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Manoir de Carcahut à Frazé
 
 

 La première mention des seigneurs de Carcahut intervient dès 1487 dans le notariat de Frazé. A cette date, Jacques de Boisguyon, écuyer, est seigneur de la Rousaye et de Carcahu, qui semble être une terre de rapport. Il faut attendre la seconde moitié du XVIe siècle pour qu'un manoir y soit construit, très certainement pour Macé Baudrès, qui devient propriétaire de la terre de Carcahu entre 1553 et 1560. Lieutenant général du bailli d'Illiers de 1560 à 1580 puis du bailli de Rabestan (Saint-Avit-les-Guespières), ce dernier a fait fortune en acquérant de nombreuses terres autour d'Illiers et de Dangeau. Cette fortune lui permet de bâtir un manoir qui possède toujours des éléments caractéristiques de la seconde moitié du XVIe siècle : portes en anse de panier ou en plein cintre, fenêtres à encadrement mouluré en croisée ou demi-croisée (meneaux et traverses disparus), huisserie de la porte nord, cheminée monumentale de la chambre nord-est de l'étage de comble, tour d'escalier demi-hors-œuvre conservant ses ouvertures défensives (archères-canonnières) ainsi qu'une petite vis à l'étage, qui permet d’accéder à la pièce supérieure de la tour. Carcahu entre dans le giron de la famille de La Haye en 1671. Benjamin de La Haye est le commanditaire des importants travaux de réaménagement que connaît le manoir : réfection entière de la charpente suite à un rabaissement des murs de l'édifice (qui devait s'élever un demi-niveau plus haut, comme le montre la base de la souche de cheminée), destruction de l'escalier en vis originel remplacé par un escalier tournant à balustres de style Louis XIV, construction d'un avant-corps en charpente, localement appelé ballet. À partir de 1732, la famille de Fouchais de la Faucherie est propriétaire de la seigneurie de Carcahu et le demeurera jusqu'aux années 1830. Devenue une ferme, la propriété est décrite dans une déclaration immobilière datée du 6 décembre 1823, et réalisée à l'initiative de Anne Pierre de Fouchais de la Faucherie. Elle comprend "des bâtiments nécessaires à son exploitation, cour, jardin, pâture, noues, terres labourables et bois taillis. Les bâtiments consistent au midi de la cour en une maison, bûcher et fournil ; au couchant, une grange et un pressoir ; au nord une écurie et une grange ; et au levant, écurie, deux bergeries, vacheries et toits à porcs ; cour au milieu de ces bâtiments dans laquelle est un puits et un colombier servant de poulailler". En ce qui concerne les dépendances, le fournil et le bûcher contigus au manoir ainsi que le pressoir, elles semblent remonter au XVIIIe siècle tandis que le dernier bâtiment (écurie, étables, bergeries), présent en plan sur le cadastre de 1813, semble lui reconstruit dans la seconde moitié du XIXe siècle ou au début du XXe siècle.

Le manoir se situe à trois kilomètres à l'ouest du bourg. La propriété comprend trois bâtiments répartis en U autour d'une cour ouverte : Au sud de la cour et de plan en L, le logis est flanqué d'une tour d'escalier demi-hors-œuvre, placée à l'intersection des deux ailes. Il s'élève sur deux niveaux habitables : le rez-de-chaussée surélevé (sur cave) et l'étage de comble surmonté d'un grenier. En façade nord, l'entrée principale du logis se trouve dans la tour d'escalier et prend la forme d'une porte en anse de panier. Un escalier extérieur droit, à emmarchement à dix degrés, la précède. Cette entrée conserve son huisserie d'origine : à deux vantaux constitués d'épaisses planches assemblées, fixées à d'imposantes pentures par des ferrures démesurées. La tour renferme un escalier à deux quarts tournants, dont la montée est protégée par une balustrade en bois de style Louis XIV. Il permet l’accès aux pièces de l’étage de comble. Composé à l’origine de trois pièces par niveau habitable, séparées par des cloisons en pan de bois, l’édifice conserve trois cheminées monumentales : une au rez-de-chaussée surélevé, celle de la salle, les deux autres dans l’étage de comble, correspondant à celles des chambres. La cheminée de la salle ne possède pas de décor particulier : un simple chanfrein casse les arrêtes des angles des piédroits obliques. Un arc de décharge soulage le linteau droit et une large entrée de four à pain est encore visible. La cheminée de la chambre sud-ouest est assez similaire à celle de la salle : piédroit oblique et linteau droit. Elle se différencie par son décor : corbeau en doucine, linteau frappé des armoiries de la famille de La Haye, bandeau et corniche en pierre de taille calcaire. La cheminée de la chambre nord-est, entièrement en pierre de taille calcaire à part le fond de cheminée en briquette, possède des piédroits semi-circulaires moulurés en partie basse, des corbeaux en volute anciennement frappés d’armoiries martelées, un large linteau à entablement double surmonté d’un arc de décharge. Cette même chambre conserve une porte dont le bâti datant du remaniement du manoir est décoré (tresse, entablement). La charpente à chevrons formant fermes présente de nombreuses traces de transformations et réemplois : nombreuses sont les mortaises vides. Le contreventement est assuré par une grosse croix de Saint-André reliant la sous-faîtière aux entraits. Les murs sont en moellons de silex, sans chaînage d’angle en pierre de taille. Cette dernière est réservée aux encadrements des baies, majoritairement en calcaire, à quelques exceptions près en roussard. La brique est employée pour quelques ouvertures, essentiellement les lucarnes, ainsi que la corniche. Accolé au manoir, se trouve l’ancien fournil dont la structure des murs en pan de bois repose sur un solin maçonné en moellons de silex. Placé au nord-ouest de la cour, le pressoir possède une structure analogue à celle du fournil. Au nord-ouest se trouve un bâtiment multifonctionnel : étables, écurie, bergeries et toit à porcs. Les murs sont en moellons de silex, couverts d’un enduit à pierre vue. Les encadrements des baies, les chaînages d’angle, la corniche et le bandeau qui sépare le rez-de-chaussée du comble sont en brique. Les toits sont à longs pans et à croupes (manoir) et couverts en tuile plate. (1)

manoir de Carcahut 28160 Frazé, lieu-dit Carcahu, propriété privée, ne se visite pas, visible de la route.


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manoir de Carcahut 28160 Frazé   

 

 
 


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     source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/

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