|
Au XIIIe siècle, quelques moines et un
doyen de l’abbaye bénédictine de Marcilhac fondent aux Arques un prieuré. En
1193, nous trouvons la première citation du doyen des Arques dans un mémoire
rédigé par Géraud II, dixième abbé de la maison mère de Marcilhac. Le siècle
suivant verra l’extension du prieuré, par l’acquisition de biens fonciers.
Il devient alors une vaste et prospère exploitation agricole. Pendant la
guerre de Cent Ans, le prieuré, qui se trouve malencontreusement situé à la
frontière mouvante des belligérants, à savoir entre les terres de l’évêque
de Cahors et celles des Pestilhac, ces derniers passés au service des
Anglais, va se trouver pris entre deux feux. Les Anglais, grâce à
l’obligeance des seigneurs de Pestilhac et des Junies, vont s’emparer du
village des Arques, en 1345, le piller et installer une garnison au château.
Les moines fuiront les lieux. Les hommes aussi. Et la terrible peste noire
de 1348 décimera les survivants de l’occupation. Le prieuré ne sera pas
relevé de ses ruines. En 1408, l’abbé de Marcilhac décide que le doyenné ne
sera plus conventuel. L’âge d’or des Arques est terminé. En 1486, le doyen
Antoine d’Alamand de La Roche-Chinard fera entreprendre quelques travaux de
restauration dans le village, dont ceux de l’église Saint-Étienne. Le
repeuplement du lieu se fera à la fin du XVe siècle, par l’arrivée de
laboureurs du haut Quercy et du Cantal. Au XVIe siècle, le doyenné
appartient à des membres de la famille des Gourdon-Penne, seigneurs de
Cennevières. En 1620, un nouveau doyen entre en scène aux Arques, qui fera
couler beaucoup d’encre: Germain de Jugeals. Issu d’une vieille famille du
Limousin, les Jugeals de Peyrat, le personnage, au caractère affirmé et
vindicatif, va laisser un souvenir détestable.
Ses contemporains le décriront comme un "homme factieux et turbulent, le
plus renommé chicaneur qui ayt été de son temps dans le royaume" ! La raison
principale de ce jugement lapidaire sera la guerre sans merci que Germain de
Jugeals va livrer au seigneur voisin du château de Péchaurié, Jean de
Saint-Gily, dont il veut accaparer le fief. Devenu aumônier et confesseur du
roi, le doyen usera de ses relations à la cour pour obtenir l’objet de ses
convoitises. Tous les moyens lui seront bons. De procédures en procès, de
procès en jugements, de jugements en contre-jugements, l'affaire durera de
1620 à 1648. Elle se terminera, faute de plaideur, à la mort de l’irascible
personnage. Entre-temps, le pays avait connu les soubresauts de la Fronde,
et la révolte des Croquants, soulèvement de paysans contre la levée toujours
croissante d’impôts aussi impopulaires que la taille et la gabelle. Les
Arques ne sont pas épargnés par ces mouvements. En 1637, l’ampleur du
mécontentement est telle que le duc d’Épernon, gouverneur de la Guyenne,
donne l’ordre à M. de Fénelon de détruire les fortifications du village, y
compris l’enceinte du logis du prieur. Richelieu refusera toujours, par la
suite, l’autorisation de reconstruire le fort. Devenu à la fin du XVIIIe
siècle la propriété d’un bourgeois aisé, négociant en vin de Cahors, le
château du Doyen sera racheté par la commune en 1826. Seule la tour ronde
qui dresse sa haute silhouette sur la place du village est le témoin de
l’ancien château. Le corps de logis attenant à celle-ci est de construction
plus récente. (1)
Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la tour et du logis du
doyen : inscription par arrêté du 27 février 1991.
manoir du Doyen 46250 Les Arques, propriété de la commune, visite des
extérieurs uniquement.
Ce site recense tous les manoirs de France, si vous possédez des documents
concernant ce manoir (architecture, historique, photos) ou si vous constatez
une erreur, contactez nous. Licence photo©webmaster B-E, photos
ci-dessous interdites à la publication sur internet, pour un autre usage
nous demander.
A voir sur cette page "châteaux
du Lot" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans
ce département. |
|