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D'après
l'acte de vente de 1776, la seigneurie de Fléac dépendait à la fois des
seigneurs d'Ardennes et de Fléac, relevant des premiers au devoir d'une
agrière et des seconds pour tout le surplus qui était noble, à simple foi et
hommage au devoir d'un épervier ou de 5 sols. Il est possible de connaître
l'origine de la seigneurie grâce à l'inventaire de ses titres dressé par
Robert Colle, il y a quelques années. À l'origine, il s'agissait d'une
métairie appartenant à Jean de Ballode, écuyer, seigneur d'Ardennes, lequel
l'échangea contre certains autres biens appartenant à Joachim de Serville,
le 4 novembre 1481. Le 1er octobre 1520, son fils, aussi prénommé Joachim,
obtint l'anoblissement de son bien des Forges d'Hélie de Pollignac, écuyer,
seigneur de Fléac. De son mariage avec Jeanne de Tartarin il n'eut point
d'enfant. Celle-ci, selon le testament qu'il fit en 1539, recueillit tous
ses biens après sa mort; biens qu'elle transmit à son nouvel époux Jean de
Guillocher. La Jamille Guillocher restera maître des lieux pendant plus de
deux cents ans. En 1654, Pierre Puyguyon devint fermier de la terre des
Forges. L'année suivante, le 27 mai, Jean de Guillocher, seigneur des
Forges, étant décédé, ses biens furent partagés entre ses enfants,
Alexandre, Charles et Jacquette de Guillocher. Le logis noble revint à
Alexandre qui dut emprunter à Pierre Puyguyon pour faire restaurer la
toiture de sa demeure. Très vite des contestations à propos de ce prêt
s'élevèrent entre les deux hommes, puis, à la mort d'Alexandre de Guillocher
survenue en 1682, entre sa veuve, Ysabeau de Carmeleil et Pierre Puyguyon,
devenu procureur d'office.
Finalement, ce n'est qu'en 1723 qu'une solution fut trouvée, suite à une
transaction passée entre Pierre Lambert, représentant Pierre Puyguyon et
Joseph et Jean de Guillocher, frères, habitant la paroisse de
Saint-Christoly en Blayais. Pierre Lambert s'engageait à leur délaisser la
maison noble des Forges, qu'il occupait conformément à un arrêt du parlement
de Bordeaux rendu quelques jours avant. La dernière représentante de la
famille Guillocher, Marie, héritière de son frère Joseph, mort ab intesta,
vendit par contrat passé à Bordeaux, le 19 juillet 1776, pour 29000 livres,
sa maison noble des Forges "consistant en deux corps de bâtiments séparés
l'un appelé Les Forges de Fléac et l'autre Les Forges d'Ardennes", située
sur la paroisse de Fléac en Saintonge, à David Raboteau, demeurant au
Cap-Français, à Saint-Domingue, domicilié à Bordeaux, aux Chartrons. Au
début du XIXe siècle, Les Forges passèrent aux mains de la famille Pandin de
Lussaudière, dont les descendants en sont encore propriétaires. On découvre
le logis des Forges après avoir franchi une porte cochère à couvrement
surmontée de boules décoratives qui semble remonter au XVIIe siècle. En fond
de cour se trouve le corps de logis pour le maître dont les façades ont été
remontées au XIXe siècle. Au centre, se dresse une tour d'escalier
polygonale couverte d'ardoise, dont la partie supérieure semble aussi avoir
subi quelques modifications. L'arrachement d'un mur, au rez-de-chaussée,
fait penser qu'elle devait se situer à l'origine dans l'angle formé par deux
corps de bâtiments en équerre. Incontestablement, l'élément le plus
remarquable est sa porte d'entrée avec moulures prismatiques, arc en
accolade orné de choux et pinacles. Ce décor n'est pas sans évoquer celui de
l'église de Fléac, et ne remonte sans doute pas au-delà de 1520, date
d'anoblissement du lieu des Forges. (1)
logis des Forges 17800 Fléac-sur-Seugne, propriété privée, ne se visite pas.
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