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La construction du château fort de Chamaret démarre par
celle du donjon, dès le début du XIIe siècle, sous Dodon II de Chamaret,
membre d'une familles parmi les plus importantes du Tricastin à cette
époque. En 1157, un acte est dressé dans le "castrum camaretum" (cité dans
le cartulaire de Richerenches). Une chapelle castrale dédiée à
Saint-Barthélemy est édifiée en même temps que le donjon. Elle comprenait
une nef de deux travées, terminée par une abside semi-circulaire voûtée en
cul-de-four. La construction de la forteresse se poursuit en plusieurs
étapes tout au long du XIIIe siècle, d'abord par l'extension du logis accolé
au nord du donjon, au sommet duquel sont aménagés des hourds ; puis la
partie basse du donjon est percée d'une entrée avec une porte et une partie
habitable qui sera prolongée d'un bâtiment vers l'ouest. Ce château fort
comprenait donc le donjon appelé "la Tour", deux bâtiments d'habitation,
deux cours intérieures et une chapelle castrale, l'ensemble protégé par une
enceinte édifiée au XIVe siècle, dans laquelle est pratiquée une porte
fortifiée. Après le partage de 1254, puis les différentes acquisitions des
Adhémar de Grignan, la terre de Chamaret restera unie à la baronnie de
Grignan jusqu'à la Révolution. La chapelle menaçant ruine à la fin du XVIIe
siècle, le choeur ayant été emporté dans l'éboulement de 1696, fut presque
totalement démantelée alors ; cependant, ses substructures existaient encore
à la fin du XIXe siècle. En 1894-1895, une restauration partielle du donjon,
sur les plans de J. Rey, architecte à Valence, est réalisée grâce au legs
fait à la commune à cette intention par Xavier Sylvestre (décédé en 1891);
on construit un escalier intérieur dans la tour, qui est surmontée d'un
clocher, selon le voeu du testataire. La plate-forme a été consolidée à
cette occasion, mais les bâtiments d'habitation et les structures annexes
n'ont pas été restaurés. Une opération d'archéologie préventive a été
effectuée en 1995..
Le château fort de Chamaret est édifié à la pointe nord du plateau des Puys,
sur une plate-forme de 1250 m², de type éperon barré, isolée par un large
fossé. Il était entouré d'une enceinte, en grande partie disparue. Le
château est composé du donjon appelé "la Tour" auquel sont accolés, au nord
et à l'ouest, des vestiges de bâtiments d'habitation fortifiés, d'une petite
cour au nord-ouest, et des ruines de la chapelle castrale au sud. Le donjon
quadrangulaire, ainsi que les vestiges des différents ouvrages, sont
construits en moyen appareil de calcaire à joints fins (certains murs
présentant quelques assises en molasse). Le donjon est précédé d'un réduit
défensif placé à une extrémité de la courtine qui barre l'éperon (côté sud),
délimitant une cour au sud-ouest. Une tour quadrangulaire défend la porte,
et un dispositif en chicane est percé de meurtrières basses à ouvertures
multiples, couvertes de voûtes en canonnière ; l'étage au-dessus était une
partie du logis : un de ses murs présente diverses baies, dont une grande
fenêtre en plein cintre, autrefois flanquée de deux colonnettes, et la
naissance de la voûte est soulignée d'un cordon gravé de dents d'engrenage.
La face sud du donjon n'est percée d'aucune ouverture et se prolonge à
l'ouest par un puissant contrefort, formant un mur-bouclier destiné à
protéger l'entrée ; contre celui-ci s'appuie le grand arc plein cintre qui
surplombe la base de la face ouest, dont les murs latéraux conservent, à
l'étage, les éléments d'aménagement du logis (évier, placard). L'intérieur
du donjon comporte cinq niveaux, chacun formé d'une salle voûtée en
plein-cintre appareillé, sauf celle du premier étage, qui devait être
couverte d'un plancher ; un escalier aménagé à la fin du XIXe siècle les
fait communiquer. Le 5e niveau en retrait, est constitué d'une courte voûte
pour le guet, ouverte au nord sur l'extérieur. Un escalier extérieur en
pierre permet d'accéder à la terrasse qui couvre ce niveau, sur laquelle
s'élève un clocher-mur à une baie. L'élévation nord est aveugle ; les rares
baies, en plein cintre ou meurtrières, sont pratiquées dans les élévations
est et ouest. Les vestiges d'un autre logis sont visibles dans un corps de
bâtiment au nord, percé de portes et de fenêtres cintrées. Le mur de
soutènement qui consolide la plate-forme est bâti en pierre de taille de
remploi et en moellons, il est percé à intervalles réguliers de portes en
plein cintre.
château fort de la Tour 26230
Chamaret, visite des extérieurs uniquement, vestiges.
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