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Barjac occupe une position stratégique à la porte du
Bas-vivarais et constitue un important lieu de passage (pèlerinages,
foires..). Les Barjac premiers seigneurs de la ville dont ils tirèrent leur
nom patronyme étaient dès le XIe siècle des familiers des Marquis de Gothie
et de la cour de Toulouse. vers 1160, Douce de Barjac épouse Raimond de
Chateauneuf, seigneur de Rochegude. vers 1211, le "castrum de Barjac" est
donné par le roi Philippe Auguste à l'évêque d'Uzès (en remerciement pour
son attachement à la cause française lors des combats contre l'hérésie
albigeoise). Les seigneurs de Barjac seront désormais les vassaux de
l'évêque d'Uzès. au XIVe siècle, la seigneurie de Barjac est partagée entre
les Barjac, les Seyssel, les Beauvoir du Roure et plus tard les Laudun. Vers
1480, la baronnie de Barjac fut vendue à des marchands enrichis de
Vienne-sur-Rhône, les Combes, récemment anoblis. En 1567, les protestants
s'emparent de Barjac. Vers 1608, achat de la seigneurie de Barjac par les
Comtes du Roure qui construiront peu après un nouveau château tout en
sauvegardant les restes du château médiéval. En 162O-29, Barjac est fortifié
par les ingénieurs de l'armée protestante du duc de Rohan. Le 5 juin 1629,
Louis XIII qui vient de raser Privât arrive à Barjac. Jacques de Beauvoir du
Roure commandant la place se rend avant que la bataille ne commence.
Cependant les fortifications doivent être détruites. En 1634 le donjon est
démantelé sur ordre de l'Intendant Machault. Vers 1777 le donjon devient le
dépôt des archives de la famille du Roure et il sera incendié en 1790.
Jusqu'en 1899 le rez-de-chaussée de ce donjon restera aménagé en musée des
armures du Moyen-Age. Vente du château par les Roure en 1899 au futur évêque
de Monaco. En 1982, vente du château à la Commune. Ce château est formé
de trois constructions successives : le château primitif qui fit place au
XIIe siècle au castel fortifié dont il reste une partie du donjon, celui des
Comtes propriétaires à la fin du XVe siècle et celui des Roure édifié après
la reddition de Barjac au roi. Le plan masse présente aussi trois volumes
distincts : la masse cubique du château des Roure avec une aile en retour
d'équerre au sud-ouest (rajoutée) et le donjon à l'extrémité sud-est. Une
importante dénivellation entre la terrasse ou cour et la rue permet de voir
depuis la cour les trois niveaux du château et un seul pour l'aile en retour
tandis que sur rue, on remarque un important rez-de-chaussée (cuisines,
écuries, caves) supportant les trois étages et l'aile en retour. Le donjon
médiéval fut remanié à de nombreuses reprises : la partie inférieure
présente un parement à bossages rustiques tandis que plus haut les pierres
en bossage sont isolées dans un appareillage très régulier et soigné, à
joints fins. Sur la cour, la porte avec son linteau monolithe surmonté d'un
arc de décharge en plein cintre semble dater du XIIe siècle. Il n'existe
aucune baie à l'exception des deux croisées moulurées (dont l'une date du
XVe siècle) qui sont visibles du côté est (sur la grand'rue). La partie
supérieure comporte un chemin de ronde avec crénelage et pourrait témoigner
de la construction du premier rempart communal en 1379 mais ces
fortifications furent renforcées lors des guerres avec les protestants. Les
trois pièces du rez-de-chaussée sont voûtées en berceau et soigneusement
appareillées; la porte conduisant à la pièce du fond, dite des prisons, est
en plein cintre. Au premier (rez-de-chaussée sur cour) ce sont des voûtes
d'arêtes construites en 1777 lors du transfert des archives de la famille
dans cette pièce, c'est de là que part l'escalier à vis situé dans l'angle
est et menant à l'horloge installée dès 1649.
Le château des Roure, édifié sans caractère militaire, s'appuie sur la base
des ouvrages bastionnés bâtis par les ingénieurs de l'armée du duc de Rohan.
Cette construction assez massive,animée seulement par les travées de
fenêtres à meneaux et les bandeaux qui séparent chaque étage, montre une
grande austérité. La forte dénivellation existant entre la rue (côté sud) et
la terrasse ou cour côté nord confère aux façades sur rue une allure
imposante car elles présentent un étage de soubassement très haut(supportant
trois niveaux) et très fermé (deux portes et des petites ouvertures
rectangulaires). Côté rue, la porte des anciennes cuisines est très simple :
en plein cintre avec architrave nue; son encadrement à refends et clef en
pointe de diamant la situe au début du XVIIe siècle mais les claveaux sont
particulièrement érodés. Elle ouvre sur un couloir voûté en berceau qui
comporte deux portes en plein cintre donnant accès aux anciennes cuisines
voûtées en berceau qui ont gardé le four et une grande cheminée. Plus au sud
deux grands arcs dont seule l'imposte est soulignée ouvraient sur les
écuries voûtées en arêtes et les caves. L'aile ou ancienne galerie comprend
un niveau côté terrasse : au XVIIIe siècle cet espace était voûté (on voit
encore le départ des voûtes) et contenait un théâtre et une chapelle; il
s'ouvrait sur le parc (l'actuelle terrasse) par des arceaux qui
s'écroulèrent en partie en 1775. Cette aile détruite et transformée en préau
d'école vient d'être reconstruite comme salle des fêtes. Elle avait été
rajoutée car elle masque entièrement l'ancienne entrée monumentale : bel
exemple de porte du début du XVIIe siècle avec claveaux à refends, clef en
pointe de diamant, pilastres doriques et fronton brisé contenant un
cartouche laissé vide. La menuiserie en panneaux à pointes de diamant date
de la même époque. Au dessus de cette entrée, à l'avant dernier niveau, se
trouve la porte ouvrant jadis sur le jardin aménagé sur l'aile en retour,
aujourd'hui elle ouvre sur le toit terrasse de la salle des fêtes et permet
toujours de contempler le paysage depuis la vallée de la Cèze jusqu'à celle
de l'Ardèche.
A l'intérieur, l'escalier rampe sur rampe occupe l'angle sud-est du château
: au rez-de-chaussée sur rue, la distribution s'organise autour du mur de
refends en une grande pièce côté rue dite les cuisines et deux pièces à
l'arrière côté nord-est. Toutes sont voûtées en berceau et la cuisine a
gardé son four et sa cheminée. Cette disposition se retrouve au dernier
niveau sous les toits. Au rez-de-chaussée sur cour, il présente une enfilade
de deux salons sur rue, dit grand salon et salon d'angle, puis la salle à
manger donnant sur l'ouest et une grande chambre à alcôve ouvrant au
nord-est. Toutes ces pièces (sauf la chambre qui a gardé son plafond à la
française et sa cheminée de la fin du XVIIe siècle) ont été plafonnées et
pourvues de cheminées à la fin du XVIIIe siècle par l'entrepreneur d'Uzès
Paul Pellier connu pour ses travaux à l'hôtel de ville d'Uzès . L'avant
dernier niveau est très cloisonné mais il a gardé partout son plafond à la
française et possède deux grandes cheminées de la fin du XVIIe siècle (dont
celle de la chambre à alcôve située juste au dessus de celle de l'étage
noble). Certaines salles de l'étage noble ont été réhabilitées par la
municipalité mais ce château offre encore de nombreuses possibilités (salles
d'exposition, médiathèque...) et la commune propriétaire depuis 1982
souhaite sa protection au titre des MH. Depuis 1982, le village est un site
inscrit.
Éléments protégés MH : le château de Barjac en totalité : inscription par
arrêté du 16 août 1993
château de Barjac 30430 Barjac, propriété de la commune, hôtel de ville
et lieu culturel avec des salles d'expositions.
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