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Édifiée en pleine Renaissance, cette demeure offre une
parfaite homogénéité architecturale. Une allée conduit à la maison flanquée
de deux poivrières et entourée de douves. S'il présente un gros logis, un
pavillon à chemin de ronde, des mâchicoulis et des meurtrières, ce château
est bien éclairé par de larges baies à meneaux. Un portail orné de choux
frisés s'ouvre sur un escalier voûté d'ogives avec des retombées en culs de
lampe. Celui-ci s'inscrit dans la tour carrée qui s'achève par une belle
loggia. Pour reprendre leur jonction, les douves asséchées espèrent
l'ouverture de la digue retenant la rivière l'Isle toute proche. À
l'origine, porté à la tête de l'hôtel de ville de Périgueux en 1444, Forton
de Saint Astier jette son dévolu sur une terre située à quelques lieues de
sa capitale. Mais il n'y a là qu'un modeste domaine, constitué sans doute
d'une maison-forte, de prés, de bergères et de rivières. Forton prend alors
le titre de seigneur des Bories. En épousant une Jeanne de Hautefort, leur
fils pourra faire élever une élégante demeure dans le goût du jour.
En 1592, un autre Henri de Saint Astier, ayant embrassé la religion
réformée, est contraint de faire le siège de son propre bien occupé par les
catholiques. Les querelles des frondeurs auront raison une nouvelle fois de
la maison qu'il faut reprendre. Sous la Révolution, Pierre de Saint Astier
émigre et après avoir divorcé laisse son bien à son épouse ; de ce fait, les
sans culottes épargnent la ci-devant et le château. Ensuite le marquis
revenu d'Allemagne, le couple se reformera et depuis les Bories continuent à
se dresser intacts jusqu'à nous. Au XIXe siècle, il se disait que le marquis
de Saint Astier pouvait guérir les enfants rachitiques, il touchait les
écrouelles, ces infections ganglionnaires d'origine tuberculeuse. Bien que
le marquis imposait les mains sur les scrofuleux, l'histoire n'a toujours
pas relevé de miracles. Lorsqu'en 1891 Albéric de Saint Astier s'éteignit,
ce titulaire du fief sans postérité, légua le château au comte de Paris,
dernier prétendant au trône de France. Sa collection de tableaux est
présentée au musée de Périgueux.
Éléments protégés MH: le château des Bories en totalité : classement par
arrêté du 29 mars 1974.
château des Bories 24420 Antonne-et-Trigonant, tél. 05 53 06 00 01,
ouvert au public du 1er juillet au 30 août de 15h à 18h. Découvrez la
splendide architecture intérieure, l'escalier monumental, la salles des
gardes, et la grande galerie en sont des exemples révélateurs, le comte et
la comtesse de Lary de la Tour continuent aujourd'hui l'entretien de
l'édifice et de son parc partiellement détruit par la tempête de 1999.
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