|
Les seigneurs de Chalonne de 1272 à 1530 cumulent
les fiefs du Grand-Chalonne, sur le Gond-Pontouvre, et du Petit-Chalonne,
sur Fléac. Jusqu'en 1453, ces seigneurs sont de la riche famille des Sardain.
Ce sont eux qui, les premiers y construisent un logis, bien avant la Guerre
de Cent-Ans, cette grande coupure de la fin du Moyen-Âge. Au milieu du XVe
siècle, il est question de "réédifier" le manoir. Un bourgeois, marchand à
Angoulême, avec son argent, sera l'homme de la situation. Par une baillette
de 1468, Louis de Morlaix et son gendre Guillon attribuent à Micheaud
Motgeon et ses héritiers, "l'hôtel, coulombier, gardones, garenne, maines,
murailles, vergiers, chirons, terres et lieux du Petit-Chalonne, tant pour
eux que pour bâtir, réédifier, gouverner, entretenir le logis et les
terres". Vers 1530, c'est un de ses héritiers, Jean de Montgeon, qui achète
le titre de seigneur du Petit-Chalonne ainsi qué de nombreuses terres sur
Fléac. Ce Jean de Montgeon publie vers 1520, un "alphabet de l'art militaire
avec ordonnances du roi sur le règlement de l'infanterie", pour servir de
manuel aux officiers et soldats; il fut très répandu. A sa manière, ce riche
marchand d'Angoulême, devenu aristocrate et écrivain militaire, contribue à
la Renaissance et au mouvement des idées qui marquent l'Angoumois dans la
première moitié du XVIe siècle. Cet élan fut vite stoppé.
Un acte postérieur, stipule que le manoir fut pillé par les Protestants, fin
XVIe siècle. En 1602, le Petit-Chalonne change de mains, pour le prix de
7050 livres. En fait, les nouveaux seigneurs (successivement Thinon,
Duchesne puis Saint-Astier) n'y résident pas. Le logis sert de ferme et
menace ruine. Un procès-verbal de 1675 nous renseigne sur l'état des lieux:
la muraille qui borde et soutient le jardin du côté de la Charente est prête
à tomber, ce qui peut entraîner le jardin dans le lit de la rivière, "la
grande galerie quy a sa veue du costé de la Charente est en très mauvais
estat, les murailles d'icelles étant toutes penchantes, fendues et
crevassées". On apprend également l'existence d'un colombier, à l'entrée du
logis, d'un grand four, d'une borderie... En 1736, François du Verdier,
prêtre, achète le fief pour 14500 livres. L'année suivante, il devient
évêque d'Angoulême, jusqu'à son décès en 1753. Il ne semble pas que ce soit
à lui que l'on doive la reconstruction du logis, mais plutôt à son
successeur à Chalonne, le marquis de Montalembert, le fondateur de la
fonderie de Ruelle. Vers 1763-67, il y fait de gros travaux. En 1965,
l'explosion de la poudrerie nationale, située en contrebas a provoqué des
fissures qui "menacent la solidité du bâtiment".
Décrire Chalonne, c'est d'abord dire un mot de son panorama, "un des plus
beaux de Charente" selon Martin-Buchey. La Charente est aux pieds de ses
jardins et terrasses quasiment suspendue. En vis-à-vis, la ville
d'Angoulême. Une allée de charmes plus que centenaire, conduit à une cour
fermée par trois ailes de bâtiment. On y accède par un porche, dans celle du
nord, dont une muraille fait plus de deux mètres d'épaisseur (peut-être un
vestige médiéval). Cette aile nord sert aux servitudes. En face, celle du
sud, a un logement de fonction, largement remanié au XXe siècle. L'une et
l'autre de ces deux ailes se terminent par un pigeonnier carré, reliés par
une grille en fer forgé. Le corps de logis occupe donc l'Est. Il n'a qu'un
étage, mais son rez-de-chaussée est un peu surélevé pour les caves. Une tour
ronde, avec son toit conique, et ses petites fenêtres carrées à chanfrein
occupe l'extrémité gauche de cette maison d'habitation, en donnant sur la
cour. Si le logis est du XVIIIe siècle, cette tour est plus ancienne,
sûrement de la fin du XVe siècle, souvenir du castel précédent. La façade
Est de la maison, celle qui bénéficie de la vue, est la plus intéressante.
Elle est à pierre de taille avec un bandeau à corniche qui court sous les
fenêtres, toutes à plein cintre, de l'étage. Au devant, une terrasse à
bossages avec balustrade classique et ses deux rampes d'escalier. (1)
logis de Chalonne, rue Sainte-Barbe, 16730
Fléac, propriété de la commune.
Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents
concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire de cet édifice, vous
pouvez enrichir notre base de données en nous adressant des photos pour illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
de la Charente" tous les châteaux répertoriés à ce
jour dans ce département. |
|