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Châteauguyon a appartenu à la famille Green (ou Grain)
de Saint-Marsaud, famille noble d'où sont issus les seigneurs de Parcoul de
1523 à 1796. D'après Callendreau, cette famille protestante et qui le resta,
serait d'origine anglaise; Bault Green aurait épousé sous Charles V,
l'héritière de la terre de Saint Marsauld en Périgord. En 1523 "Messires
François de Saint Marsault, chevalier, seigneur dudit lieu Millançay, ville
franche, ville brosse et villi, conseiller et chambellan du Roy notre sir,
sénéchal du Périgord" confesse que pour obéir au roi François Ier, il lui
cède ses terres et seigneuries susdites et reçoit en échange les terres et
seigneuries de Peudrix en Angoumois, Parcoul en Saintonge, avec droit de
justice, haute, moyenne et basse et quatre cents livres de rentes. Il devra
hommage au roi. Copie de cet acte fut faite en 1599 pour justification de
généalogie envers les commissaires du roi. On ne sait pas si en 1523
Châteauguyon est inclus dans la seigneurie de Parcoul. Mais, dès 1596 les
rentes des métairies de Sibard et Rebet situées dans Bazac et dépendant de
Châteauguyon, sont payées au seigneur de Parcoul par l'intermédiaire d'un
fermier dont le nom change souvent. Le 17 mars 1680, Messires Auguste Grain
de Saint Marsaud, baron de Parcoul afferme à Jacques Pacaud, maître
apothicaire, demeurant en la ville de Parcoul, son lieu noble de
Châteauguyon, avec ses métairies, les droits seigneuriaux et d'agriers, le
port et passage (sur la Dronne) y compris le droit de pêche, pour cinq
années et le prix de 625 livres. Jacques Pacaud doit aussi s'occuper de
faire tenir les foires et marchés à Parcoul.
Un autre bail daté de 1691 précise que la maison seigneuriale est comprise,
ainsi que le péage et que les bateaux (qui servent à passer la Dronne)
devront être goudronnés à la fin de la ferme, faite pour trois ans.
Châteauguyon, lieu noble a sans doute été habité par des seigneurs, mais aux
XVIIe et XVIIIe siècles, il n'est plus occupé que par le fermier des rentes
seigneuriales. À la Révolution, André Grain de Saint Marsaud n'émigre pas
mais il s'absente pour ses affaires pendant plusieurs mois; ses possessions
de Bazac sont alors mises sous séquestre et le bail adjugé au sieur
Desgraviers, fils du juge de paix de Chalais. Il lui faudra prouver qu'il
n'était pas émigré pour récupérer ses biens qui resteront propriété de la
famille de Saint Marsaud jusqu'en 1796. Puis Châteauguyon, comme Parcoul,
passe aux mains des de Lestranges par mariage, puis à Monsieur Frédéric de
Borros de Gamanson par mariage également, et par succession à la famille de
Martin de la Bastide. Avant 1914, Monsieur Girard grand-père de l'actuel
propriétaire acheta la propriété de Châteauguyon, ainsi que le château de
Parcoul et les métairies qui en dépendaient. Il revendit assez rapidement le
domaine de Parcoul aux Clermont mais conserva Châteauguyon et les propriétés
de Bazac.
A la limite de la Charente et de la Dordogne, tout près de la Dronne,
Château-Guyon est construit sur un terre-plein qui l'élève au-dessus des
crues de la rivière. Le bâtiment, à l'origine rectangulaire avec retour
d'équerre, est flanqué à l'angle extérieur d'une tour coiffée d'un toit en
poivrière recouvert de tuiles plates. Cette tour s'élève sur trois niveaux.
Le rez-de-chaussée comme à Magézir et à Saint-Cyprien, n'avait pas
d'ouvertures vers l'extérieur à l'origine. La porte qui existe actuellement
est postérieure à la construction. Le premier étage éclairé par trois
petites fenêtres communique avec le corps de logis et un bandeau ajouré de
petites arcades insérées entre deux cordons de pierre, ceinture joliment le
haut de la tour. Pour passer d'un niveau à l'autre il fallait utiliser des
trappes et des échelles. Le corps de logis a été remanié à plusieurs
époques. On a ajouté un bâtiment dans l'angle de l'équerre. Un bel évier de
pierre, pris dans l'épaisseur du mur, s'évacuerait maintenant à l'intérieur
d'une pièce si on s'en servait. Portes à plein cintre, cheminées de pierre à
manteau droit supporté par des corbeaux témoignent de l'ancienneté de la
demeure. L'une des cheminées comporte un four. La charpente présente un
détail curieux et peu courant, les fermes assez espacées (5 à 6 cm) reposent
sur des piliers de bois qui descendent jusqu'au sol et sont compromis dans
la maçonnerie. Ce serait une charpente anglaise. Les murs ont de 80 à 90 cm
d'épaisseur et sont formés de mœllons; calcaire et terre maçonne. Pierres
appareillées et linteaux monolithes des anciennes fenêtres, très petites,
sont également calcaire. Situé tout près de l'endroit où l'on traversait la
Dronne avec un bac, Château-Guyon était une dépendance du château de Parcoul
que l'on aperçoit sur l'autre rive, et avait sans doute une fonction de
surveillance. (1)
logis de Château-Guyon, Impasse du Moulin, 16210 Bazac, propriété privée, ne
se visite pas.
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