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Le Plessis-Pericot, dans sa
simplicité, offre un bel exemple de manoir édifié aux XVe et XVIe siècles.
Il a aujourd'hui retrouvé son lustre d'antan et sa tourelle, longtemps
découronnée, est à nouveau couverte d'une toiture. Le mot "plessis"
indiquait autrefois un enclos formé d'une haie entrelacée; "Pericot" est un
patronyme où un surnom médiéval. Lucien Beszard, dans son étude Les noms de
lieu dans la Mayenne, indique que la vraie forme du nom est "Pellecoq", "pille-coq"
ou "pelle-coq". En 1407, le lieu est indiqué sous le nom de Plessis-Pellecog;
dans un acte de 1446, il est question du domaine de Plessis-Pailcoq, devenu
en 1671, Plessis-Pelicot et en 1773, Plessis-Petit-Col, puis Plessis-Pericot.
Le Plessis-Pericot, situé au nord de Grez-en-Bouëre, était un arrière fief
du comté de Laval, vassal de la châtellenie de Meslay dont il est distant
d'environ huit kilomètres (jadis deux lieues). Le manoir dont on remarque
particulièrement la tourelle, présente un bâtiment rectangulaire élevé d'un
étage avec une toiture percée d'une lucarne. La façade est éclairée par deux
fenêtres, alignées l'une au-dessus de l'autre. La lucarne de la toiture est
elle aussi dans cet alignement. L'entrée dans le logis se fait par une porte
ouvrant dans la tourelle circulaire qui renferme un escalier de bois
desservant les étages. Chaque niveau d'habitation est occupé par une grande
salle dotée d'une cheminée. Celle du bas a conservé ses niches pour tenir au
chaud, aliments et eau. La pièce du dessus présente une cheminée plus
élégante avec des pieds droits en tuffeau. Cette pièce était autrefois sous
la charpente. Cette disposition d'une grande simplicité, reflète la façon de
vivre dans ces maisons rurales. En bas, une pièce où l'on vivait, cuisinait
dans la grande cheminée, où l'on recevait; à l'étage, une pièce plus intime,
chambre pour la famille avec une cheminée plus raffinée qui ne servait qu'en
présence d'un malade ou d'une femme "en gésine", car on ne chauffait pas les
chambres. À une époque indéterminée, on a construit à l'arrière de la salle
du rez-de-chaussée, une souillarde qui a conservé son conduit d'évacuation
des eaux usées.
Au XIXe siècle, le logis a été prolongé, à droite, par un bâtiment plus bas,
caché par la chapelle. Cette chapelle édifiée au XVI siècle, à droite du
logis dont elle est séparée par une ruelle, est dédiée à saint Jacques le
Majeur. Elle fut fondée quelques semaines après la Saint-Barthélemy, en
septembre 1572, par Jeanne Gautier, dame du Bois de l'Hommée et du
Plessis-Pericot, demeurant à Angers. L'acte de fondation passé devant Maître
Formont, notaire à Angers, stipulait qu'on devait y dire chaque semaine,
trois messes pour la rétribution desquelles, Jeanne Gautier "donnait le lieu
et la closerie de la Cherrière avec une noë de pré". Outre ces trois messes
hebdomadaires, le chapelain avait l'obligation de dire à la fin de chacune
d'elles, une "messe sèche", c'est-à-dire une messe sans pain ni vin, sans
sacrifice. Cette chapelle, de forme rectangulaire, a fait l'objet de
réparations en avril 1738. Sa charpente présente une paticularité: les deux
entraits de fermes, sont bloqués sur les murs des façades latérales, par un
système de sabots munis d'un filetage formant chaînage. Un puits, un fournil
avec son four à pain complétaient les bâtiments ainsi qu'une pièce d'eau
pour l'alimentation en poisson du manoir. Le 12 septembre 1446, à
Saint-Laurent-des-Mortiers, le contrat de mariage de Catherine d'Andigné,
fille aînée de Lancelot d'Andigné et de Catherine de Tucé, stipulait que son
père lui donnait "la terre de la Motte de Chivré, en la paroisse de
Saint-Michel-de-Fagus (Saint-Michel-de-Feins), avec le domaine du
Plessis-Pailcoq es paroisses de Gérigné et de la Grande Bouëre (Grez-en-Bouëre)
et les fiefs assis en cette dernière paroisse à conditions qu'elle
renoncerait en faveur de ses sœurs à tout ce qui lui pouvait appartenir en
la succession de feu Guillaume de Neuivillette". En 1572, le Plessis-Pericot
appartenait à dame Jeanne Gautier, dame du Bois de l'Hommée et du
Plessis-Pericot, demeurant à Angers, épouse de Jean du Boisguerin,
conseiller au Présidial d'Angers. Un siècle plus tard (1671-1677) Jacques
Gaudin, sieur de Pineau, trésorier des écuries de Mile d'Orléans, mari
d'Anne Chartier possédait le Plessis-Pericot, en même temps que Marc Trochon,
sieur de la Grolière, aumônier de la duchesse d'Orléans, était titulaire de
la chapelle Saint-Jacques. (1)
manoir du Plessis Péricot 53290 Grez en Bouere, propriété privée, ne se
visite pas, visible de l'extérieur.
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