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Le château de Chemilly faisait partie du système
défensif longeant la vallée supérieure de la Saône dès le haut Moyen-Age. Il
est situé sur un terrain appelé la Côte, à proximité du pont, au confluent
de la Saône et du Durgeon. L’ensemble se compose de deux parties bien
visibles sur le cadastre napoléonien. Une cour basse, fortifiée, située le
long de la rivière, caractérisée par un ensemble de bâtiments, les anciennes
écuries notamment, munies d’une échauguette (XIVe ou XVe siècle). Dans une
deuxième zone, en partie haute, se trouve une grosse tour carré (XIIIe
siècle), l'élément le plus ancien de l'ensemble. Cette tour a été remaniée
au XIXe et transformée en habitation. L'ensemble du bâti médiéval a été
remanié à partir du XVIe siècle, au XVIIIe et XIXe siècles et en partie
détruit à la Révolution. Le château a été construit à une date inconnue mais
son existence est avérée au XVe siècle. Au XIVe siècle la famille d'Ulric de
Scye possède la seigneurie de Chemilly. Vient ensuite la lignée des comtes
de Neuchâtel, fidèles à la maison de Bourgogne. Jean de Neuchâtel Montaigu,
vassal de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, puis de Jean sans Peur, est
le seigneur du château de Chemilly. Ses successeurs sont Thiébault et
Charles de Neuchâtel. De 1437 à 1440, malgré le traité de paix d’Arras sous
Philippe le Bon, des bandes de mercenaires, appelés Ecorcheurs ou Retondeurs,
attaquent la région dans les environs de Vesoul.
Dès la fin du XVe le château des Neuchâtel excite les convoitises. Charles
d’Amboise s’en empare en 1480. Durant cette période troublée, les habitants
de Chemilly bénéficient du droit de retraite et se réfugient dans le château
en cas de danger. Avec Henri de Neuchâtel, puis Ferdinand, s’éteint la
lignée des Neuchâtel en 1521. A la famille d'Andelot revient la seigneurie
de Chemilly au XVIe siècle. Gaspard d’Andelot, baron de Chemilly, occupe de
hautes fonctions militaires au service du roi des Pays-Bas, pays où il
réside le plus souvent. A sa mort en 1579, Louise d’Andelot et Alexandre,
baron de Vilts, deviennent seigneurs de Chemilly. Ils sont les fondateurs de
l'ermitage consacré à Chemilly en 1618. L'église et le cloître sont achevés
en 1619. Une inscription gravée encore visible dans la chapelle du couvent
témoigne de cette fondation le 2 juin 1619. Les ermites suivent la Règle de
Saint-Antoine. Le 2 décembre 1627, l'ermitage fut cédé avec ses dotations
aux frères du Tiers-Ordre de Saint-François de l'Etroite Observance, appelés
les Tiercelins. Les relations entre les religieux et la seigneurie de
Chemilly furent généralement houleuses. Après la mort de Louise d’Andelot,
Alexandre se remarie avec Barbe-Françoise d’Andelot. Son fils
Claude-Ferdinand de Vilts devient seigneur de Chemilly en 1641. Son
successeur est Théodore de Custine, seigneur de Chemilly, à la fin du XVIIe
siècle. En 1734 le château mis en vente.
Le Comte Charles de Rosen est l'acheteur. Il a trois roses pour armoiries et
entre en conflit ouvert avec le couvent. Vers 1750, le château est acquis
par une autre famille: Les Damédor. C’est à François-Madeleine Damédor,
comte de Mollans, que l’on doit la construction du pont en pierre sur le
Durgeon, dont l'une des margelles est ornée d’une statue en pierre datée de
1752. La zone de la basse cour est bien délimitée par ses murs, visibles sur
le cadastre napoléonien. Les deux tours carrées médiévales et une petite
échauguette cylindrique, en encorbellement à l'angle Nord de l'ancienne
écurie du château, toutes trois munies de meurtrières, sont bien
représentées sur le même cadastre daté de 1837. Les écuries, aujourd'hui
transformées en habitation, ont été largement remaniées au XVIIIe siècle, ce
dont témoignent des éléments rapportés tels que des linteaux datés de 1760
et de 1779. Des ouvertures en plein cintre desservaient un espace de
stockage et de grangage. Les fenêtres ont elles-aussi été refaites au XVIIIe
siècle. Du colza destiné à l'huilerie du village était stocké dans la grange
au XXe siècle. A l’intérieur de la maison, le pavement, les larges dalles
des escaliers et une cheminée proviennent du logis conventuel détruit et
démembré vers 1975. Le 4 août 1789, l'Assemblée Nationale décide de
l'abolition des privilèges du clergé et de la noblesse. Le comte de Mollans
fait partie des émigrés. Le château est fortement endommagé dans les années
1790. Le toit-terrasse du donjon date de 1971-1972, au XIXe siècle existait
un dôme métallique à sa place. Le reste du château a été largement remanié
depuis le XVIe siècle. Deux tours ont été ajoutées au XVIIIe siècle à la
partie Sud du château. Des caves traversent tout le bâtiment, du nord au
sud.
Du château médiéval il subsiste une bonne partie des murs d'enceinte, un
donjon, deux tours carrées et une échauguette. La zone de la cour basse,
séparée de la partie haute par une haute muraille, est ceinturée par des
murs qui relient les différents bâtiments constituant les communs du
château: les anciennes écuries, granges ou autres dépendances. Sur la
muraille mitoyenne aux cours hautes et basses, se trouve une tour carrée
percée d'ouvertures régulières. Elle servait de pigeonnier en partie
supérieure, donnant sur la terrasse de la cour haute. Un escalier en vis
dessert la tour, certaines marches en pierre sont percées chacune d'un trou
central, circulaire et régulier dont la fonction précise demeure inconnue.
Des meurtrières sont visibles dans la maçonnerie, ce qui confirme la
vocation défensive initiale de la tour. Enfin, du côté du mur Nord, existe
une vaste glacière voûtée, creusée dans le sol et qui permettait de
conserver la glace prélevée dans la rivière gelée. La glacière est desservie
par des galeries souterraines qui reliaient la partie basse et la partie
noble, en cour haute. Les bâtiments de la cour haute sont entourés de
végétation, situés au cœur d'un jardin. On pénètre dans le domaine par une
grille encadrée de deux tourelles crénelées néo-gothiques. On jouit d'une
vue dégagée sur la Saône et le Durgeon depuis la terrasse du château,
donnant sur la cour basse. Du château médiéval ne subsiste que le donjon
carré, crénelé et massif. Les murs du donjon font 3,10 mètres d'épaisseur.
Les mâchicoulis ont une fonction décorative et évoquent le caractère
autrefois défensif de la tour.
château de Chemilly 70360 Chemilly, propriété privée, ne se visite pas.
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Crédit photos : A.BourgeoisP sous licence Creative
Commons
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