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Château des Certeaux à Angles sur l'Anglin
 
 

      Le château des Certeaux, construit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, remplace un ancien logis noble signalé dès le XVIe siècle. Il est alors la propriété de la famille de Grailly, dont l'un des membres, Antoine de Grailly, est déjà signalé comme capitaine d'Angles en 1484. En 1520, Antoine de Grailly est dit "seigneur des Serteaux". En 1556, les enfants de François II du Plessis, seigneur des Grands Breux à Angles, sont sous curatelle de Joachim de Grailly, désigné comme seigneur des "Sarteaux". En 1610, François de Grailly est signalé à la fois comme seigneur de Chavanne et seigneur des Certeaux. L'évêque de Poitiers lui afferme le four banal d'Angles, qu'il a à charge de restaurer et d'entretenir. Il doit aussi prélever 1/16e des pâtes produites par les habitants d'Angles utilisant le four. Un nouveau bail est signé en 1613 avec le nouvel évêque, Henri-Louis Chasteigner de la Roche-Posay. En 1630 et 1639, deux nouveaux baux sont signés entre l'évêque et Joachim II de Grailly. Ce dernier est une nouvelle fois signalé en tant que seigneur "d'Esserteaux" en 1697. Entre la toute fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, le fief des "Serteaux" appartient à Hilaire Lhéritier et son épouse Marie Senné. La carte de Cassini, datée de 1765 ou 1766, révèle aussi l’emplacement du château. L'édifice aujourd'hui visible à Angles-sur-l'Anglin est probablement une reconstruction réalisée au dernier quart du XVIIIe siècle par le couple Jacques Pastoureau du Puynode et Anne Marie Pigier. Originaire d'Ambernac en Charente, les du Puynode y possèdent un château familial. C'est là que naît le premier fils du couple, Philippe, qui héritera des Certeaux après ses parents. Leur second fils, Charles, né quant à lui aux Certeaux en 1789, héritera La Merci-Dieu, ancienne abbaye cistercienne à La Roche-Posay, achetée par sa grand-mère maternelle lors de la vente des biens nationaux en 1791.

En 1813, les Certeaux sont habités par Philippe, sa mère, Anne Marie Pigier, ainsi que le maire d'Angles, Alexandre Fortuné Legrand et sa fille Alexandrine. À cette date, Philippe et Alexandrine se marient à Angles. La propriété passe ensuite de père en fils durant tout le XIXe siècle. Philippe du Puynode et sa femme donnent naissance à leur fils Charles Jules en 1819. Il épouse Marie de Vérines, qui lui donnera trois enfants: Marie, Fernand et Henri. Ce dernier fut maire d'Angles à la fin du XIXe siècle et hérite du château des Certeaux. Henri et son épouse, Marie Randon de Pully, resteront propriétaires jusqu'à leurs décès en 1913 et 1927. Leur chapelle funéraire est située au cimetière d'Angles-sur-l'Anglin. Ils eurent une fille unique qui décéda à 27 ans, sans enfants, en 1910. Le château passa donc dans la famille des descendants de Marie Pastoureau du Puynode, sœur d'Henri. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, les barons du Puynode ont eu une importance non négligeable sur l'histoire de la commune. Philippe Pastoureau du Puynode et son petit-fils Henri furent d'ailleurs maires d'Angles-sur-l'Anglin. À cette époque, la famille est à la tête de vingt-sept domaines agricoles, représentant 914 hectares au total. Ces terres sont cultivées par des métayers dont la plupart conserve la moitié des bénéfices issus de la ferme qu'ils habitent. Le seul domaine des Certeaux représente 101 hectares 50 ares, dont 62 hectares en terres labourables, 25 hectares en prairies et 6 hectares en vignes. Jusqu'au début du XXe siècle, le domaine du château est habité par une multitude de gens de maison, dont une dame de compagnie, une femme de chambres, une cuisinière, un cocher, un jardinier et une multitude de domestiques. Le jardin du château a subi quelques transformations depuis le début du XXe siècle.

Le château des Certeaux est bâti selon un plan rectangulaire et s'élève sur trois niveaux. Il présente une grande harmonie et une symétrie aussi bien à l'extérieur que dans la répartition des pièces intérieures. La façade principale, située au nord-est, est composée de cinq travées, réparties deux par deux de part et d'autre d'un axe central marqué par la porte et le balcon. Sur la façade sud-ouest, le bâtiment s'ouvre davantage vers l'extérieur pour capter la lumière : la façade est alors partagée en sept travées, elles aussi réparties de part et d'autre d'une porte centrale. Le décor des façades se limite au bossage marqué autour des deux portes principales et à une corniche moulurée. Un bandeau en pierre de taille marque la limite entre le rez-de-chaussée et l'étage. Les balcons, situés au-dessus des portes principales, présentent un garde-corps en ferronnerie. Seuls le soubassement, les pleins de travées, la corniche et le pourtour des ouvertures sont maçonnés en pierre de taille, le reste étant bâti en moellons calcaires. La toiture à longs pans brisée, ajourée par des lucarnes, est couverte d'ardoises et présente des épis de faîtage ouvragés en métal. À l'intérieur, la porte principale donne accès à un grand vestibule. Il délimite un axe de symétrie dans la répartition intérieure des pièces. L'escalier tournant, dont la rampe en ferronnerie a été conservée, permet d’accéder à l'étage depuis le grand vestibule. Ce dernier est prolongé au sud par un plus petit vestibule, muni d'une cheminée. Il sépare le salon ouest et le salon est, plus volumineux. Dans le salon est, la cheminée du 18e siècle et les décors végétaux du plafond sont encore en place. Le vestibule d'entrée conduit aussi à la cuisine, située dans la partie nord du château. Elle conserve sa cheminée et un solin de carreaux de terre cuite.

Le petit vestibule s'ouvre par une porte-fenêtre conduisant à la terrasse et aux pavillons. Ils sont implantés face à face et présentent les mêmes caractéristiques architecturales: une façade principale en pignon, une porte couverte en plein cintre, un œil-de-bœuf au niveau du toit et des épis de faîtage en métal. Le pavillon nord accueillait une serre, le pavillon sud une chapelle. Celle-ci présente encore un décor peint et des vitraux polychromes. Le tableau d'autel du XVIIIe siècle est une représentation de la Vierge à l'enfant lisant. L'autel néo-gothique date du XIXe siècle. Les dépendances agricoles sont situées au nord du domaine. Elles datent pour la plupart de la deuxième moitié du XIXe siècle, même si une partie d'entre elles est déjà visible sur le cadastre napoléonien de 1826, dont une grange-étable à nefs. Un puits muni d'un système de pompe est situé près de la cuisine. Le trop-plein du puits et les eaux usées de la cuisine sont évacuées par une rigole qui débouchait sur un bassin rectangulaire. Les cartes postales anciennes montrent aussi la présence d'une éolienne à proximité du château, qui a aujourd'hui disparu. La ferme dépendant du château est située au sud du domaine. Une partie des dépendances, visibles sur le cadastre de 1826, a disparu aujourd'hui. La partie d'habitation de la ferme et la grange forme un édifice de plan en "L". Le logement a été modifié au XXe siècle. (1)

château des Certeaux 86260 Angles sur l'Anglin, propriété privée, ne se visite pas, visible de la route.


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source des photos par satellite: https://www.google.fr/maps

 
 


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  source de l'historique : https://inventaire.nouvelle-aquitaine.fr/dossier/chateau/53eba6c1-45b6-4e4b-aabc-c5eceb8f09c2

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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