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Le château de plaine, campé à la lisière du bourg, a été
bâti pour François Aubert, président de la sénéchaussée en 1551, maire de
Poitiers treize ans plus tard. La seigneurie, attribuée en 1346 aux
Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, était entrée dans sa famille en
1509. Lui-même rend aveu en 1541. Le corps de logis, installé sur des
dépendances en sous-sol, se compose d'un pavillon à allure de donjon,
flanqué de deux ailes, dont l'une, au nord, est réduite à l'état de
carcasse. Isolée au sud, la fuie, de construction soignée, est couverte d'un
dôme percé de quatre lucarnes et coiffé d'un lanternon. Côté cour, le
pavillon est allégé aux angles par deux tourelles en encorbellement, dont
les consoles évoquent des mâchicoulis. La superposition des fenêtres,
demi-croisées réunies par un appui et un larmier communs, puis croisées à
meneaux, signale l'existence d'un escalier rampe-sur-rampe et d'une chambre
haute. La large porte, décalée par le départ de la première volée droite,
est encadrée de pilastres ioniques qui soutiennent un entablement et un
fronton triangulaire. Côté jardin, l'aile intacte, simple en profondeur et
ajourée de deux travées, a conservé une lucarne avec tableau accosté de
gaines, pilastres corinthiens encadrant la baie à meneau, fronton orné de
pots-à-feu. L'accès au jardin s'effectue par un escalier extérieur à deux
volées droites convergentes; le décor, de sensibilité maniériste, s'étend au
garde-corps, agrémenté d'un registre d'ovales, et aux baies sous-jacentes,
rampantes ou couvertes d'une plate-bande dont les claveaux coupent la base
d'un fronton.
La seconde campagne de construction incombe à Claude Duflos qui acquiert la
seigneurie en 1637 à la faveur d'un échange. Noble de fraîche date, poitevin
d'adoption, bourgeois du corps de ville en 1640, ce financier fortuné pourra
recevoir dignement l'intendant dans son château, qu'il agrandit de deux
ailes en retour. Dessinées par Bertrand Jardel, architecte pour le roi en
Poitou, elles sont peu élevées et quasiment indépendantes. Leur façade
s'ordonne en travées qui s'achèvent par des lucarnes en œil-de-bœuf. Un
décor de bonne facture est réservé à la porte, placée latéralement:
pilastres doriques, frise à métopes, fronton amorti d'une table accostée
d'ailerons en faible relief et sommée d'une corniche moulurée sur laquelle
repose une urne flamboyante. Au-dessus du linteau des fenêtres de l'étage
sont sculptées des guirlandes chargées de fruits et une tête d'ange à la
chevelure flottante. En avant des ailes sont disposés deux corps de communs
appuyés à des pavillons. A l'entrée, seule la porte piétonne nous est
parvenue en l'état. Construit pour l'essentiel en deux temps, le château est
un édifice dont les maîtres d'œuvre ont su intégrer ponctuellement les
innovations stylistiques. Librement interprétées, les citations des ordres
antiques sont empreintes d'une indéniable saveur vernaculaire. (1)
Éléments protégés MH: le château en totalité : inscription par arrêté du 18
février 1927.
château d'Avanton, 5 place de l'Eglise, 86170 Avanton, tél. 05 49 60 23
13, ouvert au public, visite libre des extérieurs toute l’année. Visite
partielle des intérieurs pour les groupes uniquement sur rendez vous.
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