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Selon une compilation non datée
"le plus ancien seigneur de Vaudouleur serait Jehan Triboullart escuyer qui
vendit à Guillaume Petitbon un hostel clouz a murs a creneaux assis à
Vaudouleur" (aveu à Catherine de Semve du 16 août 1449). Le contrat de vente
daterait du 18 octobre 1437. La distinction faite jusqu'en 1622 entre le
Petit et le Grand Vaudouleur n‘ayant pas été appliquée de manière
systématique, il n'est pas toujours aisé de savoir auquel des deux se
rapportent certaines descriptions. D'ailleurs les aveux que l'on possède
pour le Petit Vaudouleur permettent simplement d'établir la liste des
propriétaires : Guillaume Petibon en 1449, en 1559 Guillemette Dantelu, puis
son fils Guillaume Le Long en 1575. Le 9 juin 1622 enfin, Guillaume Le Long
rend hommage pour une possession masure jardin et vigne, appelé Petitbon, à
lui échu par le décès de Guillaume Le Long son pére (chartrier de
Vaudouleurs). Claude Godin est à son tour propriétaire le 22 août 1595 du
"lieu et manoir de Vaudouleurs consistant en maison à demeurer, granges,
étables, cave dessous, le tout couvert de thuille et chaume, cour ou y a
puis à eau, jardin, volière et droit de coulombier duquel il y a encore a
présent des vestiges, clos à murs, porte charretier et ponty, à luy échu par
le décès de Guillaume Godin prêtre". Enfin, Jacques Godin, fils de Claude,
rend hommage pour raison du fief de Vaudouleurs le 2 novembre 1606. Les
bâtiments ne semblent pas en trés bon état ors d'une vente le 11 juillet
1618 : "le lieu seigneurial de Vaudouleur consistant en plusieurs masures,
colombier à pied non couvert, jardin clos de murs en partie...". A
l'occasion d'un procès qui se déroula le 5 janvier 1688, on apprend que
François Odet Chevreau acquit en 1661 "le fief de Vaudouleurs qui estoit
partagé le Grand et le Petit, et consistoit en terres, vignes, enclos et en
deux maisons séparées dont une estoit possédée par la damoiselle de
Maurembert qui avoit acquise du sieur Godin, et Faure par le seigneur de
Saint-André qui avoit acquise des seigneurs Ponnille. Le seigneur Chevreau
ruina la maison de Saint André, et conserva les murailles de lenclos...". A
la fin de la même année, François Odet Chevreau, "écuyer, conseiller
secrétaire du Roy maison et couronne de France et de ses finances servant au
Parlement, seigneur de Vaudouleur, rend foi et hommage pour le fief de
Vaudouleur consistant en un corps de logis aveq deux pavillons, basse cour,
coulumbier a pied, escurie, grange, foullerie, estables, cave et greniers au
dessus, le tout couvert de thule et ardoise, jardin et vigne, le tout clos
de murs (20 décembre 1688)". Le fief dépend toujours de Boutervilliers à
cause de la tour de Senive et Pierre Savary conseiller du Roy en ses
conseils, grand maître des eaux et forêt de Flandre en est alors le
seigneur. Il parait presque impossible de rapprocher cette description
sommaire du plan de Trudaine et des autres documents figurés du XVIIIe
siécle. Peut-être pourra-t-on juste admettre que la basse cour est bordée
sur trois côtés par des bâtiments formant un U, disposition que l'on
retrouve de façon systématique, quoique d'orientation différente.
La propriété demeure dans la famille de François Odet Chevreau jusqu’en 1800
lorsque le 14 pluviôse an VIII Made Chevreau-Vaudouleurs vend à Emmanuel
Jean Baptiste Joseph Marchand, "commissaire des guerres employé à l'armée
d'Italie, demeurant à Paris, le domaine de Vaudouleurs sur les bords de la
rivière de Juine et de Louette consistant en maison de maître et de fermier,
cour, basse cour, jardins et clos, prés, aulnais, bois et terres labourables
en dépendant...". La maison de maître "distribuée en un vestibule, salle à
manger ou est un office, chambre a coucher au bout, cabinet ensuitte, de
l'autre côté du bâtiment et a droite de l'escalier, antichambre, salon de
compagnie, le tout boisé et orné de glaces et chambranles de marbre et de
pierre de liais en couleur. Au premier plusieurs appartements de maître,
cabinets et garde-robes, au second, chambres de domestiques et cabinets
lambrissés combles au-dessus en pavillon couverts en thuille, cave sous
lesdits bâtiments dont entrée est sous l'escalier dans le vestibule. De
l'autre côté dudit bâtiment est un autre plus petit distribué en cuisine,
office et dépense, petite cave dessous chambres et cabinets dessus et lieux
d'aisances. Grande cour verte dans laquelle on entre par une porte cochère
et petite porte a côté. Basse cour à c6té de celle ci-dessus et ayant son
entrée par une porte grillée en bois de chêne. Les bâtiments de ladite
basse-cour consistant en un colombier, fournil, chambre audessus, deux
écuries greniers dessus toits à porc, poulailler, trois remises au bout,
grenier dessus, cave dessous, granges au blé, logement des gens de la basse
cour et autres aisances et dépendances. Grand jardin distribué en bosquets,
verger potager et terres labourables, le tout enclos de murs et fermé par
des grilles defer. L'allée des cascades planté en aulnes, Fresnes et
trembles fermé de deux bouts par les rivières et de deux par des fossés
d'eau courante". Le cadastre napoléonien ainsi qu'un plan qui s'en
inspire correspondent a l'état au début du XIXe siècle, mais la localisation
des bâtiments demeure incertaine. Outre la succession des propriétaires, les
matrices cadastrales permettent surtout de préciser la chronologie des
bâtiments. Ainsi parait se confirmer une information figurant dans Annuaire
de Seine-et-Oise de 1866, selon laquelle le château de Vaudouleurs, très
ancien, aurait été entièrement rebâti en 1860. C'est à Etienne Lazare
Couturier, banquier parisien et propriétaire du domaine depuis le 27 juillet
1859, que l'on doit cette reconstruction mentionnée au cadastre en 1863,
réalisée toutefois sans qu'il y ait conféré de privilège d'architecte ou
d'entrepreneur (chartrier de Vaudouleurs : vente du 24 et 25 avril 1891). Il
a également fait bâtir la chapelle achevée en 1873 et l'ancienne maison du
gardien, située sur la commune d'Étampes, achevée en 1869. L'ancienne maison
du jardinier aurait été bâtie vers 1840-43, alors que Calixte Angiboust,
bourgeois à Étampes possédait Vaudouleurs. Lors de la vente par Henri Marie
Charles Couturier à Alfred Crosnier le 24 et 25 avril 1891, le domaine de
Vaudouleurs est dit comporter "une maison habitation comprenant principal
corps de bâtiment, une petite chapelle, communs, vacheries, basse-cour,
écurie, remise, serre, parc entourant la propriété traversée par la rivière
de la Chalouette ou d'Étampes, verger, potager, sources vives. Une maison de
jardinier dite le Petit Vaudouleur sur les bords de la Juine". Actuellement,
le château, la chapelle et l'ancienne maison du gardien sont désaffectés et
menacent ruine. Une construction neuve a été élevée au centre du terrain.
Situé au sud-ouest du village de Morigny, le domaine de Vaudouleurs est
délimité a l'est par le chemin rural du Prieuré Morigny; au sud par la
limite du territoire communal et l'ouest par la rivière d'Etampes. L'accès
au château, composé de cinq travée sur deux niveaux, se fait par une porte
précédée d'un perron de six marches. Une lucarne plus grande accentue la
travée d'axe Décor dans l'enduit : chaînes d'angles à refends, pilastres
encadrant la travée axiale, clef légèrement saillante ponctuant le linteau
des fenétres, toit brisé. Dans la vente des 24 et 25 avril 1891 (chartrier
de Vaudouleurs), les communs sont dits se composer de : "bûcher, poulailler
et basse-cour ; un bâtiment comprenant cave, laiterie, sellerie, écurie,
remise, grange, au-dessus chambre a avoine et greniers à fourrage, serre par
derrière. Un autre bâtiment composé de vacherie, remise, logement de deux
pièces pour la femme de basse cour, fruitier, chambre du cocher et grand
grenier”. Est aussi mentionné un réservoir élevé sur colonnes en fonte avec
manége, puits et pompe (eau de ce réservoir alimente la cuisine de la
maison). La chapelle est un bâtiment de plan octogonal, avec une sacristie
rectangulaire au nord-est. On y accède par un perron de cinq marches. Les
deux c6tés nord et sud sont éclairés par une fenêtre jumelée en plein
cintre...
château de Vaudouleurs 91150 Morigny-Champigny,
propriété privée, ne se visite pas.
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