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Château de Grammont
 
 

 Première mention en en 1080, à la mort de Geoffroy II de Semur, Hugues Damas hérite du château de Dyo et de la terre Lugny près Charolles. En 1102, charte de saint Hugues, abbé de Cluny, qui rapporte les difficultés entre son petit-neveu Geoffroy de Semur et le couvent de Marcigny. Celui-ci vient à résipicence et s’engage à fournir trente otages, dont dix sergent, dont Hugues de Lugny. En 1366, le lundy après la saint martin d'hiver, lettre par laquelle noble et puissant seigneur Guy seigneur de Cousan et de Lugny-les-Charolles, chevalier, confesse tenir en fief de Jean d'Armagnac son château dudit Lugny et dépendances... Temoins : Guillaume de la Roche, bailly de Charollais, Guillaume Sachet, chevalier, Perrin de Junelay et Jean batard de Montessut, damoiseaux. Le 24 mars 1387, lettre par laquelle messire Guy, seigneur de Cosan et de Lugny, chevalier, conseiller du roi de France, et grand maitre d'Hotel de France, confesse tenir en fief du seigneur comte du Charollais le château de Lugny avec ses dépendances tant en terres, prés, bois, moulins, hommes taillables et francs, tailles, cens, dixmes, pêches, fiefs, rierefiefs, justice haute, moyenne et basse qu'en toute autre chose. Le 13 janvier 1406, reprise de fief faite par Guy seigneur de Cosan et de Lugny, chevalier, de son château et terre de Lugny et dépendances situées en plusieurs territoires du Charollais. Témoin Arnoul Dauphin, chevalier. Les fiefs mouvants dudit château de Lugny sont : La maison forte et terre de Buxeuil que tient Guillomette, veuve, Jacques, Jean et autres enfants et héritiers, de feu Jean de Buxeuil, damoiseau. La forte maison et terre de Vaux de Chaseuil que tient Jean de Mote, chevalier, à cause de sa femme. La maison basse et terre de Chevenizet que tient Jean de Marcilly, chevalier,et toutes autres choses qui meuvent dudit château de Lugny.
En 1411, tenues des assises de justice, au nom d’Hugues de Lévis, seigneur de Cousan et de Lugny, puis d’Isabelle de Damas, dame du Plessis, sa femme. En 1419, Eustache de Lévis, partisan du dauphin, se voit confisqué de tous ses biens au profit de Nicolas Rolin, parmi lesquels la baronnie de Lugny, avec Bragny, La Perrière et le Plessis. Le 1er septembre 1439, copie d’une lettre du roi Charles, qui veut que Eustache de Lévis, seigneur de Villeneuve, et Alips de Cousan, sa femme, soit remis en la possession et jouissance des châteaux et châtellenies de la Perrière, du Plessis et de Lugny, situés en Charollais, et du village de Bragny en partie, situé en Bourgogne. Héritière de feu Guy de Cousan son frère, seigneur de Cousan. Lesquels biens avaient été saisis et emparés par Nicolas Rolin, seigneur d’Authume, pour lors chancelier du duc de Bourgogne, du temps des dissentions entre le roi et le duc de Bourgogne. En 1456, Hugues de Lévis, seigneur de Cousan et de Lugny, époux de Isabelle de Dame, fait effectuer les réparations des couvertures du château de Lugny. Prix fait, pour recouvrir à neuf une partie des toits du château de Lugny, passé moyennant la somme de neuf francs et trois bichets de méteil. En 1543 à Lugny; en ladite paroisse est assis le chastel et maison fort de Lugny appartenant a noble seigneur Claude de Leinchet de Lousan auquel a présent réside messire François Phelipe receveur dudit lieu.
Dénombrement en 1724 de la terre de Lugny. "Forteresse formée de hautes murailles environnées de quatre tours, manoir dans lequel sont plusieurs chambre habituelles en bâtiments, une chapelle, avec une grande tour par le milieu dudit chateau ; à l'entrée est un pont-levis et un autre pont dormant. A l'entour duquel château sont les fossés d'icelui". En 1769, aveu et dénombrement de la baronie de Lugny. "Le château comporte alors chambres basses et hautes tant au rez-de-chaussée que aux premier et deuxième étages et qui forment plusieurs salles, salons et cabinets avec une chapelle domestique, vestibules, offices, cuisine, garde manger, avec greniers. Il est précédé d’une cour d’entrée en dedans de laquelle et aux côtés d’icelle, sont deux grands corps de bâtiments contenant celliers, chambres, remises et greniers à foin et à fruits, une grande allée implantée d’ormes et de tilleuls pour entrer au château". Le château est rebâti en 1770 sur les plans de l'architecte Edme Verniquet, qui dessina également Digoine et Le Terreau. Monnier écrit en 1856, Lugny était une des quatre anciennes baronnies du Charollais. Le château est remarquable par sa belle position et les jardins magnifiques qui l'entourent.
Description de Françoise Vignier en 1981 : La conception de ce château témoigne de la maîtrise d’un architecte, jusqu’à ce jour inconnu, qui sut faire d’une forteresse médiévale une très belle demeure conforme aux canons du XVIIIe siècle finissant. Il a, en effet, créée, à partir d’un château polygonal, un édifice comportant un corps central et deux courtes ailes en retour d’équerre vers le nord. L’ensemble possède un rez-de-chaussée, un étage carré, un demi-étage et un étage de comble. Mais il ne s’agit point de l’habituel bâtiment de plan rectangulaire : sept pans irréguliers constituent les façades ouest, nord et est, dépourvues de toutes ornementation, tandis que les ailes sont implantées en biais, leurs angles extérieur seuls étant perpendiculaires à la façade principale. En outre, une tour d’escalier carré, percée au rez-de-chaussée d’une porte à linteau en accolade aux armes des Levis et des Damas de Cousan, a été incluse dans œuvre dans la façade sur cour de l’aile est… Accolée aux communs de l’est et ouvrant sur une terrasse en contrebas, se trouve une orangerie encore en usage, dont le rez-de-chaussée voûté d’arêtes retombant sur des colonnes engagées… Au nord-ouest, au centre de la cour de la ferme, se dresse un haut colombier circulaire dont l’étage supérieur, souligné par un bandeau, est doté de deux baies surmontées de frontons triangulaires… Le château a conservé son décor d’origine : dessus-de-porte peints dans deux chambres, grands panneaux à paysages dans la salle à manger, lambris dans la plupart des pièces.
Le site se trouve sur une hauteur dominant la vallée de l’Arconce, qui s’écoule à une centaine de mètres au sud. Le château médiéval fut démoli jusqu’à hauteur du premier étage pour servir de fondation au nouveau château, dont la façade sud est en forme de polygone, reconstruit sous Antoine de Lévis, par l’architecte Edme Verniquet, en 1770. Un important remblai fut utilisé pour combler le fossé et mettre la cour au niveau des nouvelles constructions. Il atteint environ une huitaine de mètres sur la façade sud. Toute une série de caves se trouvent sous l’édifice actuel et dont les voûtes refaites s’appuient sur les murs et murailles antérieures. On y accède par un escalier à vis, logé dans une tour arasée qui a conservé une meurtrière coudée, percée dans l’épaisseur de la muraille qui dépasse les trois mètres d’épaisseur. Une porte chanfreinée à imposte termine l’escalier. Cette tour est englobée dans le deuxième côté de la façade sud, sur la gauche, l’ouverture de la meurtrière est visible sous la première fenêtre, à un mètre du sol. A l’extrémité de la deuxième cave, on débouche sur une petite pièce rectangulaire, au plafond voûté et dont le plancher supporté par des corbeaux, a disparu. Dans la pièce en contrebas, correspondant au rez-de-chaussée du vieux château, se trouve une porte condamnée et deux meurtrières percées dans la muraille. Cet ensemble se trouve à droite de l’escalier d’entrée de la façade sud. Un soupirail, visible au ras du sol, débouche en haut de la pièce voûtée. Une porte, sur la gauche de la façade avant, donne dans une cave voûtée, en partie reconstruite au XIXe siècle, au fond de laquelle se trouve un massif de pierre très épais, percé d’une petite porte à chanfrein qui donne dans les caves susdites. Deux ailes de commun encadrent la cour d’honneur. Ils se composent de plusieurs pièces voûtées d’arêtes reposant sur des piliers centraux. Un petit corridor reliait le château à l’aile de commun sur la droite, où se trouvait les cuisines, avant qu’elles n’aillent remplacer l’escalier de la tour du château, lors des réaménagements entrepris par le comte Théodule de Grammont, en 1930. Dans le parc se trouve une petite glacière. (1)

Éléments protégés MH : le château ; les façades et les toitures des communs ; la cour d'honneur avec sa grille ; le parc: inscription par arrêté du 24 septembre 1964.

château de Grammont 71120 Lugny-lès-Charolles, propriété privée, ne se visite pas.

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     source : www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/index.html

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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