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Depuis 1357 au moins, les La Tour sont
possessionnés au Plessis, fief dont il prennent le nom. Le château actuel du
Plessis a été édifié en juin 1497, date où Pierre II, duc de Bourbon,
accorde à Jehan-Nicolas du Plessis, docteur et official d'Orléans, la
permission de faire en sa maison du Plessis fossés, portes, pont-levis,
créneaux, tours, tourelles, mâchicoulis, canonnières et autres choses
nécessaires pour la défense de ladite place et aussi d'y construire un
colombier. Vers 1553 ou 1554, Geoffroy Aubery, maire de Moulins, achète le
Plessis. Vers 1630, le poète jésuite Jean Aubery décrit ces lieux, alors
splendides. Le château, décoré à la gloire de Geoffroy Aubery, comporte des
peintures murales et des tapisseries illustrant la vie de Godefroy de
Bouillon, modèle mythique, mêlé aux dauphins des armes Aubery. Ces animaux
sont prétexte à des représentations allégoriques illustrant leur caractère.
Des scènes de bataille mettent en scène Godefroy de Bouillon et Geoffroy
Aubery (Prise de Jérusalem par les Croisés, campagnes d'Italie sous François
Ier). Un blason de pierre aux armes des Aubery se voit encore dans la salle
basse de la tour carrée. La chapelle est peinte à fresque et richement
meublée. Quant au jardin, Antoine et Jean Aubery, seigneurs du lieu et
cousins du poète, en entretiennent avec soin la charmille ou labyrinthe, les
fontaines, bosquets, parterres de carrés, pièce de gazon, terrasses, allées,
canaux d'irrigation servant aussi de vivier, d'abreuvoir, et de lavoir,
vignes, canaux, allées. Puis le château, partagé entre trois frères Aubery
constamment en procès, se dégrade irrémédiablement. Entre 1726 et 1729,
charmille et jardins sont dévastés. En 1772, les cuisines et les communs
s'écroulent. En 1890, Le Plessis devint la propriété du docteur Petit et
sauvé de la ruine. Sa descendance habite toujours le château.
Le château, couvert d'un toit de tuile plate à deux croupes et bâti en
pierre de taille (grès), a été entièrement construit d'un bloc en 1497.
L'ensemble est caractérisé par un système défensif austère, peut-être en
lien avec l'utilisation d'armes nouvelles. Au nord, une tour carrée aux
petites pièces voûtées d'ogives comporte deux chemins de ronde intérieurs
éclairés d'archères à trou central. Un glacis protège le bas des murs. Au
sud, la tour d'escalier se termine par une pièce de défense : des
mâchicoulis couverts sur consoles forment un chemin de ronde intérieur. S'y
ajoutent de fausses couleuvrines dissuasives, des archères, de nombreux
trous de visée de canonnières. Des contreforts ronds en forme d'échauguette
protègent les angles du logis du tir des canons. De l'enceinte extérieure,
il ne reste que les deux tours de défense qui flanquaient le pont-levis. Ce
manifeste souci de défense s'allie au confort. Les chemins de ronde font
office de latrines, les deux tours d'enceinte de pigeonnier et de chapelle.
Toutes les cheminées, à hottes droites et de style gothique flamboyant, sont
conservées. Elles étaient peintes à l'origine. En témoignent le blason plat
autrefois peint d'une des cheminées du logis central, ainsi que les traces
de pigment noir d'origine sur la cheminée de la tour d'escalier. Les Aubery
ont fait placer une porte de fer d'un travail très soigné à l'étage de la
tour carrée.
Éléments protégés MH: le château du Plessis : inscription par arrêté du 13
février 1928.
château du Plessis 03210 Autry-Issards, propriété privée, ne se
visite pas, visible de l'extérieur.
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