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Isolé en plein bois, au milieu d'une petite
clairière, le logis de la Chrétignère anciennement appelé la Crestnière, est
une charmante construction dans un site particulièrement préservé. Au début
du XXVIIe siècle, la terre appartenait à un puissant personnage, Joachim de
Chaumont, seigneur châtelain de Ribemont, de Mornay, des Morinières, de La
Chrestignière et en partie de la baronnie du Cluzeau. Quelques années plus
tard, elle était à de noble homme René Pépin, conseiller du Roi, élu en
l'élection de Saint-Jean-d'Angély. Le 24 avril 1636, Anibal de La Trémoille,
seigneur de Marsilly, gouverneur du château de Taillebourg, agissant au nom
du comte de Taillebourg, l'autorisa à faire construire, "au lieu de La
Crestinière qu'il tient à rente de la seigneurie de Taillebourg, un
colombier de 15 à 16 pieds en carré (c'est à dire de superficie) à la charge
d'une paire de pigeonnaux ou de 3 sols pour la valeur à porter au château de
Taillebourg, tous les ans, à titre de redevance". La famille Pépin resta
propriétaire du logis jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Le dernier
représentant, Sébastien Pépin, conseiller du Roi, premier assesseur civil et
criminel en la sénéchaussée, n'eut qu'un fils mort jeune en 1741, et laissa
pour héritiers Joseph de Bonnegens, président au siège royal de
Saint-Jean-d'Angély, seigneur du Cluzeau et de Bignay, fils d'Hélie de
Bonnegens et de Marie Pépin, et les enfants de Charles-Nicolas de Lastre,
chevalier, seigneur de Bouchereau, de La Touche-Marteau et de Fief-Brun et
de Marie-Anne Pépin. C'est à Joseph de Bonnegens que revint le logis de La
Crestinière.
À son tour, il mourut sans postérité, en 1780, laissant d'importants biens:
la terre, seigneurie et baronnie du Cluzeau-Bignay, le domaine roturier de
La Varenne, le logis de La Crestinière et le petit fief de La Madeleine,
paroisse de Courcelles. Après partage passé entre ses très nombreux
héritiers, la baronnie du Cluzeau-Bignay (ainsi que la terre de La
Crestinière qui lui avait été annexée) échut à Charles-François de Lastre,
chevalier, seigneur de Bouchereau, lequel, dès après qu'il eût racheté les
parts de ses co-héritiers, s'empressa de vendre sur pied les bois taillis et
de futaie du domaine de La Crestinière. La plus grande partie du domaine
étant située en zone boisée, il réussit à tirer 50 000 livres, pour la vente
des bois de futaie, et 56 000 livres pour les bois taillis, ce qui lui
permit de payer une grande partie des parts rachetées à ses co-héritiers.
Charles-François de Lastre semble avoir été le dernier seigneur de La
Crestinière. Longtemps abandonné, le logis a été racheté à la fin du XXe
siècle et sauvé de la ruine par une restauration opiniâtre. On pénètre dans
la cour du logis par une élégante porte cochère à couvrement accompagnée par
une petite porte cochère et une porte aveugle. Le logis, entouré de
dépendances, est une petite demeure en fond de cour, entre cour et jardin,
qui tire quelque effet de sa haute toiture à deux pentes recouverte de
tuiles plates. Une simple porte à fronton portant la date de 1688, anime le
centre de la façade sur cour. La simplicité et le dépouillement des
bâtiments confère un charme austère à cette demeure qu'amplifie le cadre
mystérieux de la clairière abritant le logis. (1)
logis de la Chrétignière 17350 Grandjean, propriété privée, ne se visite
pas.
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