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L'origine du nom de Cambalu n'est pas connue. Au cours
de la deuxième moitié du XVe siècle, la terre et les bâtiments de Cambalu
semblent avoir appartenu au fief du Haut-Coulommiers, lui-même relevant de
la seigneurie de Montrésor. En 1506, Thomas Bohier rachète le fief qui, en
1514, fait partie de la châtellenie de Chenonceaux. Diane de Poitiers en est
propriétaire de 1547 à 1559. On ignore à quoi pouvaient ressembler les
bâtiments à cette date. Il semble qu'il ne reste rien des constructions de
cette époque, sinon, peut-être le tracé des fossés en eau qui entouraient
encore jusque vers 1930 la propriété; seule une petite mare au nord est
restée. La demeure de Cambalu, telle qu'elle se présente aujourd'hui, a été
construite au cours du premier quart du XVIIe siècle, comme l'indique la
date 1623 portée sur la clé d'une lucarne de la façade antérieure (déposée).
Dans la cour, un puits circulaire en pierre de taille date également du
XVIIe siècle. Le lieu figure sur la carte de Cassini dressée au milieu du
XVIIIe siècle. Un acte de vente rédigé en 1767 donne une description
intéressante de la propriété à cette date. Son usage en tant que closerie,
c'est-à-dire petite exploitation agricole de moins de quinze hectares, est
attesté. Un acte de vente de 1904 indique qu'à cette date la propriété
comprenait "environ huit hectares dont la majorité entourée de fossés." Il
faut noter cependant qu' ils n'étaient probablement plus en eau car le plan
cadastral de 1824 ne fait apparaître qu'une mare au nord de la grange, à
laquelle était accolé un four à pain. L'activité viticole ayant cessé au
milieu du XXe siècle, la demeure a progressivement cessé d'être entretenue;
rachetée peu avant 1995 par ses actuels propriétaires, elle a été
entièrement restaurée.
On accède à la propriété par un grand portail en pierre de taille, à double
porte charretière et piétonne. Le manoir de Cambalu est orienté nord-sud, la
façade antérieure étant à l'est. Au nord, un bâtiment accolé
perpendiculairement au corps de logis abritait à l'origine une grange et un
pressoir qui a aujourd'hui disparu. Sous le corps de logis règne une vaste
cave voûtée en berceau longitudinal, soigneusement appareillée en pierre de
taille de tuffeau et desservie par un escalier droit en maçonnerie. Les
encadrements des baies de la façade sont ornés de bossages, restaurés. La
porte est surmontée d'un fronton cintré. Les deux lucarnes encadrées de
pilastres et sommées de frontons triangulaires ont été retaillées; les
pierres sculptées d'origine, très érodées, ont été déposées et conservées.
Deux grandes cheminées avec des piédroits en sabre sont conservées au
rez-de-chaussée du logis. Elles sont contemporaines du reste de l'édifice.
La charpente est à pannes; les entraits ont dû être remplacés. Sur la façade
ouest du corps de logis, les chaînages ont été doublés à l'endroit où
reposent les entraits de forte section de la charpente. Une curieuse
lucarne, plus étroite que celles de la façade antérieure et ornée de motifs
à volutes, éclaire la partie nord du comble à surcroît. Dans la cour, le
puits n'a pas été transformé. Edifice intéressant pour l'introduction
d'éléments d'architecture savante (bossages) qui ornent une petite demeure
rurale. La lucarne nord présente un décor rare. Des têtes humaines et une
tête de lion ornaient les lucarnes; elles ont servi de modèle pour retailler
celles en place. (1)
manoir de Cambalu 37150 Francueil, propriété privée, ne se visite pas.
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