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Tour du Bost
 
 

 Le mariage de Guillaume du Bois avec Agnès de Communes, fille de Geoffroy de Communes, chevalier, eut lieu avant 1368. En effet, au dénombrement de la maison forte et seigneurie de Communes de 1368, Guillaume du Bois, encore qualifié de damoiseau, et son épouse Agnès, interviennent avec Geoffroy de Communes, chevalier, père de cette dernière. Le 2 juillet 1402, dénombrement par Hugues du Bois au duc de Bourgogne de biens situés en Charolais. Le 16 septembre 1402, reconnaissance de dettes de Huguenin du Bois envers Jehan de Champregnaut, châtelain de Pouilly en Auxois. "Huguenin du Bois, escuyer, seigneur dudit Bois, fils de feu Guillaume du Bois pres Moncenys, doit a Jehan de Champregnaut, chastellain de Poilley, 34 francs d'or et demy pour certains despens faits en son hostel et pour un cheval sur poil brung bait. Promect paier deans un an apres Noël prochain". Le troisième fils de Guillaume du Bois et d'Agnès de Communes, nommé Guillaume comme son père, était entré dans les ordres sacrés. Il devint abbé de Saint-Martin d'Autun à la mort de Jean de Gomen (30 octobre 1420) et mourut jeune après treize ans d'administration en 1433. Pendant la maladie qui termina sa carrière, les parents de Guillaume du Bois vinrent le soigner et l'assister au moment de sa mort survenue le jour de la Toussaint 1433. Il y avait Hugues, bailli de Charolais, sa femme et sa nièce, Jacques, son autre frère accompagné de son fils le Bâtard de la Prée et deux serviteurs. Ce groupe composé donc de sept personnes fit main basse, après le décès, sur tout ce qui se trouvait dans la demeure abbatiale. Une enquête secrète fut faite dans l'intérieur du couvent sur l'ordre du duc de Bourgogne par Jean le Fort, notaire d'Autun, d'après les dépositions des moines et des serviteurs de l'abbaye. Ces événements ne donnent évidemment pas une haute idée de l'honnêteté et de la discrétion de notre bailli de Charolais, mais il faut envisager aussi la mainmise du couvent sur les biens que la famille considérait à juste titre comme siens.
Avant sa mort (vers 1450-1453), Jacques du Bois, pour le repos de son âme, de celle de ses parents, amis et successeurs, seigneurs de la Tour du Bost, avait fondé quatre messes hebdomadaires à dire à la chapelle de la Tour du Bost ou à l'église de Charmoy, devant l'autel de Sainte-Marie Madeleine, lieu de sa sépulture. Une rente annuelle de vingt livres tournois devait être versée au chapelain desservant. En 1462, Claude du Bois, seigneur du Bois, fils du précédent, confirme cette fondation et la rente qui la soutient. Or le chapelain desservant, Jehan Alixant, curé de la Chapelle sous Uchon, désire être déchargé de ce service et le transférer à un autre Jehan Alixant, son neveu. Le seigneur accepte l'échange par gratitude envers Huguenin Alixant, son conseiller et receveur, père de cet autre Jehan Alixant. En 1474, nobles hommes Claude Dubois, Odille de Montjeu et Estienne de Salins, "à cause de leurs enffants, tiennent tant en fied de Mondict seigneur, à cause de son chastel de Moncenis, que de messire d'Uchon, leur terre et seigneurie de la Tour du bois, avec ses appartenances, assise audit bailliage de Moncenis, en valeur chascun an de 124 fr 9 gros". Le 28 août 1526, partage des biens de feu Hely du Botz, alias du Boz, fils de feu noble Claude du Botz, seigneur de Commune, la Tour du Bost, Champvigy et Plomb, entre nobles Fiacre et Charles de Moroges, seigneurs du dit lieu, d'une part, et nobles Anatoire, Antoine et Jeanne du Botz, enfants mineurs de feu noble Hugues du Botz, seigneur du Rousset et de Savianges, d'autre part. En 1581, terrier de la Tour du Bost : "Tous les hommes et subjectz de la Tour du Bos sont tenuz en tems d’éminent péril faire guet et garde en ladicte tour et faire les menues réparations et emparemens tant des barbes a cannes que autres emparemens, ascavoir de baucher la basse-cour en leur fournissant le bois en place".
Archives du château de Bruel à Charmoy : "en 1590, le chasteau de la tour du Boz ayant esté pillé et saccagé aux guerres civiles dernières par le capitaine Saint-Mathieu qui avoit surpris le chasteau de Montcenis qui l’avoisine. Au dit pillage avoit esté pris et enlevé tous les anciens titres et papiers de la maison et famille desdits de Moroges et mesme la meilleur partie dudit chasteau bruslé et voilà pourquoi ils n’ont peu faire apparoir de plus anciens titres pour fonder leur noblesse". Le 9 décembre 1630, inventaire par le notaire Verneau après le décès de messire François de Moroges arrivé dans la première chambre haute de la Tour du Botz le 2 du moys de décembre 1630. C'est inventaire et description des biens meubles, tiltres et papiers délaissés par le décès et trépas de deffunct messire François de Moroges, vivant baron d'Uchon, seigneur de la Tour du Boz, Sirandey, la Bruère, Montaubril, décédé le lundi second jour du présent mois de décembre, fait par moy Verneau, notaire royal, saisi par messire Hugues de Rabutin, seigneur du dit lieu et de Chanvigy et messire Adrien de Traves, seigneur de Monet, ses parents et exécuteurs de testament et ordonnance de dernière volonté lu et publié au bailliage de Montcenis, et ce au proffit de tous qu'il appartiendra, en présence de messire Léon de Chatelux, seigneur et baron d'Avignau et de dame Anne de Moroges, sa femme et compaigne, fille de deffunct messire François de Moroges, et de messire Anthoine Damas, seigneur et baron de Marcilly... "Ce faict, a esté apporté en la dite salle un bahu couvert en bazane noire tenant environ six boisseaux greyne, dont la clef estoit entre les mains du curé de Charmoy, messire Philibert Dechappey, et qui contenoit : le terrier nouvellement faict des redebvances dehues à l'hoirie du deffunct, consistant en vingt-quatre cahiers signés en bas de chaque recognoissance par le notaire royal commis à la confection. La minute du terrier nouveau de Bourdeau de 1619 à 1622, et procès verbal de ceux qui auroient faict difficulté à recognoistre. Le livre de raison du deffunct. Une rente de 12 livres 10 sols constituée en 1621 pour 200 livres. Une rente de 187 livres par an pour un capital de 3000 livres créée au proffit du deffunct par messire Hugues de Rabutin, chevalier, seigneur de Chanvigy. Une rente créée au proffit du deffunct par le seigneur et la dame de Chanvigy en 1617 de 62 livres 10 sols pour 1000 livres. Les divers coffres et arches de la maison contiennent encore beaucoup de vieux papiers".
Le 28 mars 1639, dénombrement de la terre et seigneurie de la Tour du Boz par messire Leon de Chatelux, seigneur et baron d'Avignault, père et administrateur des biens de François de Moroges-Chatelux, son fils, héritier substitué de messire François de Moroges, vivant baron d'Uchon et de la tour du Boz. Elle consiste en toute justice, une grande tour fort élevée. En 1760, inventaire de la seigneurie de la Tour du Bost et fiefs en dépendants; Montessus, Battant, La Roche et Saint Nizier : "touttes les maisons ont besoin de réparations. Pour ce qui est du chateau de Battent, il faut qu'il soit démoli incessament car ceux qui l'habitent courent risque à chaque instant d'en être écrasés. La maison de Saint-Nizier, quoique toutte neuve (qui est en état, expression barrée dans le premier document) n'est bonne que pour loger commodément un fermier. Il faut de plus faire à neuf (réparer à neuf variante barrée) la nef de l'église dudit lieu. La Tour du Bost et la Roche n'ont pas moins besoin de réparations que la dépendance d'iceux. Montessus par les réparations que le seigneur vient de faire, peut absolument servir de retraite à (loger variante barrée) un seigneur qui ne vient que passer quelques jours dans ses terres. Mais il n'y a point de puit dans cette maison ny dehors, ce qui est d'une très grande incommodité".
La Tour du Bost a conservé son caractère médiéval, avec de rares ouvertures à croisées ou à traverse De l’extérieur, on peut remarquer certains remaniements ou destructions que la Tour a connus au cours du temps : sur la face ouest, trois bretèches ont été démontées au cours du temps. Dans la plus basse, on a ménagé deux meurtrières pour arme à feu. Une fenêtre a également été bouchée. Sur la face nord, aucune modification visible. Sur la face sud, la porte et la fenêtre qui la surmonte (partiellement bouchée de briques) sont des ouvertures aménagées plus tardivement (XVIe siècle), tout comme l’escalier (actuellement plan incliné). La fenêtre inférieure avait été bouchée et une meurtrière ménagée ; elle a été ouverte pour faire entrer la poutre dans la tour lors des travaux de décembre 2005. Le côté est a subi le plus de modifications. Des ouvertures ont été modifiées, des éléments ont disparu. Quant aux deux cicatrices parallèles du bas jusqu’en haut, ce sont les traces d’arrachement des murs d’une tourelle accolée, abattue vers 1750 et dont les caractéristiques et les fonctions sont discutées plus loin. Mais les destructions les plus importantes résultèrent d'un incendie provoqué en 1920 par les scouts du Creusot. Cet incendie, qui dura trois semaines, causa la destruction du toit et des planchers. Quelques mesures de protection furent prises après la catastrophe. Puis le monument fut laissé à l’abandon pendant 70 ans. Les murs de la plate-forme sommitale puis les voûtes s’effondrèrent à la longue, entraînant beaucoup de perturbations dans les maçonneries… (1)

Éléments protégés MH : le donjon ; chemise et sol de la parcelle qui entoure le donjon : classement par arrêté du 14 novembre 1997.

tour du Bost 71710 Charmoy, ouverte au public, depuis 2001, des travaux de restauration servent de support à des chantiers et ateliers d'insertion.

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(1) 
 source : www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/index.html

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