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La
terre de Tauriac, près de Montauban, fut portée dans la famille de Boyer par
Anne de Castanet de Tauriac, héritière de la branche aînée des Castanet, par
mariage en 1664. La famille de Boyer de Tauriac fut également propriétaire
du proche
château de Saint Urcisse, et les deux
demeures semblent destinées à être liées par des liens de famille puisque,
comme Saint-Urcisse, Tauriac appartient de nos jours à la famille de
Viviers. Restauré au XIXe siècle, mais de construction antérieure et
reconstruit apparemment durant le XVIIIe siècle, Tauriac se présente comme
un long bâtiment rectangulaire d’un seul étage, à sept travées. De part et
d’autre de la longue façade sont implantés deux pavillons en légère saillie
présentant la même hauteur et la même élévation que le corps central. La
seule animation de la façade est donnée par les bandeaux verticaux de brique
encadrant la porte d'entrée. Le décor de cette dernière où alternent brique
et pierre présente la même extrême sobriété que les autres ouvertures de la
façade, la seule différence résidant dans l’entablement plus élevé ou
alternent également brique et claveaux de pierre. Les fenêtres, quant à
elles, ont été laissées sans le moindre décor. Outre les sobres bandeaux de
brique encadrant la porte, on note sur les pavillons des chaînages d’angle
en brique permettant à cette façade d’échapper à la monotonie. Au niveau du
couronnement, la seule animation est donnée par un curieux petit fronton en
demi-cercle, pris dans l’attique aveugle courant le long des toitures et
tendant, en dissimulant celles-ci, à donner à Tauriac l’aspect d’une villa
italienne. Malheureusement, si la façade a reçu un bel enduit coloré,
l’attique présente par contraste un vilain aspect cimenté. À part ce détail,
cette façade rappelant à la fois la rigueur du Grand Siècle et toute la
grâce de la fin du XVIIIe siècle, fait de Tauriac un beau morceau
d’architecture.
Par son horizontalité toute classique, son élégance et sa sobriété, ce
château n’est pas sans rappeler le beau château de Saint-Urcisse, tout
proche. D'ailleurs, lorsque le châtelain de Saint-Urcisse, Legendre, se
trouva submergé par l’énormité de ses dépenses et dut vendre pour 80000
livres de terres et de meubles, il se souvint de son ami le marquis de
Tauriac et, enfin, en 1728, la fille de Guillaume Legendre vendit au marquis
le château de Saint-Urcisse et ses fiefs comprenant 1300 hectares. La façade
arrière présente la même disposition de sept travées et est flanquée de deux
avant-corps en très légère saillie et eux-mêmes marqués aux angles par les
beaux chaînages de brique que l’on notait sur la façade principale. De ce
côté-ci également un mur d’attique aveugle dissimule les toitures. La seule
différence réside dans la présence d’une tour engagée ronde animant la
travée centrale. Il est à noter que, les toitures mises à part, cette façade
arrière est strictement semblable à la façade arrière du
château de Fonlabour, près d’Albi, autre
château du courant du XVIIIe siècle, malheureusement figé par de mauvais
travaux réalisés au XIXe siècle. Bien que dénuée d’intérêt architectural,
cette façade arrière est intéressante car elle laisse apparaître derrière la
symétrie de son ordonnance les traces de fenêtres plus anciennes, remontant
certainement au XVIIe siècle et présentant d’un château primitif. (1)
château de Tauriac 81630 Tauriac, propriété privée, ne se visite pas.
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