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À partir de 1400, le château de Linardié
appartint très longtemps à la famille de Clergue, de noblesse de robe. Le
premier de cette famille à posséder la terre de Linardié fut Manaud de
Clergue, qui la transmit à son fils Jean. Les seigneurs de Linardié
jouissaient de droits étendus, non seulement droits de justice, mais
d’autres tels que le fameux droit de pesade, impôt perçu sur tous les
bestiaux. À l’époque des guerres de Religion, Linardié n’échappa pas aux
haines déchirant la région, et l’histoire a retenu le nom de deux hommes que
l’on eut trop souvent tendance à confondre: Georges de Clergue et le
capitaine Jean de Linardié. Il convient de dissiper une erreur maintes fois
reprise : on a parfois associé le nom des seigneurs de Linardié à la défense
du parti protestant. En fait, la confusion vient du fait qu’une autre
famille portant le même nom se battait alors dans les rangs des huguenots.
Au contraire, jusqu’au retour de la paix, les seigneurs de Linardié furent
parmi les plus fervents soutiens du parti catholique à Senouillac où les
deux factions se livrèrent une guerre sans merci. En 1587, le seigneur de
Linardié traita au nom de l’évêque d’Albi avec les habitants de Campagnac
auxquels il promit paix et sécurité. En fait, ce n’est pas au château de
Linardié que le capitaine de Clergue exerçait sa vigilance sur les places
fortes à lui confiées, mais de la tour de La Bonnette, tombée aux mains des
protestants en 1575, puis reconquise presque sitôt après, et qui ne dut qu’à
sa situation privilégiée de ne pas être soumise à des représailles. Malgré
tous ces aléas politico-religieux, la famille de Clergue se maintint à
Linardié et le dernier seigneur de Linardié, Jean-Felix de Clergue, mourut à
la fin de 1789. Son frère, Joseph de Clergue de Durefort fut arrêté à Albi
en 1793 mais bientôt relâché, du fait de son grand âge. Le château passa à
cette époque dans la famille de Rességuier. En 1823, Félix-Joseph-François
de Rességuier vendit à Abraham Mercadier, négociant à Senouillac, le château
de Linardié dont il avait hérité de sa grand-mère maternelle, Marie-Anne de
Clergue, dernier maillon de dix générations de la famille de Clergue à avoir
possédé Linardié. (1)
L'on trouve mention du château de Linardié dés 1402 et la demeure primitive
fut évidement maintes fois remaniée au cours des six derniers siècles. Il reste à l'intérieur, peut-être du XVe siècle, dans la
partie sud-ouest, certaines ouvertures anciennes, une cheminée monumentale
ainsi que l'escalier à vis. Les ouvertures extérieures ont été en revanche
largement repercées au XVIIIe siècle (élévation est et partie gauche de
l'élévation sud) et au XIXe siècle (partie droite de l'élévation sud). Les
portes-fenêtres desservaient sans doute une terrasse sur l'élévation sud. Le parti d'ensemble a été très modifié : le cadastre de 1828 présente ainsi
une aile parallèle à la route, flanquée de deux tours circulaires et au
nord-est de laquelle venait se greffer une aile en S, qualifiée de bâtiment
rural. L'ensemble dessinait une cour ouverte en direction de l'ouest :
l'accès se faisait par un portail en brique à l'ouest, dont les vestiges
sont désormais pris dans la végétation. Cette première aile des dépendances
a complètement disparu au XIXe siècle, sans doute au moment où la tour
sud-est a été entièrement reconstruite selon un plan rectangulaire. Des
nouvelles ailes de dépendances ont également été construites, à l'ouest et
au nord, dessinant un plan en U. Ces deux ailes sont désormais largement
ruinées et il ne reste du château en élévation que l'aile sud. D'après
Georges Barthes, celle-ci comptait deux niveaux au moment de la vente de
1823. Les niveaux intérieurs ont été l'objet d'une modification dont
témoigne notamment un élément de porte muré à l'ouest. Le niveau de la cour
a pour sa part été surélevé car l'accès primitif se faisait par un perron.
Le château est constitué de trois corps de bâtiment se déployant en U autour
d'une cour fermée à l'est pas un mur de clôture. Le corps de logis occupe
l'aile sud ; il est flanqué par deux tours, l'une circulaire à l'ouest,
l'autre rectangulaire à l'est qui abrite le pigeonnier de comble. Les deux
autres ailes sont constituées par des dépendances agricoles en partie
ruinées : une écurie, une grange une remise, des clapiers et un chai (dont
il reste une vis en métal et d'anciennes cuves bouchées). L'élévation
principale, au sud, a été l'objet de nombreuses modifications ce dont
témoigne l'hétérogénéité des ouvertures. Construite en maçonnerie de
moellons calcaire, elle a conservé la majorité de son enduit. Elle est
couronnée par une génoise à trois rangs. Sa partie gauche semble la plus
ancienne : elle compte deux ouvertures en arc segmentaire à encadrement en
pierre de taille sous lesquels prennent place deux ouvertures rectangulaires
à encadrement chanfreiné. Parmi les deux ouvertures du comble, l'une est le
fruit d'un remploi, l'autre a été refaite. La partie droite comporte trois
portes-fenêtres à l'étage, surmontées par trois fenêtres, toutes à arc
segmentaire mais ne dessinant pas des travées. Leur encadrement est en
brique et pierre. Le piédroit appareillé d'une ancienne ouverture est encore
visible entre les deux portes-fenêtres de gauche. Celles-ci ont toutes deux
conservé leur garde-corps en ferronnerie. Un petit jour chanfreiné se trouve
sous la porte-fenêtre de droite. Les deux élévations de la tour
rectangulaire sont interrompues en partie haute par la randière du
pigeonnier : elle est surmontée au sud par un oculus en brique, et à l'est
par des trous de boulin en brique. Deux ouvertures superposées à arc
segmentaire rythment chacune des deux élévations. En partie basse de
l'élévation sud, un petit jour chanfreiné est doté d'un élément de linteau
en remploi. Sur l'élévation est du château, trois travées réparties sur deux
niveaux ont des ouvertures en arc segmentaire identiques à celles de la
partie gauche de l'élévation sud. Le château se prolonge au nord par un mur
d'enceinte moins élevé que les bâtiments et percé par un large portail à arc
surbaissé à côté duquel prend place une porte piétonne. L'élévation ouest
est percée en symétrique d'un portail dont l'arc mouluré est en remploi.
L'élévation sur cour du corps de logis a conservé ses parties les plus
anciennes dans sa partie ouest où se trouvent plusieurs ouvertures
rectangulaires dont l'encadrement est chanfreiné. Une ouverture bouchée a
perdue sa partie basse après le rehaussement du niveau de la cour. Les
ouvertures à arc segmentaire se répartissent irrégulièrement sur la moitié
est. La porte-fenêtre est le résultat de l'agrandissement d'une fenêtre. La
porte d'accès au logis est surmontée par une imposte en plein-cintre que
somme une corniche saillante. L'aile ouest, dédiée aux activités agricoles
est construite en maçonnerie enduite couronnée par un bandeau à la chaux. Un
hangar au toit à un pan en tuile creuse et en tôle ondulée occupe une partie
de l'élévation nord où se trouve également un portail d'accès (ruiné). Les
montants d'un portail en brique se trouvent au nord-ouest du château à
proximité desquels des plantations régulières et la présence de buis
laissent supposer l'existence d'un parc aménagé. A l'intérieur, l'escalier
en vis occupe l'angle sud-ouest du logis où se trouvent également les
encadrements d'ouverture les plus anciens (en pierre de taille chanfreinée
ou en quart de rond). L'une de ces ouvertures est bouchée et a été
interrompue par la modification des niveaux. Cette partie de l'édifice
conserve également une cheminée monumentale en pierre de taille. La partie
est du logis a été l'objet d'un réaménagement au 19e siècle et conserve un
décor de gypseries et des cheminées en marbre. (2)
château de Linardié 81600 Senouillac, tel. 05 63 81 59 29 propriété de la
Ville de Gaillac, le château accueille une association qui le réhabilite en
le dédiant à l'art contemporain.
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