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La famille des Dallogny
(ou d'Allogny au XVIIe siècle) a possédé le fief du May (de May, des Demet).
Cette famille, une des plus anciennes du Poitou, est arrivée en Périgord par
mariage, en 1605, de François d'Allogny, chevalier, seigneur de Beaulieu
avec Charlotte de la Porte, dame de Puy-Saint-Astier (Dordogne). En 1641,
une autre Charlotte de la Porte a acquis des domaines dépendant du village
de la Route, situé près du May et les apporte à son second mari, le sieur
Dallogny, seigneur de Bonneval. Un autre François Dallogny est sieur "des
Demets" à la fin du XVIIee siècle et au début du XVIIIe. On trouvera sa
signature comme parrain ou témoin de mariage dans les registres paroissiaux
de Curac, Chalais, Sainte-Marie depuis 1687. Il est probable qu'il n'habite
pas au lieu des Demets d'une manière permanente. En 1698, il achète, à
Chalais, une maison située dans la haute ville, près du château. Néanmoins
il s'occupe de ses domaines et fait de nombreux prêts. Le logis du May est
acquis, le 10 septembre 1756, par Louis Dupont Duchambon, militaire de
carrière, originaire de Sérignac, ancien commandant de l'Isle Royale
(Guyanne) ayant également séjourné à Louisbourg (Canada) et revenu en son
pays à la fin de sa vie. Il a acheté le domaine à dame Marie-Françoise de
Calvimon, veuve de Henry de Durfort, Comte de Civrac (paroisse de
Lamothe-Montravel. Périgord). Il séjourne au May avec deux de ses filles et
une petite fille Marguerite Decoux qui a perdu ses parents. Il décède le 22
août 1775 à l'âge de 95 ans.
A sa mort ses héritiers font un inventaire. Celui-ci témoigne d'une certaine
aisance: abondante vaisselle de porcelaine, argenterie aux armes de la
famille, tapisseries de Bergame, de toile peinte au point de Hongrie, linge
de table de toile fine ouvrée. Il y a aussi cinq malles de voyage
recouvertes de peaux et doublées de toile. On trouve également, c'est rare à
l'époque, 16 livres traitant surtout de morale et de religion, un psautier
et le livre général des postes de France. Puis c'est le sieur Antoine Joseph
Caulier, écuyer, ancien officier de cavalerie, natif de Bousies en Hainaut,
qui réside au May. Il a épousé, peu avant 1774, Jeanne Martin de Châteauroy,
veuve de Pierre Nicolas de Lamballerie. Il est exempt de la maréchaussée de
Chalais. Il a été l'exécuteur testamentaire de Marguerite Decoux,
petite-fille de Louis Dupont Duchambon, dernière de la famille à habiter Le
May et il a racheté la part d'héritage de Jeanne Anne Decoux, soeur de
Marguerite. Il décède au May en 1786. Son épouse décédera à Chalais en 1797.
Monsieur Gabriel, Sylvestre Gadrat-Peuchaud, lieutenant colonel de
cavalerie, propriétaire du May, y décède à l'âge de 52 ans le 27 août 1841.
Sa femme, Marie-Jeanne Ogier des Gentils décédée à Sainte-Marie en 1859 à 58
ans est également enterrée dans le cimetière de Curac. Leur fille Demoiselle
Antoinette Gadrat-Peuchaud épouse à Curac, le 29 mars 1842, Monsieur Jules
Fortuné Magdelaine Navarre, 34 ans, receveur de l'enregistrement des
domaines, fils de Monsieur Pierre Navarre, ingénieur en chef du canal de
Briare et de dame Jeanne Frichou Lamaurine, demeurant à Briare (Loiret).
Jusqu'en 1888, Le May reste la propriété de Monsieur Navarre puis de sa
fille épouse Brouzet.
Non loin du bourg de Curac, dans une région boisée, le logis du May est
constitué d'un corps d'habitation rectangulaire avec étage et grenier,
auquel s'adosse un grand pavillon dont le toit à la Mansard percé de
lucarnes rectangulaires est recouvert d'ardoises. Ce toit a été refait au
début du XXe siècle. Auparavant, le haut servait de pigeonnier. On pénètre à
l'intérieur de la cour par un portail dont la porte piétonne et la porte
cochère sont encadrées de pilastres simples. De chaque côté des meurtrières
à fusillade témoignent que le bâtiment fut édifié en des temps difficiles
(début du XVIIe siècle). Dans le jardin, côté ouest, un joli petit pavillon
carré est couvert de tuiles écailles. Le logis a été restauré au XIXe
siècle, surtout le corps de bâtiment principal. Il reste de la construction
précédente un long couloir carrelé qui desservait les pièces au
rez-de-chaussée, du côté ouest. On a accolé à ce mur ancien un corps de
bâtiment en appentis après avoir démoli l'aile étroite parallèle au logis.
Les matériaux de celle-ci ont probablement servi à construire les
dépendances qui existent aujourd'hui à la limite ouest de la cour de ferme.
Un grand jardin, prolongé par le verger, dont l'entrée à l'est, s'agrémente
de magnifiques arbres, forme avec la maison, un ensemble des plus agréables.
Une aile en retour d'équerre est l'ancien bâtiment qui abritait les communs.
Son toit à long pan et demi-croupe est recouvert de tuiles creuses. (1)
logis du May 16210 Curac, propriété privée, ne se visite pas.
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