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Selon les anciens propriétaires (information orale) la
date de construction pourrait être 1734. Un inventaire du château est établi
le 29 novembre 1753. Les plaques de cheminée portent les dates 1699
(remploi) 1731, 1772. Le baron Jean-Baptiste-René-Adrien de Tricornot du
Trembloy, baron de Tricornot (de Vougécourt) chevalier de l’ordre royal et
militaire de Saint-Louis et ancien lieutenant colonel du régiment de dragons
de Schönberg, épouse Marie-Thérèse Simoney (ou Simonet) de Vougécourt, le 11
juillet 1774, fille du seigneur de Vougécourt. Il est élu maire de
Vougécourt le 10 mai 1790. Il rapporte l'épisode ainsi dans ses mémoires "il
y a longtemps, monsieur, que vous êtes notre père, il faut aussi que vous
soyez notre maire", il est également nommé conseiller général. Il donne à la
commune une maison et ses dépendances pour y créer un établissement de
religieuses de la Charité de Besançon (autorisation donnée par décret du 21
décembre 1810). Il vit entre Sermange, (Jura) une autre de ses seigneuries
et Vougécourt. Lorsqu'il vient se marier à Vougécourt en 1774 (zone
frontière disputée par trois souverainetés, dite terre de surséance), il
écrit dans ses mémoires: "le village de Vougécourt est partie de la
Champagne et partie du Barrois; le château est moitié de l'un et moitié de
l'autre; une girouette porte la fleur de lis et l'autre la croix de
Lorraine".
Lors de l'arpentement de tous les fonds de leurs terres, effectué à la
demande de Françoise Simonet veuve de Jean Baptiste Dubois, seigneur d'Orain
et de la Rochette, Nicolas Piot de La Tour et Louise Gabrielle de Simonet,
son épouse, demeurant à Langres, et Jean-Baptiste René Adrien baron de
Tricornot, capitaine commandeur aux régiment de Schomberg Dragons, le 10 mai
1777, le château est déjà attesté par le géomètre arpenteur qui précise que
dame Françoise Simonet "vit en son château de Vougécourt" (tandis que le
baron de Tricornot "vit en son château de Sermange). D’après ce document, le
clos du château comprend alors huit journaux (prés, verger, jardin potager,
parterre) et en outre "les bâtiments du château, grangeages, hebergeages,
remises, cours et basses cours le tout clos de murs". Selon la mémoire orale
locale, la date de 1702 figurerait dans un souterrain partant du château,
souterrain qui aurait causé l'effondrement à côté du 10 rue des Marronniers.
Le journal Le Radical, dans son édition du 13 juillet 1898, évoque le projet
de l'hôtel de ville de Paris d'implanter une école d'agriculture pour les
enfants assistés débiles dans le château de Vougécourt. Monsieur Adnot
aurait acheté le château à la famille de Tricornot et l’a lui-même vendu en
1935 aux propriétaires de la verrerie de Passavant-la-Rochère, qui l’ont à
leur tour cédé en 2015.
Le parc du château jouxte l’église au sud-est et se trouve donc au cœur du
village. Un passage privé permet d’ailleurs un accès direct à l’église et à
son ancienne chapelle seigneuriale par le parc. La partie principale du
château est orientée perpendiculairement à la route et présente sa façade
antérieure au sud-est. Une plus petite aile perpendiculaire fait retour le
long de la même route, vers le nord-ouest et une aile de dépendances se
trouve à droite de la demeure, en retour d’équerre, fermant la perspective
au nord-est et délimitant un espace devant la façade antérieure,
parallèlement au mur de clôture, percé de deux portes piétonnières et de
trois portes flamandes, suivant la route. Tous les bâtiments sont édifiés en
calcaire, (moellons enduits et pierre de taille) mais on remarque ici et là
l’usage épars de grès rose. Ils ont des toits à longs pans avec des
demi-croupes, couverts en petites tuiles plates, à l’exception de l’appentis
jouxtant l’église, couvert en tuiles mécaniques. La façade antérieure est
percée de trois portes: une porte bâtarde centrale à deux vantaux surmontée
d’un fronton semi-circulaire; deux plus étroites portes latérales, à un
vantail, rejetées aux extrémités de la façade.
L’élévation comporte quatre niveaux (surmontant une cave voûtée en plein
cintre) délimités par trois cordons régnant sur toute la longueur: un
rez-de-chaussée surélevé, un étage carré, un étage en surcroît et un second
étage de comble marqué par deux lucarnes surmontées de frontons
semi-circulaires et flanquées d’ailerons à volutes supérieures saillantes et
volutes inférieures rentrantes. L’avant-corps est souligné par des pilastres
à bossage et couronné d’un fronton triangulaire nu, en pierre de taille,
soulignant l’axe de symétrie. (Dans le dictionnaire des communes, Suchaux
note "on voit à la façade du château seigneurial un écusson ainsi armorié:
d'azur au chevron d'or, accompagné de deux molettes de sable posées en chef,
et d'une croix fleuronnée de même en pointe; ce qui parait correspondre au
blason des Simonet). L’escalier central est situé dans l’axe de l’entrée. Il
est en pierre, en équerre à retour avec jour à trois volées et rampe d’appui
en ferronnerie, portant le blason des Simonet. Au rez-de-chaussée comme à
l'étage, les pièces ( deux de part et d'autres de l'escalier) sont en
enfilade sur cour, séparées par des portes d’enfilade et une pièce est
disposée en retour d’équerre le long de la rue.
Les cheminées sont adossées et plusieurs sont surmontées de glaces de
trumeau. On y trouve des plaques en fonte portant les dates suivantes: 1699,
1731, (paire de colonnes à demi engagées, trois putti), 1772, (marquée Saint
Louis et Louis XV). L’une, sans date, est aux armes de France avec la devise
de Louis XIV "seul contre tous". Une dernière est sans date et porte une
paire de colonnes à demi engagées encadrant trois colonnettes en sautoir. La
plupart ne sont pas au format de la cheminée et ne correspondent pas
toujours au style de la cheminée: on peut donc supposer que plusieurs sont
des remplois. On trouve deux placards, l’un semi-encastré, l’autre encastré,
à battants sculptés. Dans la maçonnerie de la cave, figure un élément
sculpté en bas relief: une figure féminine portant un linge (sainte
Véronique présentant la Sainte Face, XVIe siècle?). La ferme du domaine,
aujourd'hui en ruine, jouxtait le parc du château plus bas dans la même rue
au sud-est. Les ouvriers agricoles habitaient les maisons contiguës dont le
pignon donne sur la même rue des marronniers: au 7 on lit l'inscription de
fondation de la fille du baron: Françoise de Tricornot en date du 20 may
1778.
château de Vougécourt, 1 rue des Marronniers, 70500 Vougécourt, propriété
privée, ne se visite pas.
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