châteaux de France
       Accueil        châteaux Val de Loire        châteaux pour réceptions        châteaux à l'abandon        Contact        Liens
 
 
 
Château Giscours
 
 

   Le château aurait été construit sur l'emplacement d'une ancienne maison (ou d'un ancien donjon) qui, au XVe siècle, appartient à la famille Donissan et qui dépend de la châtellenie de Blanquefort. Cependant, les plus anciens documents relatant l'histoire du domaine sont deux contrats de vente datant du XVIe siècle. Le premier est élaboré en 1552 entre Gabriel Giraud, propriétaire et seigneur de la maison noble voisine de la Bastide et Pierre de Lhomme, riche marchand de Bordeaux. Si l'acte de vente ne renseigne pas sur l'état de la maison elle-même, il prouve toutefois que les hommes cultivent déjà la vigne. Le second acte date des 23 et 24 décembre 1588 entre Pierre de Lhomme et Pierre d'Arnoul, conseiller au Parlement de Guyenne. Le domaine de "Guiscous" se compose alors d'une demeure à étage, d'une grange au-devant de laquelle se dresse un colombier et d'une vingtaine d'hectares de terres. Si les propriétaires successifs agrandissent et restructurent le domaine, la propriété moderne est véritablement créée au 19e siècle par Marc Promis, grand financier parisien. Ce dernier, en plus d'élargir considérablement le domaine qui atteint 179 hectares, dont 53 plantés en vignes, démolit la vieille habitation et fait élever à la place, entre 1825 et 1835, le château actuel qui se compose d'une imposante demeure, d'écuries, de pressoirs, de chais et de cuviers. Cet ensemble, formant un U, s'articule autour d'une cour, comme le montre le plan cadastral de 1826. Une lithographie tirée de l'ouvrage de Gustave de Galard datant de 1835 représente le corps de logis et les dépendances. Le corps de logis, d'aspect sobre, est rythmé de neuf travées et composé d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré. Le corps central est surélevé d'un étage supplémentaire percé d'ouvertures semi-circulaires et surmonté d'un belvédère. Les toitures sont dotées de balustrades.
De part et d'autre du logis, deux dépendances, abritant pour l'une les écuries et le logement du régisseur, et pour l'autre les pressoirs, chai et cuvier, sont couvertes d'un toit à longs pans et composées de baies rectangulaires en rez-de-chaussée et d'ouvertures semi-circulaires au niveau de l'étage de comble à surcroît. Giscours, mis en vente en 1847, est acquis par Jean-Pierre Pescatore, consul général des Pays-Bas, banquier à Paris. Secondé par un régisseur, Pierre Skawinski, il se consacre à l'amélioration du domaine jusqu'à sa mort en 1856. D'après les ouvrages d'Alfred Danflou (1867) ou de Charles de Lorbac (1868), on lui doit l'aménagement de somptueux jardins. A cette occasion, il a peut-être fait dresser un plan du domaine, non daté, qui est agrémenté de deux dessins représentant les façades du château : on retrouve les dispositions de la lithographie de Gustave de Galard, mis à part le toit en pavillon brisé en ardoise qui remplace le toit terrasse et le belvédère préexistants. C'est probablement Jean-Pierre Pescatore qui fait ainsi modifier le corps de logis. On observe également que la cour formée par les deux ailes de dépendances est fermée d'une grille. En 1868, une photographie publiée dans l'album d'Alfred Danflou représente le château dans le même état et Édouard Guillon le décrit ainsi à cette époque, dans Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde : "il se compose d’un corps-de-logis rectangulaire à deux façades surmontées au centre d’un pavillon terminé par un dôme ardoisé ; autour du logis sont des cours, des servitudes vastes bien agencées, des cuviers et des chais, qui semblent avoir été élevés comme un emblème de l’industrie viticole".
Son neveu Guillaume Pescatore, toujours accompagné de Pierre Skawinski, poursuit jusqu'en 1875 le développement du domaine. En 1875, le négociant Édouard Cruse prend la tête du domaine. Il améliore et transforme largement la propriété, en collaboration avec Pierre Skawinski. Il fait aménager un parc d'une cinquantaine d'hectares par le paysagiste Eugène Bülher et construit à proximité du château une ferme modèle, bâtie sur les plans des architectes Duphot, père et fils, en 1877. Il semblerait que le cuvier ait été entièrement reconstruit à cette époque ; en témoigne la date de 1878 gravée en bas à gauche du fronton orné. Le cuvier jusqu'alors en rez-de-chaussée est transformé en cuvier de type médocain avec un niveau de plancher permettant de charger la vendange par le haut des cuves. Ces aménagements sont encore aujourd'hui en partie conservés (une partie du plancher, le treuil, la maie). Les écuries et les logements appartiennent à la même campagne de travaux, peut-être menée aussi par les architectes Duphot. Enfin, le château fait aussi l'objet de transformations : les lucarnes du pavillon d'ardoise sont agrandies, des œils-de-bœuf sont ajoutés ; les façades sont dotées de portiques à colonnes accessibles par des escaliers droits ou à double volée. Une annexe en rez-de-chaussée ouverte d'une large baie à traverse et meneaux est greffée sur la façade latérale est. Des éléments de décor sont ajoutés sur les travées latérales (attique, pot à feu en amortissement). En 1890, le domaine de Giscours couvre une superficie de 240 hectares. En 1919, la famille Cruse est contrainte de vendre la propriété, rachetée par M. et Mme Grange. Le domaine est finalement vendu en 1946 à la Société à Responsabilité Limitée "Château Giscours" et racheté par Nicolas Tari en 1958 qui modernise l'exploitation. Le domaine est ensuite revendu en 1990 à Eric Albada-Jelgersma.
Le château est situé à l'ouest de la commune et domine le vallon de la Laurina. S'étendant sur une centaine d'hectares et entouré d'un vaste parc, le domaine est composé de deux pôles distincts : au sud, le corps de logis est accompagné des bâtiments vinicoles et des écuries délimitant une cour ; au nord et à distance, la partie agricole comprend une ferme avec logements des ouvriers et une salle d'asile pour les enfants du personnel. Les façades du château, au nord-est sur cour et au sud-ouest sur jardin, sont composées de neuf travées, d'un niveau de soubassement, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage carré. Les trois travées centrales sont surmontées d'un étage supplémentaire coiffé d'un toit en pavillon brisé ; ce dernier en ardoise, bordé par une balustrade, est ouvert par une lucarne sommée d'un fronton et deux œils-de-bœuf. Le rez-de-chaussée est percé de trois portes et doté d'un portique soutenu par quatre colonnes d'ordre dorique, le premier niveau est scandé de colonnes à chapiteaux ioniques et le second étage est traité avec des pilastres à chapiteaux composites. Les travées à l'extrémité sont surmontées d'un attique orné d'une lucarne à volutes, percée d'un œil-de-bœuf et encadrée de pots à feu en amortissement. Les rez-de-chaussée sont accessibles par un degré en pierre au nord et par deux volées symétriques côté sud. La façade latérale orientale qui témoigne de l'étroite profondeur du corps de logis est constituée d'un rez-de-chaussée surélevé percé d'une large fenêtre à traverse et meneaux, encadrée de deux pilastres. Ces derniers soutiennent un entablement séparant rez-de-chaussée et étage en retrait, ce niveau étant percé de baies géminées en plein cintre inscrites dans une arcade ornée d'un oculus aveugle. L'ensemble est surmonté du même type de lucarne à œil-de-bœuf que les façades principales.
Sur le flanc occidental, le logis est complété par une aile en rez-de-chaussée surélevé surmontée d'une balustrade, elle-même prolongée par un bâtiment présentant au sud une façade pignon composée de quatre travées percées de baies à traverse et meneaux. Le niveau de soubassement de ce bâtiment est traité en faux moellons, tandis que l'étage est construit en pierre de taille. La travée centrale est protégée par un toit débordant brisé à aisseliers en bois, coiffé de souches de cheminées jumelles. Les installations vinicoles sont abritées dans deux bâtiments disposés en retour d'équerre au nord du logis. Le bâtiment constitué du cuvier et de la tonnellerie présente côté cour une façade composée de douze travées, dont deux formant pignon et percées de vastes portes d'accès. Le pignon nord couvert d'une demi-croupe supportée par des aisseliers en bois est percé de sept travées. Les façades sont animées par un jeu de bandeaux, d'encadrements de baies, de chaînes d'angle en pierre de taille de calcaire. Un bas-relief sculpté représente une scène de vendange avec cinq angelots déversant des hottes de raisin et foulant les grappes dans un conquet disposé à l'aplomb d'une cuve. La date 1878 et les initiales LT sont gravées en bas à gauche. L'organisation intérieure sur deux niveaux est encore en partie visible même si une grande partie du plancher a été détruite. Le treuil métallique pour le chargement de la vendange et la maie en bois pour la foulée sont conservés. En revanche, les cuves en bois ont été remplacées par des cuves en ciment. Le bâtiment est couvert par une charpente en bois reposant sur des consoles en pierre et renforcée par des tendeurs métalliques. Parallèlement au cuvier est disposé un bâtiment en rez-de-chaussée servant de chai à barriques et complété par un autre bâtiment perpendiculaire avec des cuves en inox et en ciment. L'ancienne écurie, située à l'est du logis et face au cuvier, présente une façade sur cour composée de sept travées, l'une d'elles formant pignon et ouverte de vastes baies surmontées de l'inscription ÉCURIE. La façade nord composée de cinq travées est couverte d'une croupe brisée soutenue par des aisseliers en bois. L'édifice abrite aujourd'hui l'accueil de la propriété et une salle de dégustation.

Éléments protégés MH : le château en totalité, les façades et les toitures du cuvier, des anciennes écuries, de la dépendance, de la maison du gardien, de l'ancienne salle d'asile, de la maison du jardinier, de la ferme Suzanne et de la ferme Camille ; le parc avec le parcours d'eau et sa garenne : inscription par arrêté du 3 novembre 2011.

le château en totalité, les façades et les toitures du cuvier, des anciennes écuries, de la dépendance, de la maison du gardien, de l'ancienne salle d'asile, de la maison du jardinier, de la ferme Suzanne et de la ferme Camille ; le parc avec le parcours d'eau et sa garenne : inscription par arrêté du 3 novembre 2011.

Ce site recense tous les châteaux de France, si vous possédez des documents concernant ce château (architecture, historique, photos) ou si vous constatez une erreur, contactez nous. Licence photos©webmaster B-E : les
photos ci-dessous sont interdites à la publication sur Internet, pour un autre usage nous contacter.
A voir sur cette page "châteaux de Gironde" tous les châteaux répertoriés à ce jour dans ce département.

 
 
 
 
 château Giscours  Labarde  château Giscours  Labarde
 
 
château Giscours  Labarde
 
 
   

 

(1)    Texte de loi sur le droit à l'image des biens (photos)

Sur ce site, tous les châteaux, châteaux forts, manoirs, maisons-fortes, ruines et vestiges importants, chateau hôtel-restaurant, chateaux avec chambres d'hôtes, gîtes, et les châteaux avec salles pour réceptions, vous trouverez la liste de tous les départements en page d'Accueil, mais également une page réservée aux châteaux à l'abandon, en péril, et les châteaux du val de Loire nous avons recensés aussi les châteaux dans les pays francophones, Suisse, Belgique et Grand Duché du Luxembourg voir châteaux Étrangers, et également les châteaux dans des bourgs classés parmi les plus beaux villages de France.

 
 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
Nos sources proviennent à 60% de la base Mérimée, culture.gouv.fr/culture/inventaire/patrimoine, que nous remercions vivement
 
Copyright ©chateauxdefrance@orange.fr     Tous droits réservés.