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Château de Gros Chigy
 
 

           Première mention en 1040 ou nous trouvons Létaud de Chigy (cartulaire de Cluny). En février 1188, Philippe Auguste expose comment il a pris sous sa protection les hommes de Saint-André-le-Désert. Il leur a donné des franchises selon la coutume de Lorris-en-Gatinais. En 1242, Guillaume de Sailly tient en fief du duc Hugues IV Chigy et Saint-André-le-Désert. Le 10 septembre 1387, noble homme Droin de Vault, seigneur de Chigy, damoiseau, reconnaît avoir reçu de noble homme Guillaume de Vinzelle, chevalier, "800 aurei, dans et sur sa maison forte de Chigy, avec les rentes, tailles, coutumes, justices hautes et basses et autres dépendances et appartenances, pour la quittance des assignats de mariage faites pour le mariage dudit Droin de Chigy avec Emphélise, fille de Guillaume de Vinzelles". A Paris en 1392, le roi de France fit grâce à Droin de Vaulx pour le crime qu'il avait commis sur le sergent royal Moulin Roger. Après avoir passé 9 mois en prison, payé 300 livres tournois d'amende et avoir vu sa forteresse de Chigy "desmolie et abattue", Droin de Vaulx obtient l'autorisation de réédifier et restaurer son château, bien dont il portait les armes et le nom. Le roi ordonna à tous ses officiers de le laisser faire, sans empêchement et en toute quiétude. En 1474, Guillaume de Laubespin et Claude de Vaux de Chezeulx, sa femme, seigneurs de Chigy, "confessent tenir en fief de M. le duc à cause de sa comté de Brancion, savoir le château dudit Chigy assis au bailliage, judicature et diocèse de Maconnois, paroisse et prévôté de Saint-André-le-Désert, avec tous les droits de ladite terre de Chigy en toute justice, en suivant semblable concession faite par feu Droin de Vaulx de Cheseulx, jadis seigneur dudit Chigy et dudit Vaux de Cheseulx et grand-père de ladite Claude de Cheseulx".
Le 29 janvier 1649, dénombrement de Péronne des Marins, veuve d'Hugues de Rabutin, de son "chastel et maison forte audit Chigy, avec autre maisons, granges, estables, estant dans la basse-cour dudit chastel et deux tours rondes à l'entrée, et entre le portail d'iceluy; ensemble un colombier, verger, serves et jardins dehors, un autre verger joignant à la chapelle de Saint Ligier, une vigne du coté de bize joignant la cour dudit chastel, contenant la place à sept-vingt ouvrées". Le 22 septembre 1684, état des lieux lors du décès de Jean-Philippe de Champier. Deux prud'hommes furent chargés de visiter les bâtiments de Chigy et d'indiquer les réparations jugées nécessaires: "Ils déclarent que la cheminée du fournier est à refaire, que les murs et toitures des étables à boeufs sont à remailler ainsi que celles qui soutiennent le portail; qu'il faut changer des sablières au couvert et changer des piliers de bois de l'appentis; au regard du château, les prud'hommes ont reconnu des ruines très considérables aux murailles qui ne sauraient être réparées à moins de les prendre de fondation, parce que lesdites murailles sont toutes fendues, et partie des planchers d'en haut pourris et gâtés". Le 16 avril 1693, testament d'Antoinette-Louise de Rabutin, comtesse de Chigy, rédigé en sa chambre du château de Chigy l'Aubespin, sa demeure. Elle souhaite être inhumée dans la chapelle du château de Chigy.
Le 13 novembre 1698 et le 10 mai 1699, Georges-Melchior de Champier-Rabutin reprend de fief pour sa seigneurie de Chigy-l'Aubespin, constituée d'un "chastel et maison forte consistant en chambres hautes et basses, granges, ecuries, basse-cour, deux colombiers, jardins, vergers, chapelle, prison, pré, terre, maison de grangerie consistant en granges, estables, le tout joint et contigus et enclos de grands chemins". Il possède la totale justice, haute, moyenne et basse, a droit d'instituer et destituer tous les officiers de ladite justice. Pour la sureté du chastel dudit Chigy, en temps de guerre et d'éminent péril, le seigneur a le droit de contrainte et peut faire contribuer les sujets des hameaux environnants au guet et à la garde dudit château : "De mesme, ledit seigneur a droit de prendre et faire prendre tous bois et pierres tant à chauffer qu'à maisonner pour l'édifice du chastel dudit Chigy dans les communes de Sailly et Changy et tous ses bestiaux en tout temps. Il est dit aussi que tous les sujets et retrayants seront tenus aux reparations necessaires des ponts levant, portes, planchettes et menues reparations en fournissant les bois necessaires". Le 8 mars 1768, aveux et dénombrement de Chigy par Messire Michel Ducret de Chigy, écuyer, officier aux gardes françaises, demeurant à Paris. "Un château ou maison forte situé audit Chigy avec ses écuries étant dans la basse-cour, deux tours rondes à l'entrée dudit château et entre ycelles le portail, les vergers avec d'anciennes pièces d'eau propre à conserver du poisson, un jardin et une grande chapelle, le tout dans un même clos fermé . Item le droit et faculté de faire célébrer par les curés ou vicaire de Saint André la messe tous les jours et dimanches ou fêtes solennelles en la chapelle du château de Sigy".
Le 1er septembre 1770, Michel Ducrest, seigneur de Chigy, précise à l'intendant royal : "je sais seulement et positivement qu'à Chigy il y a un auditoire et des prisons et que la justice s'y rend exactement comme à Saint-André pour la partie qui m'appartient patrimonialement et cette partie est la moitié; l'autre moitié est au roy et c'est de cette partie que je suis engagiste. De temps immémorial, les officiers sont nommés par le roy et présentés par le seigneur à la forme de l'engagement, ils ont toujours rendu justice et se sont servis des prisons qui sont à Chigy". En 1793, vente du château du Gros-Chigy comme bien national. "Les premier et second articles du domaine appelle la réserve du ci-devant château de Chigy situé en la commune de Bourg le Dézert cy devant Saint-André, provenant de l'émigrée Jeanne-Louise-Guyonne Ogier, veuve Ducret; le premier article consistant en un pré appelé en La Saugire contenant environ vingt arpens et quart, estimé trente trois milles livres, confirmé au levant et midy par différents chemins, au couchant et au nord par les vergers, jardins et terres de ladite émigrée. Et le second article consiste en un cy devant château, une grange, deux écuries et d'autres petites écuries, un jardin, verger, cour, le tout contigu et contenant environ trois arpens et demy estimé onze mille livres y compris un tinailler où sont un grand pressoir et quatre cuves, confiné au levant et au nord par les fonds de ladite émigrée, au midy et couchant par differents chemins. L'adjudicataire n'aura rien à prétendre et ne seront point compris dans la vente les ustensiles, meuble et effets mobiliers qui pourraient se trouver aux bâtiments et sur les fonds vendus. Il sera tenu de démolir et de faire disparaître dans le plus bref délai les tours et autres signes de féodalités du cy devant château, même de combler les fossés s'il y en a. Le tout de manière que ce château ne soit plus qu'une maison rurale ; à défaut de quoi le tout sera fait aux frais, périls et risques de l'adjudicataire".
Le 24 décembre 1797 (4 nivôse de l'an VI), convention établie entre Jean Ducrot et Jean-Marie Guigue, de Salornay et Joseph Delaye, de Cormatin "lesquels promettent et s'obligent de démolir le pavillon au nord du cy-devant le château de Chigy, régnant sur la chambre appellée chambre dorée jusqu'au niveau de la couverture de la dite chambre qui est à lave, de manière que la couverture du pavillon et de la dite chambre soient de niveau et ayant la même chute d'eau; de démolir également la petite tour en soir dudit château, d'arrêter ladite démolition au second étage, de démolir la tour qui règne sur l'entrée dudit ci-devant château à la hauteur que jugera le citoyen Ducrot, et de rétablir les couvertures sur tous les appartements sujets à démolition, de donner la forme en appentis à celle qui est en soir, de rétablir également la couverture sur la tour qui se trouve à l’orient de la terrasse en forme d'appentis pour rendre son niveau à la couverture du tinalier, de recouvrir celle qui règne sur la porte d'entrée et tout le tinalier, de faire le tout en bonne et solide ouvrage et s'il faut quelque pièces de bois pour le rétablissement de la ditte couverture autres que celles qui y seront préalablement employées, le dit Ducrot les fournira toute bruttes et les citoyens Guigue et Delaye les travailleront et emploiront utilement dans la partie nécessaire, le surplus des matériaux qui proviendront des dites démolitions appartiendront aux citoyens Delaye et Guigue qui ne pourront néanmoins les enlever qu'après visite faite de leur ouvrage; et pour indemnité le citoyen Ducrot promet leur livrer une année de bled froment estimée ainsi que les matériaux qui pourraient être de reste, une somme de 60 francs ; demeure convenu que pour le rétablissement des couvertures, les meilleurs matériaux tant en bois qu'autres seront employés, et toute la couverture faite à tulle plate".
Archives privées du château du Gros Chigy le 21 juin 1847, visite et estimation des immeubles donnant un aperçu de l'état des bâtiments du château : "deux grands corps de bâtiments au village du Gros Chigy appelé le château, ayant un portail à l'entrée entre deux tours et donnant sur une vaste cour qui sépare les bâtiments en deux. Le premier en midi est composé de la tour à l'entrée, d'un hangar sous lequel est un puits, d'une écurie à chevaux et fournil, d'une autre écurie ou cave à la suite. D'une grande chambre servant de cuisine et donnant sur la cour, cabinet et cave derrière. De trois grandes chambres à la suite les unes des autres. D'une autre chambre en midi au-dessus de laquelle est une grande tour carrée, d'un grand corridor avec escalier pour conduire à l'étage et d'un vestibule. Au-dessus de ces appartements sont de grandes chambres ou galetas délabrés avec greniers sur le tout. Dessous les chambres, deux grandes caves voûtées et un caveau. Contre ce bâtiment, du côté de nord, un ténailler avec grenier four et grenier à la suite. Derrière le cuvage est une cave avec terrasse et cabinet au-dessus, en midi se trouve le jardin d'une contenance de vingt-quatre ares. L'autre corps de bâtiment se compose d'une tour ayant colombier dessus, et genilier dessous. D'une grande écurie voûtée, une autre écurie à bœufs à la suite, grand fenil sur le tout. D'un genilier, d'une écurie avec fenil, d'une grange, d'une mauvaise écurie de moutons et d'un fenil. Le tout est désigné au plan cadastral. Les bâtiments sont construits en pierre et couverts à laves et très anciens et en mauvais état".
À flanc de coteau, à deux kilomètres à l'est de Saint-André, et à cent mètres à l'est du hameau du Gros Chigy. Le château du Gros Chigy se présente comme une enceinte quadrangulaire. La porterie est au nord, près de l'angle nord-ouest. Le corps de logis seigneurial occupe le côté ouest. La tour maîtresse se dresse dans l'angle sud-ouest. Des communs occupent les trois autres côtés. La porterie est composée d'une porte charretière avec porte piétonne à droite, le tout surmonté de trois fentes de flèches. L'interstice entre les fentes de la porte charretière est tombé. La fente de la porte piétonne est entourée d'une réserve en retrait pour accueillir l'arceau de la chaîne. L'huisserie de la porte piétonne semble ancienne. Elle est fermée par un épar. Le corps de logis, le long de la courtine occidentale, est d'une structure très complexe, suite à de nombreux remaniements. La partie la plus ancienne est le cellier : il est couvert d'une voûte d'arête à dix compartiments, dont les liernes prismatiques reposent sur quatre piliers centraux. Ce cellier était à l'origine de plein pied avec la cour, sur laquelle il s'ouvrait par une large baie couverte d'un arc surbaissé. Cette baie était protégée par une bretèche, dont les corbeaux se voient encore dans la cour. Cette baie est aujourd'hui bouchée, et le cellier est totalement enterré. L'accès au corps de logis se fait par une petite tour-porche carrée bâtie sur la cour. Cette tour porche, qui devait être précédée d'un fossé, est ouverte à l'est, sur la cour, par une porte piétonne munie d'un pont-levis à flèche unique, avec retrait pour l'arceau de la chaîne. Cette porte est encadrée de deux canonnières à fente de visée verticale et orifice de tir bas pour pièce légère. Deux autres portes s'ouvrent sur le flanc droit de la tour-porche. Celle de gauche, côté cour, était munie d'un petit pont-levis à corde. Celle de droite, entourée d'un bossage à trou, donne accès au cellier. La tour maîtresse, en saillie sur l'angle sud-ouest, est composée d'un rez-de-chaussée voûté semi-enterré, trois étages carrés et un étage de tir en encorbellement. Le premier étage est muni d'une canonnière à fente de visée et trou de tir inférieur; le troisième étage est équipé de latrines en encorbellement sur la face nord. Le quatrième étage forme un mâchicoulis continu. Le mur-bahu est en brique ; il est percé d'un feston de canonnières à fentes de visées, et d'une fenêtre par façade. La façade sud du château est portée par un mur de soutènement rythmé par d'épais contreforts. Les mâchicoulis de la tour se prolongeait sur le logis, qui porte encore son cordon de corbeaux. Une seconde tour carrée se dresse au milieu de la courtine sud. Au nord de la cour, à côté de la porte, une salle voûté de croisés d'ogive très fermée sert aujourd'hui d'étable. Son couvrement pourrait l'identifier à une chapelle. Salch pense plutôt qu'il s'agit d'une écurie type Vincy. (1)

Éléments protégés MH : les façades et les toitures à l'exception du bâtiment moderne : inscription par arrêté du 26 octobre 1967.

château de Gros Chigy 71220 Saint-André-le-Désert, propriété privée, ne se visite pas.

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(1)
    source : www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/index.html

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique
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