châteaux de France
       Accueil        châteaux Val de Loire        châteaux pour réceptions        châteaux à l'abandon        Contact        Liens
 
 
 
Manoir d'Ango à Varengeville sur Mer
 
 

  Nous voici en présence d'un palais champêtre, qu'un opulent caprice a jeté en pleine culture dans le gros village de Varengeville, à quelques centaines de mètres de la mer, et à douze kilomètres de Dieppe. Ils sont assez nombreux encore, dans la Haute-Normandie, ces châteaux imposants, où le corps principal de logis est flanqué de deux longues ailes en retour d'équerre, qui encadrent ainsi la cour d'honneur. Mais le manoir d'Ango, avec ses quatre immenses corps de bâtiment construits à angle droit autour d'une cour entièrement fermée, doit être unique en son genre. Et pourtant, qui le soupçonnerait? plusieurs milliers de demeures, tracées sur le même plan, ont jadis existé sur notre sol. Telles étaient, en effet, les maisons que s'élevèrent en Gaule les fils des soldats de César; et il faut que ce système de construction ait eu des avantages notables, puisqu'il fut ordinairement observé par les moines dans la fondation de leurs abbayes. L'entrée principale du manoir s'ouvre à l'angle de la façade est. Le passage voûté qui en livre l'accès, s'appuie sur deux corps avancés, dont l'un est surmonté de la tour octogone, où l'on peut contempler la mer. C'est dans l'un de ces avant-corps que la tradition place la chapelle d'Ango. A gauche du visiteur se présente la partie capitale du château. Tout y révèle un soin extrême dans la construction, et une prodigalité étonnante dans l'ornementation. Point de moulure, dont la perfection seule était déjà une beauté, qui ne soit embellie par des motifs de décoration d'une merveilleuse richesse et d'un effet exquis. L'idéal du haut moyen-âge visait une grâce sobre et sans apprêts.

Sous le règne de François 1er, auquel remonte le manoir, les tendances de l'art s'étaient complètement transformées: on voulait éblouir les yeux; et dans l'ouverture d'une simple fenêtre, la richesse décorative, poussée jusqu'à la profusion, ne le cédait qu'au fini des détails, d'une délicatesse merveilleuse. En esthétique pure, cette évolution de l'art est incontestablement regrettable. Mais quel moyen de l'en préserver, alors que l'une des infirmités de l'esprit humain est d'être incessamment en quête de nouveautés? Infirmité inexplicable d'ailleurs, puisque, le moindre écolier le sait du reste, après la rudesse et les tâtonnements des périodes de formation, le mieux est toujours l'ennemi du bien. Ici, du moins, l'altération de la pensée se compensait par le mérite de l'exécution; et elle témoignait, si même elle n'en dérivait pas, une étonnante habileté de ciseau dans les ouvriers même vulgaires. Nos sculpteurs ne font pas aujourd'hui mystère de leur infériorité; et il en est ainsi dans les diverses professions, du moment que l'art a fait place au métier. Le vestibule du premier étage est disposé en galerie couverte, bordée de forts piliers qui supportent les quatre baies cintrées. Cette sorte de balcon intérieur semble encore une particularité unique. Au dessus de ce portique court le long de la muraille une décoration de médaillons et de losanges alternés, et qu'encadrent deux bandeaux de pierre aux fines moulures. Rien n'a été épargné pour bannir la monotonie dans cette décoration extérieure, et l'ingénieuse combinaison des matériaux a procuré, dans ce but, des ressources inattendues. A la blancheur trop uniforme de la pierre de taille, diverses bandes losangées de silex et de pierres grises font une diversion des plus pittoresques.

Une analyse détaillée serait infinie; il convient seulement de signaler une intéressante cheminée à l'étage supérieur de la tour, laquelle offre aussi une croix dessinée en relief par le caillou de la muraille. Le toit actuel semble avoir été surbaissé, à en juger au moins par les cheminées monumentales qu'on admire sous les combles. A l'autre extrémité de la cour intérieure, un énorme colombier ne dépare point le château par son imposante architecture. A la fin du XIXe siècle les ravages du temps ont réduit ce manoir à un affligeant état de délabrement, et en ont à peu près effacé la plupart des médaillons et des armoiries. Les nécessites de l'exploitation agricole qui s'en est emparée, ont fait aveugler avec de la brique ces fenêtres aux doubles meneaux de pierre entre-croisés d'un si grand caractère. Telle est cette demeure princière, autrefois protégée de toutes parts au moyen de fossés remplis d'eau, dont la construction ne demanda pas moins de douze ans (1530-1542). Sa grandeur n'égalait pas celle de Jean Ango, son fondateur. Ango, selon les conjectures de M. Hellot, appartenait à une famille rouennaise anoblie par Charles VI, en 1408. Il naquit à Dieppe en 1431, s'embarqua à seize ans, et voyagea sur la côte d'Afrique et aux Indes. Contrarié dans son commerce par les Portugais, il ravagea avec douze navires les bords du Tage.

Dès 1513, Ango était receveur de la vicomté de Dieppe pour l'archevêque de Rouen; il devint aussi contrôleur du grenier à sel, conseiller, puis capitaine de Dieppe, lieutenant de l'amiral de France, seigneur de la Rivière (à Offranville) et de Gerponville. Ango se fit construire à Dieppe un hôtel splendide sur l'emplacement du collège actuel. Il y reçut François 1er avec magnificence, et lui fit faire une promenade en mer sur une flotille de six navires richement équipés. De plus, en 1535, il éleva de ses deniers la chapelle Saint-Yves de l'église Saint-Jacques, répara les quais et fit les frais de la porte du Grand-Pont. Enfin, il concourut, avec une véritable escadre, à une expédition de la marine royale sur les côtes d'Angleterre. Mais, comme Jacques Cœur sous Charles VII et comme Richard Lenoir au XIXe siècle, Ango devait survivre à sa fortune. Son faste et son arrogance lui avaient aliéné les Dieppois. Il en vint à souffleter un bourgeois notable, son associé; un procès s'ensuivit et Ango, condamné à d'énorme amendes, discrédité, fut réduit à se retirer à Varengeville où il mourut dans un état voisin de la misère en 1551. Il fut inhumé à Saint-Jacques, dans sa chapelle, qui était ,au début du XXe siècle, presque aussi délabrée que son manoir. (1)

C’est en 1862 que le Manoir d’Ango est classé Monument Historique sur la liste établie par Prosper Mérimée, qui comprend, entre autres, le Louvre, Notre-Dame de Paris, le château de Versailles, Chambord, Chenonceaux, etc. Puis de 1928 à 1976, il est la propriété de Monsieur et Madame Hugot-Gratry qui donnent une grande impulsion à la restauration du monument et de ses abords. La région attire maintes artistes, peintres, écrivains et musiciens. C’est ainsi que Aragon et Breton séjournèrent au manoir. Conservé par leur famille, le monument vient de faire l’objet d’importants travaux de restauration, ce qui a permis après deux années de fermeture aux visites, sa réouverture au public le 1er août 2007. Le manoir offre également son cadre pour vous accueillir tout au long de l’année pour vos réunions familiales : mariage, communion, baptême, anniversaire...

Éléments protégés MH: le manoir d'Ango : classement par liste de 1862 (2)

manoir d'Ango 76119 Varengeville sur Mer, tél. 02 35 83 61 56, ouvert au public tous les jours d'avril à septembre de 10h à 12h 30 et de 14h à 18h. Du 1er octobre à la Toussaint uniquement le week-end. La plus belle demeure de Normandie, joyau de la Renaissance italienne en Pays normand.

Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous constatez une erreur, contactez nous. Licence photo©webmaster B-E, photos ci-dessous interdites à la publication sur Internet, pour un autre usage nous demander. Nous remercions chaleureusement M. Vincent Tournaire pour les photos aériennes qu'il nous a adressées (photos interdites à la publication).
A voir sur cette page "châteaux de Seine-Maritime" tous les châteaux recensés à ce jour dans ce département.

 
 
 
 
manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville
 
manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville
 
manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville
 
 
manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville manoir d'Ango 76119 Varengeville
 
 
Manoir d'Ango Manoir d'Ango Manoir d'Ango Manoir d'Ango
 
Manoir d'Ango Manoir d'Ango Manoir d'Ango Manoir d'Ango
 
Manoir d'Ango

Manoir d'Ango

Manoir d'Ango

Manoir d'Ango

 
 
 


(1)
    source: La Normandie Monumentale et Pittoresque, (Manche) Lemale & Cie. Imprimeurs, Éduteurs, achevé d'imprimer le 25 septembre 1897
(2)    source :  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee

Sur ce site, tous les châteaux, châteaux forts, manoirs, maisons-fortes, ruines et vestiges importants, chateau hôtel-restaurant, chateaux avec chambres d'hôtes, gîtes, et les châteaux avec salles pour réceptions, vous trouverez la liste de tous les départements en page d'Accueil, mais également une page réservée aux châteaux à l'abandon, en péril, et les châteaux du val de Loire nous avons recensés aussi les châteaux dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Grand Duché du Luxembourg voir châteaux Étrangers, et également les châteaux dans des bourgs classés parmi les plus beaux villages de France.

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
Nos sources proviennent à 60% de la base Mérimée, culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine, que nous remercions vivement
 
 
Copyright ©chateauxdefrance@orange.fr     Tous droits réservés.