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Le manoir actuel fut construit à la
fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, mais le lieu a été déjà habité
au milieu du Moyen Âge. Le hameaux des Grands Breux est signalé par les
sources dès les premières années du XIIIe siècle en tant que propriété de la
famille du Plessis. Elle tient ce fief de l'évêque de Poitiers, seigneur
d'Angles-sur-l'Anglin. La famille du Plessis, propriétaire des Breux, est la
branche cousine des du Plessis de Richelieu, à laquelle appartient le
célèbre cardinal de Richelieu qui fut ministre du roi Louis XIII. Les deux
branches se séparent en 1388 à la suite d'un partage entre Pierre III du
Plessis, qui conserve le fief des Breux, et Sauvage du Plessis, qui conserve
le château de la Vervolière à Coussay-les-bois. Fils de Pierre III, Jean du
Plessis rend hommage à l'évêque de Poitiers, Guillaume de Combarel, pour son
fief des Breux le 17 septembre 1424. Son fils, Mandé du Plessis, et son
petit-fils, Sauvage du Plessis, font de même en 1450 et 1475. Le manoir est
signalé une nouvelle fois dans les sources en 1593. Le maître de lieux est
alors François III du Plessis, marié à Jeanne d'Alogny, originaire du
château d'Alogny à Lésigny-sur-Creuse. Le couple possède un droit banal sur
"les moulins neufs" de Vicq-sur-Gartempe.
Entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, le fief des Breux
appartient à Antoine d'Alogny de Rochefort, abbé de Fontgombault. La carte
de Cassini, datant de 1765 ou 1766, signale elle aussi les Grands Breux
comme logis seigneurial. Le cadastre napoléonien de 1826 indique la famille
du Puynode, propriétaire du château des Certeaux dans la commune
d'Angles-sur-l'Anglin, comme propriétaire du manoir. Sur le plan figure un
portail d'entrée en pierre au sud, aujourd'hui disparu. Au XIXe siècle et au
début du XXe siècle, les recensements de population signalent seulement les
exploitants du domaine agricole, résidant dans l'ancien manoir et dans une
ferme voisine. Le manoir semble avoir subi plusieurs remaniements durant
cette période. En 1905, la partie gauche de la façade principale est
reconstruite au rez-de-chaussée. Une partie des dépendances semble aussi
avoir été remaniée à cette époque. La famille Neuvy y réside depuis cette
époque. Le site fut ensuite réhabilité en gîte rural.
Le manoir est composé de quatre bâtiments séparés, un logis et trois
dépendances, chacun placé sur le côté d'une cour centrale. Le logis,
construit en moellons de pierre calcaire, est orienté vers l'est. Il possède
un étage, des combles et un étage en surcroît, et est composé de deux corps
de bâtiments. Une tour d'escalier à demi hors-œuvre est placée à la jonction
des deux corps de bâtiments. Une tourelle en pierre de taille, supportée par
un cul-de-lampe mouluré, permet d'accéder au dernier niveau de la tour
d'escalier. Le toit est recouvert d'ardoise. Sur l'élévation est, la partie
située à gauche de la tour d'escalier est percée d'une porte et de deux
fenêtre au rez-de-chaussée, aménagées en 1905. Elle présente aussi une
pierre d'évier extérieure, localement appelée "marèye", qui servait
d’égouttoir pour les fromages. On peut aussi voir une fenêtre à croisée de
la fin du Moyen Âge à l'étage et une lucarne au niveau des combles.
L'élévation ouest présente plusieurs transformations. Deux fenêtres à
croisées sont encore visibles, au rez-de-chaussée et à l'étage. Elles ont
été partiellement murées et transformées en porte au rez-de-chaussée. Une
porte, probablement percée en 1905, a été transformée en fenêtre. À sa
gauche, une fenêtre a aussi été murée.
L'intérieur de la partie gauche du rez-de-chaussée, autrefois constitué
d'une seule pièce, a été partagé en plusieurs parties. La porte d'entrée
principale conduit à la cuisine. Elle possède encore une cheminée datant du
XVe ou du XVIe siècle, dont la taille de l'âtre a été réduite. Une cloison
ajoutée plus récemment sépare la cuisine de la chambre. L'escalier en vis
permet d'accéder aux différentes pièces du manoir, dans la partie gauche et
la partie droite. La tour est percée d'une porte, de deux fenêtres, et d'une
lucarne. Elle possède encore trois archère et une bouche-à-feu à proximité
de sa porte d'entrée, destinée à défendre le lieu en cas d'attaque. Au
rez-de-chaussée, le vestibule d'entrée débouche sur trois portes à
l'encadrement chanfreiné. La porte de droite a un linteau en arc
segmentaire, le deux autres ont un linteau plat. Celle de droite porte un
décor en accolade. La porte centrale permet d’accéder au cellier. Cette
salle était à l'origine une pièce à vivre, comme le laisse penser la
présence d'une cheminée. Aujourd'hui, elle contient plusieurs tonneaux et un
pressoir. L'ancienne fenêtre à croisée a été transformée en porte à deux
battant, pour faciliter le stockage des tonneaux de vin. Cette baie présente
un ébrasement et une arrière-voussure segmentaire. L'une des poutres de la
pièce est soutenue par deux poteaux verticaux en bois. En effet, le premier
étage a servi de grenier après la transformation du logis en ferme. Le poids
du grain faisait ployer les poutres qu'il a fallu étayer.
Le pallier du premier étage donne accès à trois portes à encadrement
chanfreiné. Celle de droite est décorée d'une accolade sur son linteau et
donne accès à une petite pièce munie d'une cheminée datant du XIXe siècle.
La porte de gauche donne accès à l'ancienne chambre du seigneur. La porte
d'origine présente des motifs en plis de serviette, caractéristique du style
gothique. La pièce est éclairée par deux fenêtres à croisées, en partie
murées. Elles présentent un ébrasement et une arrière-voussure en arc
segmentaire. Au sol, les carreaux de terre cuites sont encore visibles. Tout
comme dans le cellier, l'une des poutres est étayée par un poteau en bois.
L'isolation en "bousillis", un mélange de terre et de paille, est encore
visible entre les solives. À l'étage supérieur, au niveau des combles,
l'escalier débouche sur quatre portes, dont la porte de droite décorée d'un
motif en accolade. Comme le premier étage, les combles ont été utilisés
comme grenier. La charpente a été abaissée à la fin du XIXe ou au début du
XXe siècle. Là encore, le sol est recouvert de carreaux de terre cuite. On
peut accéder à un dernier niveau, situé au sommet de la tour d'escalier,
grâce à une petite tourelle qui lui est accolée. Elle est fermée par une
porte présentant des motifs de plis de serviette.
Le petit escalier en vis conduit à une pièce réduite dallée de carreaux de
terre cuite et possédant une cheminée à demi détruite. L'ancienne charpente
qui couvrait le haut de la tour devait être en forme de poivrière, au vu du
plan circulaire de la tour. Elle a été détruite à une date inconnue. Au
sommet de l'escalier, une archère permet de surveiller et de défendre le
chemin d'accès au manoir. L'édifice conserve encore ses anciennes
dépendances, déjà visibles sur le cadastre napoléonien de 1826. Seule la
grange à l'est de la cour est plus récente. L'étable située au nord est
probablement la plus ancienne. Elle présente une porte en plein cintre à clé
et tabliers saillants. La partie la plus à gauche a été transformée au début
du XXe siècle, lorsque l'on a rajouté un linteau en métal au-dessus de la
porte et de la fenêtre. Un clapier en brique de trois niveaux a aussi été
ajouté du côté de la cour. Cette pièce contient le four à pain de la ferme,
ainsi que la cave creusée à même la roche et dont la voûte a été cimentée.
L'étable située au sud est à la fois propriété de l'ancien manoir sur la
partie ouest et propriété de la ferme voisine sur la partie est. Une
porcherie a été construite au début du XXe siècle. Elle est accolée au nord
de l'ancien logis. (1)
manoir des Grands Breux 86260 Angles-sur-l'Anglin, propriété privée, ne
se visite pas.
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