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Une église est mentionnée à Barran dès la fin du XIe
siècle. Un premier habitat s'est groupé auprès d'elle probablement au cours
du XIIe siècle de manière plus ou moins radioconcentrique. En 1279, la
bastide de Barran est fondée à côté de ce premier noyau d'habitat par
paréage entre le comte d'Armagnac et l'archevêque d'Auch. Cette même année,
des coutumes sont octroyées aux habitants. Il y est question de la "bastitae
de Stella de Barrano". Il ne semble pas prévu de fortifier la bastide dès
cette période. Un dénombrement des places de la bastide a été effectué en
1303. La bastide est alors protégée par un fossé et cinq portes permettent
d'accéder à l'intérieur (porte d'Auch au nord, de Condom au nord-ouest, de
Lias à l'ouest, de Lespiet à l'est et de l'Isle au sud). Il n'est alors
question ni de mur d'enceinte, ni de halle, ni de couverts. Un registre de
reconnaissances daté des années 1474-1480 permet d'avoir un nouvel éclairage
sur la bastide à cette période, au lendemain des crises de la fin du Moyen
Age. La bastide est alors amputée d'environ un tiers de sa surface, au sud.
Les quartiers abandonnés correspondent aux abords de la porte de l'Isle et
au quartier comtal. La densité dans la bastide est moindre malgré une
réduction de sa surface. On ne compte plus qu'environ 300 unités fiscales.
Celles-ci sont réparties pour moitié de part et d'autre de la rue
principale. Les autres sont concentrées autour de l'église et de la place du
marché. Celle-ci est alors munie d'une halle en son centre et de couverts
tout autour, appelés "garlande". La fortification est constituée d'un mur
d'enceinte doublé d'un fossé et percé de deux portes, la "porta debat" au
nord et la "porta dessus" au sud. La rétractation de la bastide de Barran
est sans doute intervenue dès le XIVe siècle comme en témoignent les
vestiges visibles de la fortification qui enserre la partie réduite de la
bastide. La plupart des vestiges médiévaux repérés dans la bastide date du
XIVe siècle : église, fortification, et certaines maisons.
Selon la légende, le château aurait été à l'origine une forteresse érigée
contre les Anglais. Au XVe siècle, il fut donné à Jean de la Trémoille,
archevêque d'Auch. Il fut probablement transformé, surtout au XVIIe siècle,
par tous les archevêques d'Auch qui en avaient fait leur résidence d'été. Au
XVIIIe siècle, Monseigneur de Martillet y fit des aménagements luxueux. A la
Révolution il fut vendu comme bien national. Quelques transformations
intérieures furent réalisées au XIXe siècle. L'édifice comprend, dans un
quadrilatère entouré de fossés, le château et deux bâtiments de communs. Le
château s'articule autour d'une cour avec, au rez-de-chaussée, sur deux
côtés, des arcades et des fenêtres rectangulaires aux étages. Un donjon
domine à l'angle sud-ouest. A l'intérieur, le décor de la chapelle a été
repris. Les gypseries de la chambre de l'archevêque et du salon sont
conservées.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures des communs : inscription
par arrêté du 1er septembre 1981. Les façades et les toitures du château
avec sa galerie à arcades, y compris les deux pavillons ; les douves avec
leurs ponts ; le portail d'entrée avec sa grille ; la chapelle avec ses
peintures au rez-de-chaussée ; l'escaliers Est et Ouest ; la galerie, la
chambre de l'archevêque et le salon au premier étage avec leur décor de
gypserie : classement par arrêté du 21 septembre 1981. Le château, sauf
parties déjà classées, y compris le vivier et le nymphée dans le parc :
classement par arrêté du 9 mai 1989.
château de
Mazères 32350 Barran, propriété privée, ne se visite pas.
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