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Le château de Pougnadoresse, construit sur une crête
rocheuse au nord-ouest d'Uzès, domine la Tave qui se jette dans la Cèze. De
gros blocs de grés ocre l'entourent coté est. Les plus anciens documents
conservés au château remontent à 1144 où le seigneur d'Uzès rend hommage aux
évêques d'Uzès pour cette seigneurie. Ceci est confirmé dans la charte du
roi Louis le Jeune, qui en 1156, donnait le château et ses dépendances à
l'Église d'Uzès et à ses Évêques puis en 1254. En 1257, Raymond de Sernhac
apparaît comme co-seigneur et au XlVe siècle, on compte de nombreux
coseigneurs, ainsi les seigneurs de Pouzilhac qui en héritent en 1391 et
ceux de Ribaute qui signent un acte de 1503. En 1550, Honoré Le Chantre
achète une partie de la seigneurie et devient co-seigneur ; il va réunir
toute la seigneurie jusqu'en 1594 où il apparaît seul seigneur du lieu.
C'est l'ancêtre de la famille qui possède aujourd'hui le château car en
1780, Marie Le Chantre épouse J. François de Sorbier de la Condamine qui
prend alors le nom de Sorbier de Pougnadoresse. La chapelle située devant
l'entrée était autrefois la chapelle castrale abritant le tombeau des Le
Chantre. Elle fut donnée au village quand les châtelains eurent
l'autorisation d'en construire une dans le château en 1678. Désaffectée sous
la révolution, rachetée par le châtelain, elle fut redonnée au village puis
revint aux châtelains quand la nouvelle église fut construite. Coté nord, la
chapelle latérale et la sacristie, ajoutées en 1836 ont été détruites, de
même que le clocheton sur la façade ouest mais elle a gardé son volume roman
et elle présente des traces de décor peint. Les documents concernant les
bâtiments sont moins prolixes : on sait cependant que le château fut envahi
et saccagé en 1645 par noble Gondin-Servezanne, co-seigneur de Saint-Quentin
puis en 1792 et 93. Un lavis conservé au château montre l'ensemble en 1783 :
on y voit les bâtiments aujourd'hui détruits au sud-ouest (de part et
d'autre de la grosse tour) et l'aile Est jouxtant la petite tour sud-est
ainsi que le toit en pavillon (aujourd'hui disparu) de la tour sud-ouest.
Des travaux importants furent réalisés à partir de 1839 par Jules de
Pougnadoresse jusqu'à sa mort en 1865 puis par son fils Joseph qui mourut en
1875 et ils sont bien documentés par les notes rédigées à ce moment là et
conservées dans les archives du château : il s'agissait de remettre la
galerie dans son état primitif et créer une terrasse au-dessus, de compléter
l'étage au dessus de la chapelle et le relier à l'escalier central, de
réaménager les chambres au-dessus de la salle à manger et les desservir par
un couloir, de refaire le portail en bois (1849) avec la montée caladée et
le passage au-dessous, de refaire le mur fermant la plate-forme nord en 1856
(créneaux refaits), de creuser un puits dans la première cour, transformé
ensuite en citerne, de construire le caveau de famille, d'aménager les
fausses braies avec plantation d'arbres. Les travaux interrompus par la mort
de Joseph reprennent avec son fils Georges qui fait reconstruire la terrasse
au-dessus de la galerie en 1883 ; construire une citerne dans la deuxième
fausse-braie en 1891 ; creuser un puits dans la première fausse-braie en
1896 ; restaurer complètement le grand salon en 1901 (cheminée en marbre
blanc) ; restaurer complètement l'aile du château face au portail en 1908
(murs et toitures repris, chapelle devenue salle de billard, chambres
réaménagées au-dessus avec un couloir, idem au dernier étage, mur construit
le long du rocher...) et aménager une chambre pour le cocher dans la tour du
pigeonnier en 1910. En 1911 la foudre tombe sur le château, faisant de
gros dégâts. En 1925, le bâtiment Sud est démoli à l'exception des caves qui
furent recouvertes d'une dalle en ciment. En 1940, le bâtiment abritant la
magnanerie est détruit pour y installer le garage. Les murailles intérieures
ou courtines (séparées des remparts extérieurs par les fausse-braies), bien
que reprises à diverses époques, sont d'origine médiévale (repérable par
l'emploi du calcaire). Les remparts extérieurs avec les tours d'angle
paraissent plus tardifs mais il est difficile de les dater précisément. Ils
sont essentiellement construits en moellons ocres d'origine locale avec en
réutilisation quelques pierre en calcaire blanc. Coté nord, compte tenu de
la situation géographique très abrupte, il n'y a pas de double enceinte :
l'habitation qui forme l'angle nord-ouest et à l'opposé la tour carrée qui
cantonne la plate forme au nord-est sont aussi d'origine médiévale. Le mur
d'enceinte qui les joint est bâti directement sur le rocher mais les
créneaux datent de 1856. D'autres blocs de grés ocre se retrouvent coté est
jusque dans la maison de maître. L'ensemble est bâti en pierre locale ocre
mêlée au calcaire sauf la tour ronde du sud-ouest qui est entièrement
appareillée en pierre calcaire (à l'exception des dernières assises). De
même, le mur nord de l'habitation est construit majoritairement en calcaire
et l'angle nord-ouest (correspondant à l'actuel salon) présente des pierres
de calcaire en bossage. L'entrée se fait au sud et menait à un pont-levis
qui a aujourd'hui disparu. Le portail inclus dans une tour carrée bâtie en
calcaire porte les armes des seigneurs de Pougnadoresse (pierre remise en
place au XIXe) et a conservé deux meurtrières mais les échauguettes visibles
sur le lavis datant de 1783 ont disparu. L'habitation quadrangulaire
était cantonnée de deux tours rondes au sud mais suite à diverses
destructions, ces tours reliées par un mur d'enceinte se trouvent isolées du
bâtiment. Celle du sud-ouest dite la grosse tour (mentionnée dans la charte
de 1156) est la partie la mieux conservée : elle a gardé son appareil
régulier de calcaire mais les meurtrières ont été reprises. Son toit en
pavillon visible sur le lavis de 1783 a disparu. Elle est couverte d'une
voûte en arêtes et conserve au rez-de-chaussée une glacière qui était déjà
mentionnée dans une charte de 1156. Grâce au dénivelé du terrain, celle ci
est accessible au niveau de la fausse braie. La tour sud-est, plus petite,
est presqu'entièrement bâtie en moellons avec quelques blocs appareillés de
calcaire en remploi : elle paraît avoir été reconstruite au XVIIe siècle
pour la symétrie. La tour carrée de l'angle nord-est a conservé sa base en
pierre calcaire et elle est séparée de l'habitation par des rochers et un
espace dit plate-forme. La partie la plus ancienne (avec la tour ronde)
paraît être l'angle nord-ouest qui devait former une tour carrée auxquels
des habitations ont été accolées. On repère facilement les angles
appareillées de cette tour qui ont conservés de nombreuses pierres en
calcaire et à bossages telles qu'on les trouve dans la région fin Xlle-début
XlIIe siècle. Le mur ouest a conservé de nombreux arcs de décharge dont
certains sont bien appareillés mais l'ensemble a été repris au cours des
siècles, ce que la qualité des pierres employées montre car la construction
primitive devait être en calcaire. Les baies ont été agrandies mais il reste
deux demi-croisées coté ouest. Le château a du être reconstruit par la
famille Le Chantre après le saccage de 1645 et l'habitation a été très
reprise au XIXe siècle à l'exception de la tour de l'escalier en vis dont
l'entrée date de la reprise du XVIIe siècle. Les pierres à bossages visibles
en partie haute de la tour paraissent en remploi. Cette tour d'escalier fait
la jonction entre le corps de bâtiment ancien à l'angle nord-ouest et une
aile plus récente située face au portail et entièrement reprise au début du
XXe siècle (chapelle devenue salle de billard). La salle à manger, dans
l'angle nord-ouest, a été reprise au XIXe siècle et le salon voisin en 1901
(cheminée de marbre blanc et décor de feuillage). L'ancienne chapelle de
proportion romane présente une nef unique de deux travées bordées d'arcades
en plein cintre formant des sortes de chapelles latérales et une abside semi
circulaire plus basse ; elle a conservé en partie ses enduits : une litre
funéraire noire est encore bien visible mais elle a été en partie recouverte
par un lait de chaux et un décor d'époque moderne (drapés, tête d'angelot et
inscription Ave Maria au dessus d'une niche qui devait contenir une statue
de la Vierge), motifs circulaires soulignant l'arc triomphal. Malgré ces
modifications, l'ensemble reste impressionnant, surtout les courtines, avec
la tour sud-ouest et la construction sur le rocher, coté nord ; de plus cet
ensemble castrai est important par son histoire liée à la même famille
depuis 1550 et assez bien documentée. Ont été faits en 2000, des travaux de
confortation de la grosse tour, du rempart ouest ainsi que de la tour
nord-est. Auparavant, vers 1994, des travaux avaient été faits sur la tour
du pigeonnier au sud-est.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château avec son
terrain d'assise et toutes ses fortifications dont la tour cylindrique
sud-ouest en totalité ainsi que l'ancienne chapelle en totalité :
inscription par arrêté du 29 juillet 2011.
château de Pougnadoresse 30330 Pougnadoresse, propriété
privée, ne se visite pas.
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