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Manoir Balleroy à Biéville-Beuville
 
 

   Sur l'ancienne commune de Biéville, le fief de Balleroy est attesté depuis 1395. Il est alors tenu par Richard de Balleroy, écuyer. Il comprend : "manoirs, maisons, jardins, prés, pâtures, terres labourables et non labourables, rentes en deniers, en blé, en œufs, en oiseauxé. Les manoirs sont au nombre de deux : le Grand Manoir (à l'emplacement de l'actuel) et le Petit Manoir qui lui fait face, de l'autre côté de la rue (aujourd'hui disparu). A la mort de Richard de Balleroy, le domaine est partagé entre ses fils : Nicolas et Thomas. Le Grand manoir échoit à l'ainé tandis que le Petit Manoir revient au cadet. Le Grand Manoir se maintien dans la même famille jusqu'en 1667. Le domaine est ensuite vendu, et c'est probablement Pierre Le Coq, avocat au Baillage de Caen, qui fait construire le manoir actuel, vers 1750, à la suite des vestiges de l'ancien et des communs du XVIIe siècle. Le parc est aménagé à la même époque. Des jardins à la française s'étendent à l'Est de la demeure u'à une terrasse dominant la petite vallée du Dan. Des herbages et des promenades plantées l'entourent. Charles Longuet, négociant et juge-consul à Caen, achète la propriété en 1761. Philanthrope et précurseur des mouvements sociaux, il installe un élevage de lapins dans la vallée du Dan, dont il exploite les poils dans sa fabrique de tissu. Ruiné par la Révolution, il vend le domaine en 1806 à Noël Lance, directeur de la mine de Littry, (ancêtre des propriétaires actuels). La tempête du 26 décembre 1999, provoque des ravages et couche près de cent arbres dans le parc, les alignements et les bois de la vallée du Dan.
Dans la rue Colbert, bordée d'un côté de pa-villons modernes, le parc du manoir Balleroy s'étend sur plus de 400 m jusqu'à la petite ruelle Lemanisssier qui dévale vers la rivière Le Dan. De la rue, la propriété est invisible cachée par une épaisse haie de feuillus puis, aux abords du manoir, par de hauts murs et les bâtiments de l'ancienne ferme. L'entrée s'effectue par la cour des communs des XVIIe et XVIIIe siècles. Couverts de tuiles mécaniques, les maçonneries de plaquettes calcaires ont encore beaucoup d'allure malgré quelques transformations. Dans leur prolongement, le manoir est une simple et charmante construction aux murs enduits et chaînés d pierres. De plan rectangulaire, sur deux niveaux, la demeure est coiffée d'un toiten ardoises, percé de lucarnes à linteaux arrondis. A chaque extrémité, deux imposantes souches de cheminée s'élèvent des petites croupes. Devant le modeste portail d'entrée, la petite cour d'honneur est soulignée de bordures de buis taillés qui longent le manoir et encadrent les pelouses. Celle de droite, tapissée de cyclamens, est ornée de vieux tilleuls taillés courts. Vers le sud-ouest, un double alignement de platanes, étoffé de haies de lauriers, borde la grande prairie de la Croix de Pierre (côté rue). La façade sud-est du manoir est empreinte de plus de grâce. Deux courtes ailes symétriques, percées de hautes baies, encadrent un avant corps plat, en pierres de taille, surmonté d'un fronton triangulaire. Devant le perron, une grande pelouse soulignée de rosiers et de buis taillés s'étend dans l'axe de la demeure. Elle est encadrée de deux doubles alignements de tilleuls où des cyclamens laissent apparaître leur floraison délicate dès l'automne venu. Dans le prolongement, un espace central est enclos de murs. II est découpé d'une allée axiale, ombragée de tilleuls, et de deux allées latérales dont l'une est longée de buis taillés au carré de hauteurs variables. Des arbres fruitiers s'élèvent devant les murs tapissés de rosiers. Tout au bout, une terrasse surplombe le terrain qui plonge vers la rivière. Près de son cours, les prairies qui encadrent le jardin laissent la place à un boisement de feuillus et de conifères. Ils forment, au fond de la vallée, un bois impénétrable qui masque le cours d'eau et cerne la grande prairie. A l'est de l'église, une parcelle isolée est incluse dans le classement. Cette pâture, enclose de haies de feuillus, a été amputée de son angle sud-ouest pour la construction d'un pavillon entouré de fusains et de conifères…

Éléments protégés MH : la façade postérieure (sud-est) du logis et le pan de toiture correspondant, le grand salon, au rez-de-chaussée du logis, avec son décor : inscription par arrêté du 27 décembre 1989 (1)

manoir Balleroy, rue Colbert, 14112 Biéville-Beuville, propriété privée, ne se visite pas.

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Crédit photo : Bouriezemmanuel sous licence Creative Commons, source de la photo par satellite : https://www.google.fr/maps
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(1)
       source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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