|
Les premiers seigneurs de Sauveterre connus
sont Roger de Vintrou et Bertrand Raymond de Durfort qui possèdent à part
égale la terre de Sauveterre en 1330. Il semble ensuite que Roger de Vintrou
maria sa fille Gieullianne avec Raymond de Durfort pour réunir la
seigneurie. En 1419, Jausionde de Vintrou, dame de Sauveterre épouse
Arnulphe de Marla, seigneur de Neuville en Picardie. Sa fille épouse Nicolas
de Lettes ou de Electes. La seigneurie reste dans cette famille pour trois
générations: Jean de Electis, Guilhaume et un autre Guilhaume. Ce dernier,
avec sa sour Jehanne, vend la terre à Laurens et Guilhaume d'Auxilhon, en
1452. Le château est alors décrit comme étant "dominé par une tour et ses
dépendances". Selon les archives du château, il semble bien que cette vente
soit rendue nécessaire par "l'état de ruine et de malheur" dans lequel la
seigneurie se trouvait à la suite des troubles liés aux conflits de la
guerre de Cent ans et à la peste qui sévit dans les environs. A ce moment,
le contrat de vente signale que "le château et les murailles étoit presque à
terre ". Selon Yvette Haber, les archives datent la reconstruction du
château de 1494 et l'attribuent au seigneur de Sauveterre, Barthélémy d'Auxilhon,
mort en 1520. Le corps de logis construit au sud-ouest de la cour pourrait
avoir été édifié à la fin du XVe siècle. La tour ouest conserve des
canonnières à la française qui peuvent être datées de cette période. Le
logis est un corps rectangulaire flanqué de deux tours rondes aux angles
appartient aussi à cette période. La famille d'Auxilhon conserve le château
pendant plus de cinq siècles; les propriétaires actuels en sont encore les
descendants. Originaire de Picardie, la famille a pour devise "Auxilium
meuma domino" et ses armes sont de gueule à trois roues d'argent et à la
colombe de sable. Au moment des guerres de Religion, le château est attaqué
plusieurs fois. En 1588, il est l'objet d'une première attaque de 150
soldats. Par la suite, en 1622, le seigneur Jacques d'Auxilhon, catholique,
est contraint de quitter sa demeure avec toute sa famille. Les huguenots,
sous les ordres du duc de Rohan mettent le château à sac et y installent une
garnison. Selon les archives, "le château sera libéré puis réoccupé et
dévasté vers 1625 par le propre frère de Jacques tenant du parti
protestant".
En 1629, le seigneur de Sauveterre retrouve son bien "qui se trouve
entièrement ruiné. Le château n'avoit que les murailles de bonnes, toits et
planchers estoit tous gatés". En 1667, Jean-Jacques d'Auxilhon et sa femme
Marguerite de Renouard remettent le château sur pied. Lors d'un dénombrement
de Jean-Jacques d'Auxilhon, "le château et maison seigneuriale" sont décrits
comme fermés de murs avec tours et fossés et mesure 20 cannes de longueur
sur 10 de large. Jusqu'à la Révolution, le château reste la propriété de la
famille d'Auxilhon. A ce moment, le seigneur possède 7 métairies: le
Cournadou, Merle, Gourgne, Guindou, Rouan, Sales et Sauveterre. En 1793, les
biens de Jean Etienne d'Auxilhon lui sont confisqués et sont affermés à son
cousin Maximilien de Gayraud de Lasserre. Ses biens lui sont rendus le 23
brumaire de l'an IX. En 1809, sans héritier direct, il désigne ce cousin
comme héritier unique et l'adopte l'année suivante pour que le nom lui
survive. Maximilien de Gayraud de Lasserre d'Auxilhon est né en 1764.
Orphelin à l'âge de 16 ans, il bénéficie de l'aide de son oncle Jean Etienne
d'Auxilhon. Maximilien épouse Marie Pauline de Pins en 1818. Elle vivait au
château de Voisins dans la terre de Pezens près de Carcassonne. C'est lui et
son épouse qui font restaurer le château à partir de 1819 par le comte
Charles de Millau, architecte et propriétaire du château voisin de
Saint-Amans-Valtoret. En 1826, les travaux en sont à la décoration
intérieure. Maximilien meurt en 1835. Le comte de Millau transforme
profondément le logis. Il ouvrent les deux grandes façades au nord et au
sud, agrandi le logis vers l'est pour installer l'escalier de service
derrière le pan coupé et aménage le portail d'entrée situé entre le logis et
l'église. C'est probablement à la suite de ces travaux que sont aménagés les
dépendances. Les réaménagements du début du XIXe siècle laissent encore
visibles un agrandissement du XVIIIe siècle. Les petits corps de bâtiments
construits à l'ouest du logis semblent avoir été ajoutés à ce moment, si
l'on en croit la forme des arcs segmentaires qui couvrent les ouvertures en
rez-de-chaussée.
Le château se développe sur un site d'éperon, dans une boucle du Thoré,
qu'il domine d'une vingtaine de mètres. Il se raccroche au plateau à
l'ouest, en direction du petit village. Le site se résume aujourd'hui à une
assiette parallélépipédique sur laquelle est implanté le logis, à l'angle
sud-ouest. Un corps de bâtiment qui constitue le passage d'entrée du château
lui est accolé, à l'ouest. Sur ce côté, les dépendances du château ferment
la cour et sont construites perpendiculairement à l'église contre laquelle
elles s'appuient. Elles abritaient les écuries et sont aujourd'hui à l'état
de ruine. La cour se développe sur environ 110 m de long est-ouest et 50 m
de largeur. Au milieu de la cour, le colombier se tient à une quinzaine de
mètres en avant du logis. Le logis se compose d'un corps principal flanqué
de deux grosses tours rondes d'angle sur la façade méridionale. La tour
orientale a perdu sa toiture conique qui était encore conservée en 1999.
L'autre conserve sa charpente à enrayures d'origine. Le corps de logis
adopte un plan globalement rectangulaire. L'angle nord-est est à pan coupé,
et présente deux ouvertures dont les linteaux sont ornés d'arc en accolade.
Ils sont utilisés en remploi et proviennent du logis lui-même, selon une
lettre écrite par l'architecte à la marquise. Le logis, est aujourd'hui
couvert par un toit à deux faibles pentes. Celle du sud est recouverte
d'ardoise alors que celle côté cour est couverte de tuile mécanique. Au nord
et au sud, le logis est ouvert par deux belles façades de sept travées
chacune. A l'intérieur, le logis, qui s'élève sur un seul étage, est double
en profondeur. Au sud, le rez-de-chaussée est aménagé par trois salles de
réception en enfilade : le petit salon, le grand salon et la salle à manger.
Toutes conservent une décoration du début du XIXe siècle. La salle à manger
est peinte d'un décor de faux marbre dans lequel apparaissent, par endroits,
des têtes grimaçantes. Le grand salon ouvre, au sud, sur le perron et
communique, au nord, avec le grand escalier néoclassique. Celui-ci est
construit sur un plan en équerre et le palier est supporté par de hautes
colonnes de style dorique. La cuisine conserve sur le mur ouest une grande
cheminée à hotte droite et aux angles arrondis, pourvue dans l'angle
sud-ouest d'un four. Un potager en brique est conservé sur le mur oriental.
Une cave et un escalier de service en pierre, établit sur un plan
triangulaire, occupent l'extrémité est du rez-de-chaussée. L'étage abrite
essentiellement les chambres.
Éléments protégés MH : le château et les sols de l'ancien castrum :
inscription par arrêté du 31 juillet 2002. (1)
château de Sauveterre 81240 Sauveterre, ouvert au public d'avril à octobre.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour
illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
du Tarn" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans
ce département. |
|