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Le site est célèbre car il fut
vraisemblablement le lieu de passage, au VIe siècle, de la relique offerte à
sainte Radegonde. Le lieu était occupé dès le Xe siècle comme l'atteste
l'existence d'une villa qui appartenait à Guillaume II dit Fièrebrace, comte
du Poitou de 963 à 995 sous le nom de Guillaume II et duc d'Aquitaine sous
celui de Guillaume IV. Ancien fief relevant de la baronnie de Grisse,
l'histoire de Sigon peut être retracée d'après les archives. En 1288, le
fief de Sigon était au nom de Pierre de Veer, qui affectait une rente
importante à prélever sur les dîmes étrangères à Migné et Sigon. En 1322, un
autre document précise qu'une partie des terres de Sigon était entre les
mains domini Guillonis de Baucaye, militis, qualifié de seigneur, donc
possesseur de la maison seigneuriale de Sigon. Une transaction datant de
1397 entre Catherine de Machecoul, dame de Sigon, et Pierre Girault pour une
rente de 7 septiers 3 boisseaux, mesure de Sigon. En 1472, la seigneurie de
Sigon se trouvait entre les mains de Thomas de Vivonne, gendre et héritier
de Jean Rabateau. Cette année là, le 10 novembre, Thomas de Vivonne la
vendit à Jean Mérichon, chambellan de Louis XI. L'acte de vente n'indique
pas le prix, car la somme indiquée de 7000 écus concerne également le
Château d'Auxances, vendu en même temps. Mérichon ne put payer comptant la
somme demandée et ce n'est que le 7 avril 1475 qu'Arthus, fils aîné de
thomas de Vivonne put donner à l'acquéreur quittance entière et définitive
du solde.
En 1600, le 10 février, intervint une transaction entre l'abbé de
Montierneuf et Joseph Doyneau, chevalier des ordres du Roi, seigneurs de
Sainte Souline et de Sigon. Joseph Doyneau fut un illustre poitevin de la
fin du XVIe siècle. Il était déjà depuis longtemps seigneur de plusieurs
autres domaines, et ce n'est que vers la fin de sa vie qu'il paraît avoir
fait l'acquisition de la maison noble de Sigon. A son décès, cette maison
passa à sa femme, Louise de Clermont qui la laissa ensuite à sa fille
Isabeau, veuve du Comte de Saint-Mathieu. Au début du XVIIe siècle, Sigon
relève vraisemblablement des seigneurs de Grissé. Les propriétaires de Sigon
à partir du milieu du XVIIe siècle, la famille Cornouaille, sont à l'origine
de l'édification de la chapelle. La chapelle a fait l'objet d'une cérémonie
de bénédiction, en date du 2 juillet 1680, consignée dans les registres
paroissiaux: "Le second jour de juillet (1680), je suis allé, après y avoir
été invité, à la maison noble de Sigon pour assister à la bénédiction de la
chapelle de la dite maison, qui a été faite par M. Montreau-Rabreuil,
sous-doyen de l'église de Poitiers sous l'invocation de saint Jean-Baptiste
et de saint René, étant assisté de monsieur le vénérable curé vicaire
chapelain et autres ecclésiastiques de saint Cybard de Poitiers et de
plusieurs autres personnes de qualité et de mérite. Signé : Jean Surrault,
curé de Migné". Par le mariage en 1692 de Marie Cornouailles avec Pierre
Nicolas, échevin de la ville de Poitiers, la propriété passe progressivement
à la famille de ce dernier jusqu'en 1856.
Cet ensemble, situé dans un vaste parc clos, rassemble plusieurs bâtiments:
un logis de plan rectangulaire allongé seulement à l'est d'un petit bâtiment
plus bas rajouté au début du XXe siècle, un logement secondaire pour le
gardien et des communs, une chapelle. L'accès est matérialisé par un portail
constitué de piliers en pierre, de section carrée, moulurés et couronnés. La
façade, en gouttereau, est ordonnancée à cinq travées et porte centrale.
Au-dessus de la porte, dont les encadrements sont moulurés, se trouve un
balcon en fer forgé. Un escalier monumental, en pierre des Lourdines avec
rampe en fer forgé, dessert les niveaux supérieurs, dont les baies, abritées
par un larmier, disposent d'appuis. Le toit, porté par une corniche
moulurée, est percé de lucarnes à corniches curvilignes et volutes. La
souche de cheminée est en brique. La porte d'entrée, sur la façade
postérieure, est plus petite et basse et semble plus ancienne que les autres
ouvertures. La chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et à saint René
présente les caractéristiques du XVIIe siècle: voûte en berceau plein
cintre, porte en plein cintre avec claveaux très apparents et une agrafe au
sommet de l'arc, surmontée d'un fronton curviligne, façade percée d'un
oculus. La maison du gardien, couverte d'un toit à croupe en tuile, présente
une façade sur rue, en gouttereau, à une travée plus une porte latérale dont
le linteau est orné d'une accolade. La façade sur cour est à une travée,
plus deux baies, dont une récente, au rez-de-chaussée. (1)
manoir de Sigon, rue du docteur Daniel Mesmain, 86440 Migné-Auxances,
propriété privée, ne se visite pas.
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