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Château d'Estours
 
 

     Bien que le château soit certainement antérieur, les premiers seigneurs connus n'en apparaissent dans les textes qu'au début du XIVe siècle: il s'agit de Duran, puis de Renaud de Feurs, d'origine lyonnaise. En 1404, terrier des seigneuries d'Estours et de la Bâtie. Ce suit les hommes et tenanciers qui doyvent les sommes a messire Guichard de Feurs chevallier seigneur de Les Tours et de La Bastie de Vers. Les hostilités, un moment suspendues après la reprise du château de la Roche de Solutré par les Bourguignons, reprirent de plus belle en 1430. Le sénéchal de Lyon, Humbert de Grolée, reparaît alors sur nos frontières. Le 9 juillet 1430, il écrit de Vinzelles aux consuls de Lyon. Il leur annonce que le gouverneur et lui ont reçu l'obéissance de plusieurs lieux comme Germolle, Vinzelles, où sont logés ses gens. Que le lendemain il a l'espérance d'avoir les Tours de Crèches et Chavigny… "Dieu merci, ajoute-t-il, l'on peut venir de Lyon à Mâcon sans trouver forteresse qui ne soit de l'obéissance de M. le Régent. Mais, éprouvant disette de pain et de blé, il prie la ville de lui faire parvenir à Germolle, sous deux jours, une ou deux battelées chargées de pain promettant de bien payer, autrement il faudrait se retirer avec la troupe au pays Lyonnais, ce qui serait grand dommage". En 1437, établissement d'une garnison de douze hommes pour faire face aux écorcheurs qui parvinrent toutefois à s'y introduire. La ville de Mâcon, pour engager ces aventuriers à se retirer, leur fit donner une somme de 540 livres. Les habitants de Crêches étaient tenus de venir faire le guet à Mâcon. En 1445, le seigneur des Tours obtint du roi qu'il ne seraient plus astreints à faire ce service. Le 16 août 1464, arbitrage concernant des droits de justice entre Louis de Feurs, seigneur d'Estours et le seigneur de Thoiriat.
En février 1471, agissement des troupes du roi Louis XI (registre secrétarial d'Antoine de Lyon) "pendant lesdites troupes au moyen desdits gens de guerre estans en garnison en Mascon et des communes tant de Mascon que du pays furent reconnuees les places et forteresses des Tours, de Vinzelles, de Layne et de Saint Sorlin, lequelles furent par lesdites communes brulees et pillees". En 1479, reconstruction du château après que les milices mâconnaise l'ait brûlé et pillé pour se venger d'une reddition aux troupes royales. Le 21 juin 1607, reprise de fief de portion de la châtellenie de Crèche par noble Philibert Barjot, seigneur de Leynes etc, lieutenant général au bailliage de Mâcon, et demoiselle Claude de Lugny, veuve de noble Louis de Frane, seigneur d'Esserteaux, Manziat et Loize, acquéreurs avec Messire Jean de la Chambre, comte de Savigny et Montfort, et dame Claude de Nanton, sa femme, dame des Tours et de la Bâtie-de-Vers, de Jean de Chandon, premier président en la cour des Aides de Paris, par contrat du 9 octobre 1596. "Le contrat de vente contient que Jean de Chanton cède à Philibert Barjot ce qui dépent de la châtellenie de Crèche es village et paroisse de Chaintré; à Claude de Lugny, veuve du seigneur d'Esserteaux, ce qui dépent de la châtellenie en toute justice sur la paroisse de La Chapelle-de-Guinchay, fors la justice sur les domaines et fonds qui sont de la directe et sensives desdits châteaux des Tours et de la Bâtie-de-Vers en la paroisse de La Chapelle de Guinchay, qui demeure à Jean de la Chambre et Claude de Nanton. A Claude de Lugny, dame d'Essertaux toute justice en tout le domaine lui appartenant au hameau de Massonnay à cause de son château de Loize.Lesquells cession ont été faites par ledit de Chandon à la seurle réserve du droit d'une maille d'or due à cause de la châtellenie de Crèche sur le château de Vinzelles".
Le 5 mars 1648 reprise de fief et dénombrement de la seigneurie des Tours en la paroisse de Crêches par dame Jeanne de La Chambre, veuve de Messire Charles de Damas, chevalier des ordres du roi en ses pays de Bresse. La seigneurie consiste en un château et toutes justices et dépendances, prés, terres, bois, buissons, pêche, prés, bac. Dessertenne, en 1757 "le chateau du seigneur est à Créche, apellé Etours ; ledit Creche étoit autre fois annexe de Châne, il a été érigé en paroisse depuis environ dix ans. Le chateau est à quatre cents pas de mon église, au midi". Dans l'Annuaire statistique et administratif de Saône-et-Loire de 1836 : ancien château féodal, réparé à la moderne. Il est situé sur le ruisseau d'Arlois et est entouré de fossés remplis d'eau... Situé en plaine, à 750 mètres au sud de l'église, le château se trouve sur une plate-forme rectangulaire. Il bénéficie de la présence de l'Arlois qui ravitaille en eau ses larges fossés quadrangulaires parfaitement conservés. L'entrée se fait au nord par une tour-porche percée d'une porte charretière simple surmontée de deux fentes de flèches bouchées. Le site proprement-dit, bâti sur une plate-forme quadrangulaire de 57 x 57 mètres, connaît une légère surélévation pouvant atteindre près de deux mètres par endroits. Le côté oriental de l'ensemble est à présent dépourvu de toute construction. En revanche, le flanc occidental, longé sur une bonne moitié par des bâtiments transformés en appartements, permet de percevoir le tracé de l'enceinte à présent disparue. Une tour ronde imposante, qui atteint plus d'une dizaine de mètres de hauteur, occupe l'angle sud-ouest de la plate-forme. Elle est percée non seulement de canonnières rappelant celles du XVIe siècle mais aussi de meurtrières de grande taille de facture plus ancienne. A proximité, en encorbellement dans une partie non effondrée du mur d'enceinte, se trouve des latrines. (1)

Éléments protégés MH : les façades et les toitures des ailes nord et ouest ; la tour dans l'angle du XVe siècle avec son escalier en vis ; les deux escaliers du XVIIIe siècle de l'aile ouest ; l'oratoire voûté, la cheminée de la salle à manger et de la grande salle au rez-de-chaussée de l'aile ouest ; l'oratoire voûté, chambre numéro trois avec sa cheminée et son décor, les cheminées des chambres au premier étage de l'aile ouest ; les douves et le pont d'accès : inscription par arrêté du 5 décembre 1984.

château d'Estours 71680 Crèches-sur-Saône, propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur.

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 château d'Estours  Crèches-sur-Saône  château d'Estours  Crèches-sur-Saône
 
   
 
 
 


(1) 
  source : www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/index.html

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