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En venant du lit du Bandiat,
Montgoumard nous montre une première facette qui est celle d'une
maison-forte avec un grand mur appareillé de solides mœllons, muni de
petites ouvertures de défense, d'archetières, et surtout d'une très belle
bretèche d'angle au nord-ouest. Dans la grande cour, le portail d'entrée
franchi, nous sommes en présence d'une demeure agréable par bien des
aspects. Fermé sur l'extérieur, souriant intra-muros, tel pourrait être
résumé le logis de Montgoumard de construction probablement fin XVIe siècle.
La première trace de Montgoumard nous est indirectement fournie par Edmond
Semenaud lorsqu'il nous apprend qu'en 1598, Antoine Martin, sieur de
Montgoumard, marchand et bourgeois d'Angoulême est possesseur d'un fief "Le
puy français" dans la paroisse d'Anais. Sommes-nous en présence du
bâtisseur? Le 27 mars 1650, Jacques de Mergey, écuyer, demeure "au lieu
noble de Montgoumard". Egalement au XVIIe siècle, nous voyons apparaître une
troisième famille dans la maison-forteresse: les Couraudin, bourgeois
anoblis, huguenots, fervents adeptes de la religion prétendue réformée de La
Rochefoucauld qui abjureront pour se faire catholiques, mais le cas n'est
pas isolé... François de Couraudin, écuyer, seigneur de Montgoumard sera
suivi d'Hélie de Couraudin, probablement son fils sur la paroisse de plein
exercice de Montgoumard. Ils descendent probablement d'un Léonard Couraudin
(sans particule), Maître de Forge à Pierre Pansue prés Montbron au XVIe
siècle.
Le XVIIIe siècle est marqué par une troisième famille: les du Lau, fort
connue dans la contrée. Ainsi, pour mémoire, signalons l'avant-gardiste
Louis du Lau, qui eut des démêlés avec le curé Mariette. Offusqué par les
déclarations tapageuses du prélat, il portera plainte contre lui en 1768.
Co-scigneur de l'Age-Bâton et du Bunzac, en Juillet 1773, Louis du Lau,
"Seigneur de Montgoumard se trouve être le seul paroissien à accepter l'idée
de jeter un pont sur le Bandiat"; il est aisé de deviner le travail obscur
et mené en sens diamétralement opposé par l'abbé Mariette. Il faut voir
également que la démarche du paroissien n'est pas complètement désintéressée
puisqu'il possède le tout proche moulin et que le passage du gué le
désenclaverait puisque le Bandiat l'isole de la paroisse de Bunzac.
L'arpentement de 1791 nous confirme que la "terre nommée du moulin"
contenant 2 journaux 125 carreaux et le moulin appartiennent bien à Monsieur
de Montgoumard: "Moulin a deux roues, une a bled et l'âutre a huile, herraud
et jardin à idem (Mr de Montgoumard) tenant d'un costé au Levant, a Lecluse
et conduit au moulin a huile, d'un bout au Nord a la Rivière du Bandiat,
d'autre costé a l'Ecluse du moulin a Bled a gauche en entrant dans le dit
moulin, et d'autre bout à la Rivière du Bandiat, contenant quatorzes carraux
a Monsieur de Montgoumard". Deux mots supplémentaires pour dire qu'à la
lumière de ce document l'appellation "de Montgoumard" nous semble plus juste
que "de trotte-renard" quelquefois utilisée. Nous retrouverons les du Lau,
propriétaires du logis des Maisonnettes, maire de Brie au XIXe siècle ainsi
que le comte et la comtesse du Lau au bal du 10 octobre 1852, lors de la
venue du Prince Président Louis Napoléon à Angoulême. (1)
logis de Montgoumard 16110 Bunzac, propriété privée, ne se visite pas.
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