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Cette demeure seigneuriale, qui tire
son nom (lat. planca, passerelle) du ruisseau voisin qui s'encaisse dans un
vallon boisé, a été élevée par Pierre Régnier, maire de Poitiers en 1516, et
ses descendants, puis restaurée quatre siècles plus tard par la famille
Aymer de La Chevalerie. Malgré sa rapide ascension sociale, accomplie sous
le règne de Louis XII, Pierre Régnier, docteur régent à la faculté de droit
puis lieutenant général de la sénéchaussée, limite ses ambitions à un corps
de logis rectangulaire, simple en profondeur, divisé en deux par un mur de
refend et plaqué contre une forte tour, peut-être préexistante. Cette
tour-escalier, surmontée d'une chambre haute chauffée, est accessible par
une porte en anse de panier, d'un bel effet décoratif avec son gâble
fleuronné et ses pinacles sur consoles sculptées (à droite, le
commanditaire, en chaperon et robe de magistrat, puise dans une aumônière
pour défrayer le maître d'œuvre qui tient un marteau). Dans un second temps,
son fils Louis procède à l'allongement du logis, augmenté d'une nouvelle
salle, d'une cuisine et d'une dépense (pièce de service) entresolée.
L'ancienne grande salle occupe désormais une position centrale. Les
cheminées monumentales sont adaptées à l'ampleur des pièces, longues de dix
mètres, larges de sept mètres et hautes de cinq mètres. Les croisées de
l'étage portent la marque de la première Renaissance, les culots des
larmiers à retour représentant un lion, meuble héraldique des Régnier, un
phénix couvant sa nichée sur un brasier ainsi que deux génies ailés.
Il appartenait au cadet, Elie, de construire à l'angle sud-ouest une tour
carrée ornée d'un petit cabinet en saillie accessible par une vis qui
complète le système de circulation. L'échauguette à dôme, d'une belle
stéréotomie, n'est pas le seul ornement de ce pavillon dont la porte
extérieure s'enrichit de pilastres classiques et d'un entablement décoré de
deux couronnes de lauriers enrubannés. Le contrat, passé à la fin de l'année
1559, mentionne la fourniture de 123 charretées de pierres de taille
extraites de la carrière de Chardonchamp, paroisse de Migné. Un état des
lieux dressé en 1656 décrit un bâtiment et des abords dégradés. Depuis, les
échauguettes accrochées au pignon nord ont disparu, ainsi que le
couronnement de la tour d'angle; l'autre pignon a reçu de nouvelles
ouvertures, et des lucarnes ont été ajoutées au début de ce siècle.
L'emplacement de la chapelle n'est plus repérable; les communs se limitent
désormais à l'écurie que surmonte un fenil pourvu d'une ouverture dont le
fronton mouluré est rehaussé de motifs d'amortissement. Terrasses ouvertes
sur le paysage, frondaisons et futaies dessinent le cadre de ce très beau
château de plaisance. (1)
Éléments protégés MH: la porte du XVIe siècle et la tourelle : inscription
par arrêté du 12 juin 1946.
château de la Planche
86370 Vivonne, propriété privée, ne se visite pas.
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