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Installé à mi-pente d'un
vallon champêtre d'où jaillit une source aménagée en fontaine, ce petit
château a été relevé avec tact depuis peu. Héritier d'un premier "hostel
noble" que la guerre de Cent Ans a réduit à néant, il doit son double
visage, à la fois austère et séduisant, aux campagnes de construction qui se
sont succédé du XVe au XVIIIe siècle. Certains noms retiennent l'attention:
Thomas Suyreau, médecin ordinaire de Louis XI, Boisseguin, gouverneur de
Poitiers sous la Ligue, Jean de Reclus, maître d'hôtel de Louis XIV, ou
Isaac de La Cropte, comte de Sainte-Abre, à qui revient la construction
d'une terrasse en 1787. Progressivement complété mais aussi tronqué,
durement éprouvé au siècle dernier, puis laissé à l'abandon, l'édifice a
connu une histoire périlleuse pour son intégrité. En fait, par une sorte
d'état de grâce, il n'a pas été dénaturé. Le front d'entrée avec pont-levis
a disparu, mais subsistent l'ossature du bâtiment médiéval ainsi que des
tours de défense (celle du sud est encore imposante malgré son arasement).
Les ailes délimitant au nord une cour intérieure ont été en partie détruites
ou remaniées, mais la partie ouest conserve des mâchicoulis et d'étroites
fenêtres portant la marque du XVe siècle.
Le corps de logis s'articule autour d'une grande salle, abrite des escaliers
en vis, reçoit le jour de baies percées au gré des besoins de la
distribution intérieure. Une galerie à deux niveaux est adossée à l'aile
méridionale: trois grandes arcades en tiers-point, dont une faisant retour,
soutiennent une loggia avec balustrade et s'ouvrent sur une chapelle voûtée
d'une croisée d'ogives. Les arcs en accolade qui entourent la porte, les
baies latérales, les pinacles, les bagues formant chapiteau, participent
d'un style de transition, encore gothique mais proche de la Renaissance. La
période suivante procède à un rhabillage des élévations principales. La
porte de la façade nord, avec pilastres toscans, entablement et fronton
mouluré, est une adaptation vernaculaire des règles classiques. L'unité de
style est opérée par un comble à la Mansart pourvu de lucarnes en
œil-de-bœuf. Chaque baie ovale est accostée de volutes et surmontée d'un
fronton triangulaire que soulignent des vases décoratifs. L'ultime
embellissement incombe à la terrasse. Allégée par l'alternance des
garde-corps et des séries de balustres, elle donne une assise monumentale à
l'élévation sud, relie la galerie à la façade, érige le manoir en château de
plaisance. (1)
Éléments protégés MH: les façades et les toitures; les vestiges des tours
médiévales; la terrasse et son mur de soutènement avec balustrade :
inscription par arrêté du 15 septembre 1983.
château de Cibioux 86250 Surin, tél. 05 49 87 04 89, propose la location de
chambres, possibilité table d'hôtes. Ouvert au public du 1er mai au 30
septembre de 12h à 18h (fermé le mardi et le mercredi). Autres périodes sur
rendez-vous.
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constatez une erreur, contactez nous. Nous remercions chaleureusement
le propriétaire, M. Jean-claude Corbin, pour la photo qu'il nous a adressée
afin d'illustrer cette page. source
des photos par satellite:
https://www.google.fr/maps
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