|
Sous l'Ancien Régime, le manoir de la
Grange dépendait du château de Mairé. Le fief, d'abord connu sous le nom de
"Vaudebloys", est signalé dans des archives notariales dès 1459. Il prend le
nom de "La Grange" probablement entre le XVe et le XVIe siècle. Le premier
seigneur connu est un certain Guion (ou Guyon) le Lièvre, qui rend hommage
au seigneur de Mairé pour sa terre de la Grange le 23 janvier 1507. Au XVIIe
siècle, le manoir appartient aux Quantin, une famille anoblie issue de la
bourgeoise lochoise, mentionnée dans les registres paroissiaux de Mairé. Au
siècle suivant, c'est la célèbre famille de Voyer de Paulmy d'Argenson qui
possède le manoir. Ils sont aussi propriétaires du château des Ormes au nord
de Châtellerault et se sont illustrés dans des charges administratives et
militaires sous Louis XV et Louis XVI. Malgré les troubles de la Révolution,
la famille d'Argenson parvient à conserver la propriété de la Grange et
transforme le manoir: le grand corps de bâtiment situé au sud de la
propriété est construit en 1838. À partir du milieu du XIXe siècle, le
manoir appartient encore à une descendante des d'Argenson, Mélanie Fournier
de Boisayrault d'Oyron, mariée à Jules-Octave Luce de Trémont. Cette
propriété a conservé un pigeonnier-porche du XVIe ou XVIIe siècle, qui
constitue l'un des plus vieux vestiges bâtis présent à Mairé.
Les bâtiments sont répartis autour de deux cours (l'une au nord, l'autre au
sud) séparées par une étable et deux granges. La cour nord rassemble les
différents bâtiments d’exploitation. C’est ici que se trouve l'ancien
pigeonnier-porche, l'élément le plus ancien du manoir de la Grange. L'accès
au pigeonnier se fait par un escalier droit en bois, situé le long de
l'élévation ouest et abrité par un hangar. Les boulins, ou nichoirs à
pigeons, recouvrent les quatre parois intérieures, du sol à la corniche. Ils
sont accessibles par une échelle attachée à un mât qui peut tourner sur
lui-même. Les oiseaux entrent à l’intérieur par une petite ouverture située
sur l’élévation sud. Le passage sous le pigeonnier, qui permettait d’accéder
à la cour du manoir, a été muré à une époque ancienne, comme en témoigne la
forme d'une fenêtre située sur l’élévation sud. En effet, la baie présente
un chanfrein large et un linteau formant un arc segmentaire, ce qui pourrait
permettre de la dater du XVIIe ou du XVIIIe siècle. Le passage muré est donc
devenu une salle basse, voûtée en berceau. Sur les élévations nord et sud,
de grands arcs segmentaires signalent la présence de cet ancien accès à la
cour du manoir. Le pigeonnier a semble-t-il été renforcé vers l'ouest par un
contrefort, visible sur son élévation sud. La tour est couronnée d'une
corniche en calcaire et couverte par un toit en pavillon. La cave, voûtée en
berceau, se trouve dans un bâtiment situé à l’ouest de la cour nord. Il est
accessible par une grande porte couverte d’un arc en plein cintre,
aujourd’hui partiellement murée.
À l’est du pigeonnier, un petit bâtiment localement connu comme le "juche
aux prots", servait de perchoirs à dindes. Absent sur le plan cadastral de
1833, il a dû être construit au XIXe siècle. Cette petite dépendance sépare
le pigeonnier d’un grand corps de bâtiment plus à l’est. Ce dernier devait
accueillir des dépendances et un logement pour les fermiers. La partie
gauche de ce corps de bâtiment présente un sous-bassement en silex et
plusieurs chaînes en pierre de taille sur sa façade. Une étable et une
grange, construites sous le même toit, marquent la séparation entre la cour
nord et la cour sud. Elles sont couvertes par un grenier accessible par deux
lucarnes pendantes. Accolée à ces dépendances et construite en retour
d’équerre, une autre grange est couverte d’un toit à croupe. Elle reprend le
type des granges à avant-toit, particulièrement bien représenté à Mairé. Le
grand logis, construit en 1838, prend place au sud de la propriété. Il est
composé d’un grand corps de logis et de deux pavillons à ces extrémités
occidentales et orientales. La plupart des ouvertures sont couvertes par des
plates-bandes. Aujourd'hui, l'intérieur a été largement transformé et
re-cloisonné. Les élévations sont enduites, hormis l'élévation orientale du
pavillon ouest et l'élévation occidentale du pavillon est. Ces deux façades
sont construites en pierre de taille et sont ouvertes par des oculus,
localement appelées "boulites". À l’ouest, un puits en pierre de taille
permettait aux habitants de s’alimenter en eau. L’exploitation agricole est
complétée par un four à pain, situé au nord et une grange, située au sud de
la propriété. (1)
manoir de la Grange 86270 Mairé, propriété privée, ne se visite pas.
Notre site recense tous les manoirs de France, si vous possédez des
documents concernant ce manoir (architecture, historique, photos) ou si vous
constatez une erreur, contactez nous. Propriétaire
de cet édifice, vous pouvez enrichir notre base de données en nous adressant
des photos pour illustrer cette page, merci.
A voir sur cette page "châteaux
de la Vienne" tous les châteaux répertoriés à ce jour
dans ce département. |
|