Roquereine refit son entrée dans l’histoire puisqu'il fut acquis par le
peintre russe André Lanskoy, alors qu’il avait été très abîmé par ses
précédents propriétaires. Fils de comte, ancien élève à l’école des Pages de
Saint-Petersbourg puis à celle des Cadets, Lanskoy dut fuir la Russie en
1917 et, devenu un peintre de renommée mondiale, il lui revint de sauver de
la ruine le beau château de Roquereine, qu’il posséda jusqu’à sa mort
survenue en 1976.
Roquereine était autrefois une place fortifiée à
laquelle l’époque gothique et la Renaissance imprimèrent leur marque. Même
s’il dut affronter les affres des guerres de Religion ainsi que plusieurs
drames et incendies postérieurs, il nous est parvenu assez bien conservé. Le
château est situé au-dessus d’une colline dominant la vallée du Cérou, ne
présentant du côté du plateau qu’un simple mur. Au nord, demeurent les
restes de bâtiments fortifiés ainsi que de remparts crénelés formant
enceinte, derrière lesquels se trouvaient une place d’armes ainsi qu’un
bâtiment dont le dernier étage fut garni de meurtrières et de mâchicoulis,
Le donjon est aujourd’hui abaissé au niveau des courtines. Mis en valeur par
une situation exceptionnelle, l’ensemble vaut autant par l'imposante majesté
de la bâtisse que par l'articulation des différents volumes du château, qui
confère à ce dernier beaucoup de charme et de pittoresque. (1)
château de Roquereine 81170 Marnaves, propriété privée, ne se visite pas,
nommé également château de La Prune.
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