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Une tradition
fortement ancrée fait naître saint Avit en ce lieu, mercenaire à l'origine,
il aurait été fait prisonnier par Clovis à la bataille de Vouillé; de sa
geôle, il ne lui resta qu'à convertir Clotilde au catholicisme. La partie la
plus ancienne, encore visible, de cette vaste construction, est une grosse
tour cylindrique du nord-est sur laquelle se greffe tout le reste. Elle
était déjà dressée au temps des premières guerres anglaises. À la fin du
XVIe siècle, une nouvelle demeure fut entreprise. L'aspect le plus réussi
est sans conteste le pavillon d'angle, inachevé, qui reprend le parti des
architectes Pierre Lescot et Philibert de Lorme, ils auraient dessiné
celui-ci sur le modèle de la cour carrée du Louvre. La maison bruisse encore
du souvenir d'Isabeau de Limeuil, une des belles de l'escadron volant de
Catherine de Médicis, liée familialement aux la Tour d'Auvergne, seigneurs
de Lanquais. Un temps durant, les Médicis, Ronsard, les Brantôme, les
Bourbons ne parlaient que des scandales d'Isabeau. Retenue par la Reine mère
pour s'emparer de l'âme du prince de Condé, la belle en devint follement
amoureuse et son sein en porta bien vite le témoignage. Lorsque toute la
cour la vit accoucher en plein bal, à Bar-le-Duc, la Reine Noire la priva de
son fils, et la pria de se retirer sur ses terres de Lanquais, mais favorisa
son mariage. Le banquier Scipion Sardini, à la bourse bien ferrée, sauva
l'honneur. Le 24 mars 1577, Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne,
et duc de Bouillon, vint y faire donner le canon pour punir les catholiques,
conduits par son cousin Galliot. Il fit tirer cinq cents boulets et s'en
retourna. Son passage se lit toujours sur les pierres de la noble demeure.
Le plan primitif du château du XVe siècle devait doubler approximativement
les bâtiments subsistants, composés d'un grand corps de logis flanqué, à
l'angle nord-est, d'une grosse tour ronde. Sur la face sud est accolée la
tourelle d'escalier. La tour et la façade sont couronnées d'un mâchicoulis
portant crénelage. Le château du XVIe siècle présente deux bâtiments
perpendiculaires formant un T. Le projet final semble avoir été un grand
corps de logis flanqué de deux pavillons. L'escalier est à l'extrémité du
pavillon et aboutit à une galerie desservant les pièces. Les élévations sont
d'esprit entièrement classique : de larges bandeaux horizontaux divisent les
étages ; des chaînages de pierre rythment les façades dans le sens vertical,
au droit des fenêtres. Sur les toitures, les lucarnes sont couronnées de
frontons. Le vocabulaire décoratif est également classique : bandeau,
corniche, chaînage d'angle, fronton sont d'un dessin entièrement nouveau.
Dans l'ensemble, l'intérieur est intact : plafond, plancher, menuiseries
datent de l'époque de construction. Cheminées monumentales sculptées.
Éléments protégés MH: le château et l'allée d'ormeaux qui y conduit :
classement par arrêté du 8 juillet 1942. L'aile ouest, les dépendances, le
mur d'enceinte, la cour et son terrain d'assiette, en totalité, à
l'exception des parties déjà classées : inscription par arrêté du 14
septembre 2010.
château de Lanquais 24150 Lanquais, tél. 05 53 61 24 24, fax. 05 53 73 20
72, ouvert au public, visite du château, des caves et des souterrains.
Location de salles : réception, tournage de film, chambres d'hôtes et stages
résidentiels. Du 1er avril à la Toussaint, horaires en juillet et août : de
10h à 19h sans interruption tous les jours. Retrouvez la vie quotidienne du
Moyen-Âge à la Renaissance. Animations et visites nocturnes les vendredis du
25 juillet au 22 août à 21h30.
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