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La
seigneurie, assez importante, s'étendait sur Orival et la Borde en
Saintonge: fief qui fut acheté en 1668 à Adrien Blaise de Talleyrand, prince
de Chalais. Depuis le début du XVIIe siècle et jusqu'après la Révolution
châteauroy appartint à la famille de Martin qui fut anoblie par Henri IV en
1601 pour services rendus à la couronne, en la personne de Jacques Martin,
gentilhomme ordinaire de la maison du prince de Condé, capitaine et
commandant d'une compagnie de gens de pied pour le service du Roi. Ses deux
fils seront successivement seigneurs de Châteauroy: l'aîné, Gabriel (aide de
camp et capitaine du duc d'Epernon en 1639) décède prématurément semble-t-il
en 1641; son frère Jean fait, lui aussi, une carrière militaire. Il fut
capitaine d'une compagnie de chevau-légers en Catalogne, conseiller du Roi
et son maître d'hôtel en 1649, maréchal de bataille en l'armée de Catalogne
et gouverneur de la ville de Palamos sous Louis XIV. Si François Martin,
fils de Jean, contrairement à ses ancêtres, resta toute sa vie sur ses
terres de Châteauroy, ses trois fils et trois petits-fils continuèrent la
tradition familiale et furent reçus aux gardes du corps du Roi (sous Louis
XV et Louis XVI). Une des petites filles de François, née en 1742 à Orival,
et dont le père avait été lieutenant au régiment de Beauvaisis, fut reçue le
27 juillet 1753 comme demoiselle de Saint-Cyr après avoir fait preuve de sa
noblesse. En 1789 Mr Jean Martin de Château-Roy est convoqué à l'assemblée
de la noblesse d'Angoumois pour son fief de Châteauroy. Il est toujours
vivant le 24 nivôse de l'an VII et demeure à Châteauroy. Plus tard le
domaine appartient à M. Parenteau et ses descendants qui le garderont
jusqu'après la dernière guerre.
Situés sur un coteau, les vastes bâtiments de Châteauroy entourent une cour
fermée à laquelle on accédait autrefois par un portail, aujourd'hui démoli,
comprenant porte cochère et porte piétonne. Le corps de logis avec aile en
retour d'équerre se prolongeant par les communs et les dépendances est
flanqué à l'angle sud-ouest d'une tourelle circulaire en saillie se
terminant par un cul-de-lampe. Celle-ci, éclairée par de petites ouvertures
rectangulaires, contient un escalier à vis en pierre, assez étroit, qui
conduit sous les combles et au sous-sol. Elle est malheureusement dérasée et
a perdu son toit primitif en forme de cône. A l'angle sud-est, et inclus
dans les communs, un petit pigeonnier est surmonté d'un joli toit à quatre
pans recouverts de tuiles plates. La tuile creuse règne sur toutes les
autres toitures sauf sur le vieil auvent à trois pans qui abrite le perron
de pierre et qui est lui aussi recouvert de tuiles plates. Par celui-ci, on
accède à l'intérieur du logis, dans une longue et large galerie qui
communique à l'est avec le jardin et qui, autrefois, était éclairée par de
très hautes fenêtres, datant vraisemblablement du XVIIIe siècle, mais qui
furent en partie obturées au XIXe siècle. Quelques marches conduisent à deux
grandes salles qui se trouvent être au premier étage du côté du nord. En
sous-sol, deux autres pièces pourvues de bastes cheminées à haut manteau de
pierre permettent de faire remonter la construction du logis au moins au
XVIe siècle. Devant l'évier encastré dans l'épaisseur du mur, et de très
belles proportions, restent quelques mètres carrés d'un antique pavage
constitué de gros pavés cubiques en calcaire dur. Sous l'aile est, on
pénètre dans une cave, voûtée comme la petite pièce attenante, les deux
prenant jour par des soupiraux. Dans les communs, une très vieille porte à
plein cintre, encadrée de deux petites fenêtres à linteau monolithe et
munies de carreaux, porte une date illisible. Les murs sont de moellons
calcaire et de terre maçonne, sauf la tourelle bâtie en pierre (gros
appareil). Ce fut sans doute une agréable demeure, avec sa grande cour au
midi, son jardin à l'est et ses larges ouvertures. (1)
logis de Châteauroy 16210 Orival, propriété privée, ne se visite pas,
visible de la route.
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