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La Faverie était un fief, qui
dépendait de la seigneurie de Beaumont-Pied-de-Bœuf. La Faverie est citée
comme métairie en 1407, dans un aveu de dénombrement fait par Brisegault
Marteau (ou Martel) pour son hébergement de Beaumont. Au XVIe siècle, la
Faverie appartient à une branche cadette de la famille Couette de la
Couetterie (cf. dossier Château de la Couetterie). Ces Couette sont écuyers,
seigneurs de la Faverie. Au début du XVIIe siècle, René Couette de la
Couetterie est écuyer, seigneur du Fresne et de la Couetterie, il meurt en
1726. L'un de ses fils, Jacques Couette, est écuyer, seigneur de la Faverie,
il meurt avant 1643. Au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, la seigneurie
passe par alliance à la famille Ledoux, puis elle est vendue aux Lelong en
1763. Pierre Antoine Lelong (1711-1791), fils de Pierre Lelong, marchand à
Mansigné, est avocat en Parlement exerçant à la sénéchaussée de
Château-du-Loir. A la fin du XVIIIe siècle, le domaine comprend à Beaumont
les métairies de la Faverie et de la Boussardière, les bordages de la
Boisardière (disparu), de Couame (disparu), de la Guillonnière, de l'Edonnière
(probablement la Hodonnière) et le moulin d'Huizé. En 1819, il compte Couame,
la Guillonnière, la Sionnerie, la Boisardière, la Hodonnière, la
Boussardière, les Hurlières, la Maison Rouge, le moulin à foulon, la Croix
Fayet. La Faverie est vendue par les descendants Lelong en 1910. A l'époque,
quatre fermes sont exploitées: la Faverie, la Sionnerie et la Guillonnière à
Beaumont-Pied-de-Boeuf, la Hutterie à Luceau.
Le manoir est habité comme une ferme, ainsi que le révèlent les cartes
postales anciennes. Le logis de la Faverie réunit plusieurs bâtiments issus
de campagnes de construction étendues sur plus de deux siècles. Une première
résidence seigneuriale de plan rectangulaire, en rez-de-chaussée, est bâtie
dans la seconde moitié du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Entre la
fin du XVIe siècle (vers 1580) et le début du XVIIe siècle, un gros pavillon
et un petit pavillon logeant un escalier en vis sont adossés à ce corps
principal, puis une aile nord-ouest ferme en partie le tout, et deux
pavillons d'angle viennent cantonner la façade sud. Le comble est percé de
lucarnes ornées de motifs de la Seconde Renaissance française. Les
dépendances, les murs et les douves font partie de ces décennies de
construction. Ce partie est à rapprocher d'un dessin de Jacques Ier Androuet
du Cerceau (vers 1520-1586), publié sous le titre Vue à vol d'oiseau et plan
d´un logis seigneurial, dans le Recueil de Lyon, conservé à la Bibliothèque
municipale de Lyon. Autour de 1700, l'aile nord-est referme l'ensemble au
nord. Après 1765, la distribution du corps principal est retravaillée et les
ouvertures au sud sont modifiées et agrandies. A la fin du XIXe siècle, le
long bâtiment en L des communs qui a longtemps été couvert de bardeaux est
surélevé. La fuie est réaménagée durant la première moitié de XXe siècle
pour servir de pièce à feu pour les domestiques au rez-de-chaussée et de
logement à l'étage (où sont les trous de boulins).
La Faverie est un ensemble seigneurial isolé, avec logis, communs, bâtiments
agricoles, fuie, puits et jardin potager, sur une plate-forme non surélevée
entourée de douves en eau et en partie d'un mur à contreforts intérieurs. On
y accède par un pont de pierre à deux arches au sud (cour d'honneur) et au
nord (cour des communs). Le logis et les communs sont construits en moellons
de calcaire, voire de silex ou de grès, enduits à chaux et à sable. Les
chaînages sont en pierre de taille calcaire, sauf exception (silex pour
l'aile nord-est). Les toits, à longs pans, croupes ou en pavillon, sont
couverts d'ardoise, mais ceux des communs et parties agricoles étaient
autrefois couverts de bardeaux de chêne. La toiture du logis court sur une
corniche en talon, en pierre de taille calcaire. Le logis seigneurial
résulte de l'adjonction de huit bâtiments construits à différentes époques:
un corps de logis principal cantonné de deux pavillons d'angle en façade
antérieure (sud), auquel ont été adossés un petit pavillon d'escalier à
l'est et un gros pavillon carré au centre, pavillons encadrés par deux ailes
raccordées par une troisième construction centrale, et qui ferment le tout
au nord, au-devant des douves.
Le corps de logis principal, de plan rectangulaire, est en rez-de-chaussée,
avec un étage de comble couvert par un toit à longs pans dont les pignons de
pierre sont restés à découvert. Les lucarnes du comble, de largeur
différente, sont encadrées de pilastres d'ordre ionique et surmontées d'un
fronton triangulaire. Les pavillons d'angle, à un étage carré, couverts d'un
toit en pavillon, sont de plan différent. Le pavillon sud-ouest, de plan
carré, est bastionné en rez-de-chaussée. Le pavillon sud-est est de plan
rectangulaire. Le gros pavillon central, à un étage carré, est desservi par
l'escalier en vis du pavillon qui le jouxte. Les ailes nord sont en
rez-de-chaussée et leur comble est desservi par un escalier situé dans le
bâti central. Ce bâti qui rejoint les deux ailes soulève toujours une
interrogation du fait de son aspect extérieur très irrégulier. Les bâtiments
du logis seigneurial ainsi que les communs sont percés de nombreuses
bouches-à-feu qui n'ont jamais eu, de même que le bastion du pavillon
sud-ouest, qu'une fonction purement symbolique. Les communs et bâtiments
agricoles en L sont construits à l'ouest du logis, le long des douves. Ils
incluent une grange, des étables à vaches et à chevaux, et une fuie de plan
carré. Le puits est dans la cour. Le jardin potager s'étendait à l'est du
logis, au-delà du mur à contreforts intérieurs. (1)
Éléments protégés MH: le manoir de la Faverie en totalité : inscription par
arrêté du 6 janvier 1926.
manoir de la Faverie 72500 Beaumont-Pied-de-Bœuf, ouvert au public, les
visites commentées s'appuient sur un travail approfondi d'études et de
recherches historiques réalisé par des professionnels.
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source des photos :
https://inventaire.patrimoine.paysdelaloire.fr
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