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Le fief de la
Maison Neuve est cité pour la première fois dès 1646 (Mayson neusve) dans
les archives de la commanderie de la Foucaudière (commune de
Senillé-Saint-Sauveur). Comme la plupart des fiefs de Leigné-les-Bois, il
dépendait probablement de la baronnie de Monthoiron. Les registres
paroissiaux de Leigné-les-Bois mentionnent la famille Du Montier en tant que
propriétaires de la "Maisonneuve" à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe
siècle. Cependant, de très nombreux manoirs de la Vienne s'appelant "la
Maison Neuve", il n'est pas certain qu'il s'agisse de l'édifice présenté
ici. En 1833, le bâtiment appartient à un certain Charles Massé, aussi
propriétaire des Potineaux à proximité du bourg. Il conserve la Maison Neuve
jusqu'en 1841. À cette date, elle passe aux mains de Joseph Fortin, médecin
à Châtellerault, qui fait reconstruire le logis entre 1842 et 1844. Il
réalise ensuite un agrandissement de l'édifice en 1855. Après son décès en
1862, son fils, Charles Fortin, hérite de la Maison Neuve. Né à
Châtellerault en 1818, il est maire de Leigné-les-Bois entre 1871 et 1884,
date de son décès. Fabricant de peaux mégissées et de gants à Paris, il
gagne deux médailles d’or aux expositions universelles de Paris en 1867 et
1878.
Avec son entreprise Fortin et Cie, il vend aussi de la laine, de
l'eau-de-vie, du vin, du grain et des denrées du pays. Il est aussi juge
consulaire au tribunal de commerce de Châtellerault de 1852 à 1860, et fait
chevalier de la Légion d’honneur en 1878. À la Maison Neuve, Charles Fortin
fait agrandir le logement à deux reprises, en 1868 et en 1875. Aux mêmes
dates, sur une parcelle de vigne située au sud de l'habitation, il fait
construire un logement et des dépendances pour loger le concierge. Entre
1883 et 1897, la Maison Neuve appartient à un certain Émile Bernard, puis à
Gilbert Bernard, probablement fils du précédent. Au début du XXe siècle, la
demeure appartient au général Jean Antoine Cottin. Général et commandeur de
la Légion d'honneur, il est né à Lancrans dans l'Ain le 4 juillet 1826. Il
meurt peu de temps avant la Première Guerre mondiale, le 13 avril 1914.
Pendant ce conflit, jusqu'au 12 juillet 1915, la Maison Neuve accueille un
hôpital temporaire de 21 lits. En 1927, la demeure appartenait à un certain
M. Delaveau.
La Maison Neuve est située à un peu moins d'un kilomètre au sud du bourg de
Leigné-les-Bois. La propriété est composée d'un grand logis, accompagné de
plusieurs dépendances accolées à l'ouest de l'habitation. Le logis est
construit en calcaire et couvert d'ardoises. Il est composé d'un corps de
bâtiment de plan rectangulaire, flanqué de deux pavillons en retour
d'équerre vers le nord. Ces pavillons, maçonnés en pierre de taille
calcaire, présentent des bandeaux de niveaux entre le rez-de-chaussée et
l'étage. Sur l'élévation nord, les ouvertures du rez-de-chaussée sont
couvertes d'arcs segmentaires et les fenêtres de l'étage de plates-bandes.
Les fenêtres de l'élévation sud sont elles aussi couvertes de plates-bandes.
Les lucarnes ajourant les combles sont couvertes d'arcs en plein cintre et
flanquées d'ailerons à volutes. Les toits des pavillons sont décorés de
crêtes de toit et d'épis de faîtage en zinc, surmontés de petites boules de
verre. Entre les deux pavillons, un espace vitré devait autrefois servir de
jardin d'hiver. Le sol est couvert de carreaux de ciment polychromes,
décorés de fleurons, d'étoiles et de rinceaux. À l'intérieur du corps de
logis principal, le salon est muni d'une cheminée en marbre. Dans le
pavillon occidental, un autre salon est accessible depuis l'ancien jardin
d'hiver. Il présente une cheminée en marbre, couverte d'un arc chantourné.
Le trumeau porte un miroir dont le cadre en bois est doré et sculpté de
feuilles. En partie haute, un décor peint prend place dans un cadre rond,
flanqué de guirlandes de fleurs en bois doré.
L'escalier tournant du logis est muni d'une rampe métallique couverte d'une
main courante en bois. À l'étage, plusieurs chambres sont dotées de
cheminées. L'une d'entre elles porte un tableau sur son trumeau. Cette copie
d'un original de William Bouguereau a probablement été réalisée au début du
XXe siècle par Ernest Pidoux. Vers l'ouest du logis, une ancienne habitation
devait loger les gens de maisons. Elle présente une cheminée en pierre et un
potager. Dans ce bâtiment, un escalier tournant en bois permet d'accéder aux
combles. Les dépendances sont accolées à cet ancien logement. Une partie du
bâtiment servait d'étable. Comme pour le logement, les combles servaient de
grenier. Dans le jardin situé au nord de la propriété, plusieurs arbres
remarquables sont visibles. À quelques dizaines du mètre du logis, un
bosquet a été planté à l'emplacement de l'ancien logis de la Maison Neuve,
détruit en 1842 par Joseph Fortin. Plusieurs pierres de taille de l'ancienne
construction sont encore visibles entre les arbres. Vers la limite nord du
jardin, un étang est alimenté par une source couverte par une rocaille. (1)
château de Maisonneuve 86450 Leigné-les-Bois, tel. 06 04 47 60 92 - 05 49 19
43 89, propose la location de chambres d'hôtes.
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source
de la photo par satellite:
https://www.google.fr/maps,
source des
deux photos
:
https://inventaire.nouvelle-aquitaine.fr
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