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Logis d'origine inconnue,
probablement bâti à la fin du XVIe siècle ou dans la première moitié du
XVIIe siècle. Dans les visites de 1731 et 1826, il est appelé le Logis
d'Angle. Cependant, nous connaissons plusieurs seigneurs qui portent ce nom:
Jacques Suyrot, sieur d'Angles en 1667; Pierre Suyrot, écuyer, sieur
d'Angle, y demeurant, 7 avril 1682; le 12 novembre 1715, à la suite du décès
de son frère Gabriel en janvier et d'une transaction avec Suzanne Louveau,
sa veuve, du 18 février, un état des lieux est fait de différents biens
immobiliers qui font partie de l'héritage de Pierre, notamment d'une maison
au bourg de Celles, délaissée à Susanne Louveau, veuve de Gabriel. Visite du
12-15 novembre 1715: "transportez dans la maison audit bourg de Celles dans
laquelle le sieur de Lautremont (Pierre Suyrot) est fondé pour un quart et
les trois autres quarts appartenant audit deffunt sieur du Breuil (Gabriel
Suyrot) où estant avons visitté la porte principalle entrée de ladite
maison. La chambre est pavé à grands carreaux de pierre en bon estat; la
cheminée en assé bon estat exepté le foyer où il convient de faire un peu
racommoder; les deux fenestres sur la rue soutenues, en estat passable; il y
a dans le mur desdites fenestres un grillon de ferq plat. Plus la porte de
la boutique, l'ouverture de la boutique est fermant à deux avec un aissieu;
les deux fenestres sont en assé bon estat et la porte du milieu n'est point
attachée et en mauvais estat; il y a une fenestre dans le mur. La porte
entre l'escallier et la susditte chambre est soutenue.
La porte de la chambre à costé de l'escallier est soutenue; l'esguier est en
assé bon estat et au desus est une petitte fenestre sans estre attachée; la
cheminée en estat passable; les deux fenestres de ladite chambre sont
soutenues de fiches; il y en a une quy a un casdre garny de deux tarjettes
et la vitre est sans cadre, le tout en estat passable; la porte de la
chambre pour entre dans la cour est soutenue; ladite chambre est pavée à
grand carraux en assé bon estat. La cour est en estat passable; le mur de la
cour du costé est ruiné et renversé. Il y a à costé de laditte cour un petit
toit sans couverture en mauvais estat, la porte est soutenue. Le jardin est
renfermé de maisons quy appartiennent au sieur Lambert et de murs à pierre
sèche; il y a un costé dudit mur quy menace ruine; la porte dudit jardin est
en mauvais estat. Dudit lieu nous avons retournés dans l'escallier quy est
de pierre est à vis; il y a une fenestre et son cadre soutenue. La porte de
la première chambre haute est soutenue; la fenestre est une croizée de
pierre fermant à quatre fenêtres en assé bon estat; la petitte fenestre à
costé; la cheminée en bon estat fors le foyer quy a bezoin d'estre racommodé;
le plancher en bon estat. La porte de la chambre de derrière est garnye; l'esguier
est garny d'une aisse en assé bon estat; le plancher en bon estat ; la
cheminée en bon estat exepté le bas et le foyer; la fenestre de la cour est
garnye d'un chassy; le dessus de laditte fenestre est garny d'un cadre. Il y
a une fenestre dans l'escallier sans fermeture. La porte du grenier est
soutenue; le plancher est en estat passable et a besoin d'estre relevé; la
fenestre sur la rue est sans fermeture aussy bien que de ceux du grenier; la
cherpante est en bon estat, il y manque de lattes en plusieurs endroits
qu'il convient de remettre en faisant recouvrir. Le palier de desous
l'escalier en assé bon estat. Les murs sont en assé bon estat exepté que
celuy de devant a besoin d'estre enduit et celluy du costé du sieur Boisneuf
est uzé...".
Le 21 mai 1731, Charles Gourjault, et Gabrielle Suyrot, son épouse,
afferment le logis d'Angle, situé à Celles, à Antoine Boiffard, notaire
royal, et son épouse; le 13 juin suivant a eu lieu la visite de ce logis
noble. Alexandre Gourjault, chevalier, seigneur d'Angle, la Niortière, la
Villebeurre, Bessé; les 23 mars 1760 et 21 avril 1774 il est dit demeurant
dans son logis de la Niortière, paroisse de St-Martin d'Enjambes (Lusignan);
seigneur d'Angle-le-Bessay. Le Dictionnaire de Beauchet-Filleau énumère ces
membres de la famille Suyrot dans la branche des Champs. On y apprend que
Gabrielle, fille de Pierre, épousa en 1705 Charles Gourjault, sieur de
Cerné. Ces renseignements permettent d'affirmer que le logis d'Angle a été
bâti avant 1682, probablement à la fin du XVIe ou dans la première moitié du
XVIIe siècle. La visite de 1715 pose les problèmes suivants: il ne s'agit
pas du logis en fond de cour, identifié par ses tourelles. Il s'agit d'un
état des lieux d'une partie de la propriété où demeure un certain Jacques
Martin poêlier. Cette partie, sur rue, comprend une grande chambre pavée à
grands carreaux de pierre, une boutique, une autre chambre pavée à côté de
l'escalier à vis avec un évier, un bout de cour, une chambre haute, une
chambre de derrière, et un grenier. La description permet d'émettre
l'hypothèse qu'il pourrait s'agir ici du "vieux" logis: présence d'un
escalier à vis, chambres pavées à grands carreaux. Le fait que les foyers
des cheminées aient besoin d'être raccommodés indique la vétusté du gros
oeuvre. Cette partie de l'ensemble a probablement été démolie à une date
inconnue.
La visite de 1731 amène les observations suivantes: le logis, situé en fond
de cour, était simple en profondeur et possédait un étage carré et un
grenier. La description énumère deux pièces, une salle basse principale
pourvue d'une cheminée et une cuisine équipée d'une cheminée et d'un potager
"auprès" à trois fourneaux. On peut remarquer ici que dans les plus vieux
logis le potager est situé à l'intérieur de la cheminée et que les sources
ne mentionnent cet équipement à proximité de la cheminée avec plus d'un
fourneau qu'à partir de la fin du XVIIe siècle. Les deux tours
communiquaient avec chacune des chambres (ou greniers) à tous les niveaux.
Il était dans l'ensemble en bon état et les pièces principales étaient
pourvues de vitres, un article cher et fragile considéré comme "mobilier" à
cette époque, ce qui permet d'émettre l'hypothèse que le propriétaire y
avait fait sa demeure peu d'années auparavant. Très peu de parties sont
dites en mauvais état ou en ruine: le tour du puits sans corde ni chaîne; le
four est mauvais; l'escalier pour monter sur l'écurie est ruiné; le bois de
deux croisées et d'une fenêtre est dit usé ainsi que de quelques portes des
dépendances. Ce logis était accompagné de tous les communs et dépendances
agricoles qu'on trouve habituellement pour un manoir: un puits, un colombier
ou pigeonnier, une grange, des écuries pavées et des toits. Enfin, la
dernière partie de la visite concerne des bâtiments peut-être antérieurs au
logis: un petit toit auprès du "vieux" logis et le propriétaire, Charles
Gourjault, l'époux de Gabrielle Suyrot, se réserve dans l'écurie "du vieux
logis une place pour mettre deux ou trois chevaux".
Maurice Poignat affirme, à tort semble-t-il, que "la jolie maison dite le
Grand logis" était la demeure de Jacques-Elie Manceau, seigneur de
Boissoudan, auteur du Fauconnier parfait . Ce seigneur fut baptisé dans
l'église de Thorigné et mourut au château de la Renaudière à Thorigné. Il ne
semble pas avoir réellement habité au Grand logis. En revanche, son
petit-fils Gabriel-Antoine, fils de son second fils Jacques-Pierre, fut
baptisé à Celles en 1775. Gabrielle-Rose-Bénigne, fille de son second
mariage avec Marie-Gabrielle Gourjault, épousa Pierre du Chesne en l'église
de Celles en 1779. Son épouse Marie-Gabrielle Gourjault, fille de Charles et
Gabrielle Suyrot, demeurait encore à Celles le 4 juin 1789 lors de la visite
de la métairie de Virleban à Beaussais. D'après l'abbé Largeault, elle
mourut à Celles le 10 juillet 1801. Ces sources semblent indiquer qu'après
la mort de son époux, Marie-Gabrielle Gourjault a demeuré au Grand logis
entre 1775 et 1801. Elle était apparentée à la veuve Bernay. En 1822 un
grand logis avec des tourelles aux angles, appartenaient à la veuve de
Bernay à Saint-Maixent. Il s'agissait de Françoise-Gabrielle-Olive de
Gourjault, fille de Charles-Hubert-Alexandre, chevalier, seigneur d'Angle et
de la Niortière (Lusignan), deuxième épouse de Claude-Philippe-Marie Boynet,
chevalier seigneur de Bernay, qui demeurait en 1784 à Saint-Maixent, dans la
paroisse Saint-Saturnin, rue de la Croix, où il mourut en 1785. Elle épousa
ensuite Philippe-Charles Janvre, chevalier seigneur de l'Estortière et
demeurait en 1799 à Poitiers.
Le 3 mai 1826, les héritiers de feue Madame de Bernay, née de Gourjault, qui
portent le nom de Janvre de Bernay, vendent à Pierre-Gabriel Daniau et son
épouse Marie-Françoise-Catherine Boiffard, la propriété, décrite dans la
minute comme "une maison de maître entre cour et jardin, dit le logis
d'Angle, composée de divers appartements hauts et bas, cave au-dessous,
greniers au-dessus, écuries, granges, fenils et autres servitudes, et deux
maisons attenantes à la cour et à une fruitière, occupées l'une par... et
l'autre par..., et ses ? et dépendances consistant en une pièce de terre
appelée le Grand Pré et en une autre pré dit le Pré Barroux, le tout se
joignant et contenant en son ensemble quatre hectares cinquante deux ares,
confrontant du levant au chemin qui conduit de la croix au cimetière, du
midi, au grand chemin qui conduit de Melle à Niort à droite, du couchant à
Jacques Crémault et du nord à la veuve Lévrier et au cimetière ...". Dans
les années 1840, Gabriel Daniau fit construire un nouveau logement imposé
pour six ouvertures et fit faire des travaux au Grand logis dont le nombre
d'ouvertures passa de 9 à 25 avec un portail. En 1867, Louis Barré,
agriculteur à Pillac, commune de Sepvret, est mentionné comme propriétaire.
Il va demeurer au "Grand logis" où il fait bâtir différentes dépendances,
notamment une écurie (1886). Il y demeure encore en 1891. En 1893, le
négociant Alfred Vandier-Barré, originaire du Clouzeau de Prailles, et son
épouse Suzanne Barré, née à Sepvret en 1852, sont devenus les propriétaires
du Grand logis.
Propriété constituée d'une grande cour carrée fermée sur la rue par
d'anciens communs transformés en logement et, au milieu, par un passage
couvert surmonté d'une pièce et d'un haut toit à deux pans et croupes
couvert de tuile plate. A l'est de la cour sont d'autre communs transformés
et à l'ouest un mur de clôture. Au nord, se trouve le logis principal, à
large façade limitée par deux grosses tours d'angle. A l'arrière, s'étend un
jardin clos de murs dans lequel se trouve un puits aujourd'hui inclus dans
une aile rajoutée. Le logis, simple en profondeur, se compose d'une pièce de
part et d'autre d'un large couloir limité par deux murs montant de fond en
comble. L'escalier, refait au 19e siècle, se trouve au nord de la pièce
ouest, il est en pierre avec rampe à barreaux de fonte, tournant et à jour.
Les tours, de plan circulaire à l'extérieur et carré à l'intérieur, sont
couvertes par un toit conique en tuile plate. La charpente du corps de logis
est sans ferme et le toit, de très faible pente, est couvert de tuile
creuse. (1)
logis d'Angle, 58 rue Emile-Verdon,
79370 Celles-sur-Belle, propriété privée, ne se visite pas.
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